samedi 31 décembre 2016

Pensées

Ces fleurs me plaisent car même en pot et attachées, elles gardent un air sauvage et vagabond...


dimanche 25 décembre 2016

Georges Guye - autoportraits sculptés : le triptyque et l'homme au manteau

De retour dans l'atelier marseillais de Georges Guye j'ai découvert deux nouvelles sculptures complétant l'autoportrait en pied, échelle 1 à propos duquel j'ai  publié un article  dans ce blog, en juin dernier : 
 Georges Guye m'avait confié qu'il envisageait de compléter cet autoportrait. L'idée lui était venue, pour ainsi dire chemin faisant, au moment où il s'était rendu compte que les proportions du socle prévu pour la sculpture, agrandi de l'échelle 1/3 à l'échelle 1, ne convenaient plus. Il réalisa un autre socle et entreprit de transformer le premier en sculpture autonome, à la manière d'un repentir en peinture.  Il décida d'utiliser cette erreur pour en faire un nouvel objet artistique en lui apportant une profonde modification.  Enfin, il imagina que l'autoportrait deviendrait l'une des trois pièces d'un triptyque comportant en outre une scène avec table de bistrot et  tasse de café et une autre scène de plage montrant les empreintes de pieds d'un baigneur sur le sable.

Autoportrait en plâtre à l'échelle 1 -  hauteur environ 180 cm. Georges Guye s'est représenté en maillot de bain, les deux pieds posés sur le sable, face à la mer, le regard porté sur l'horizon. Il est à hauteur d'homme, dans une pose humble quoiqu'un peu déstabilisante pour celui qui le regarde, parce qu'il s'y livre dans la vérité de la nature *. ll dévoile une intimité sous laquelle on ne le voit jamais et,  pour cette raison,  très significative d'une démarche personnelle et artistique.  Je vous invite, si vous le souhaitez, à lire  mon article du mois de juin dans lequel je proposais quelques éléments de réflexion sur cette sculpture.

*incipit des Confessions, J.J. Rousseau, 1789

 

Le socle transformé est devenu  une sculpture basse figurant une portion de rivage où la vague s'étire sur le sable.  A proximité de l'eau,  sont soigneusement rangées des sandales de plage en plastique translucide, appelées "méduses" et une serviette de bain pliée. De l'homme parti se baigner ne reste gravée dans le sable que l'empreinte de ses pieds.

Georges Guye dit malicieusement que dans les années quatre-vingts, l'artiste Marie Ducaté  raffolait des sandales méduses et aimait à les porter,  même à la ville. Cette remarque à propos de Marie Ducaté m'incite à croire que tout ce qui est représenté dans ce triptyque par Georges Guye renvoie à lui-même (autoportrait), mais aussi à toute son oeuvre et à la période de l'Histoire de l'Art, dans laquelle il s'inscrit avec les autres artistes de sa génération, en particulier ceux de la région marseillaise. 

Cette stèle montre l'absence. L'homme est parti, il s'est enfoncé dans la mer. Est-ce pour la durée d'un bain ?  Est-ce définitif ? La disposition  des objets, laisse penser que cet homme est très méticuleux, ou qu'il a  mis  ses affaires  en ordre en prévision du  grand départ. Dans la mythologie, le Styx est le fleuve qui sépare le monde des vivants de celui des morts, qui le traverse rejoint l'autre monde. D'ailleurs, nombreuses sont les religions qui associent l'eau à la mort.  Matrice originelle, elle intervient aussi dans les rites de purification et le lavage du corps. En outre, chez les chrétiens, l'immersion est un des rituels du baptême,  symbole de mort et de renaissance. Je ne peux m'empêcher d'y penser en mettant en relation l'autoportrait et la stèle, la dimension métaphysique et spirituelle du triptyque est sensible.

Avec cette sculpture Georges Guye revisite son oeuvre. La manière dont  l'eau s'étale en éventail sur  le sable renvoie dans son traitement plastique, à une autre de ses sculptures, un grand panneau mural qui représente un paysage, avec au devant le bras d'un randonneur  (voir la photo de ce paysage en fin d'article).  Le socle procède  de l'auto-citation, la serviette pliée qui complète la composition apporte une note colorée du même effet que les bonbons en relief sur le caleçon de bain. Le sable de la plage renvoie au sablier mesurant le temps qui passe et la brièveté de la vie. Il en est de même pour le matériau choisi pour la sculpture, le plâtre blanc, fragile et délicat en comparaison du bronze, mais très souvent utilisé par le sculpteur, de même que la résine.



Chemin faisant, encore, Georges Guye a pensé à cette troisième pièce.  Une  table de bistrot, tout ce qu'il y a de plus typique, sur laquelle un avant bras s'accoude dans le geste que l'on fait en portant à ses lèvres une tasse de café. Un croissant frais qui sera mangé dans un instant complète la scène. Moins énigmatique que la sculpture précédente, elle dit l'habitude de prendre un petit café accompagné d'un croissant, après la baignade matinale.

Cette scène est comparable à un de ces petits plaisirs qui enchantent Amélie, le personnage du Fabuleux destin d'Amélie Poulain, film de Jean-Pierre Jeunet sorti en 2001. Elle pourrait également illustrer  le livre de Philippe Delerm, La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, Gallimard, l'Arpenteur, 1997 . Je vous recommande de cliquer sur   "Le croissant du trottoir"  pour lire le texte.

Georges Guye  sculpte l'instant comme un photographe appuie sur le déclencheur.  La tasse de café, le petit noir au comptoir ou en salle,  est un motif contemporain souvent photographié. Deux exemples, Coffee Shop in N.Y. de Saul Leiter en 1950 et un portrait de Giacometti au café de Paris, par Robert Doisneau en 1956.

Saul Leiter - 1950
Giacometti - Doisneau- 1956                

Pour l'anecdote, quand j'ai vu cette sculpture, j'ai offert à Georges Guye le dernier livre de Patti Smith, M. Train  (Gallimard, 2016),  dont un des motifs d'écriture explore le  plaisir de boire un café chaque matin  au 'Ino, un café  de Greenwich Village, à New-York. Ce livre autobiographique, remarquablement écrit qui s'inspire de l'univers rimbaldien,  est  qualifié par l'artiste de "carte de mon existence".  La photo de couverture montre Patti Smith dans une attitude similaire à la pose de Giacometti. Le surgissement du bras replié, la tasse de café , la table sont des éléments communs aux deux photos et à la sculpture de Georges Guye.  J'y vois quelques éléments d'une Vanité, les autres étant apportés par les deux autres sculptures du triptyque, à la fois évocation de la vie, de ce qui en compose les plaisirs et une méditation sur la mort (déjà évoquée).


Pour saisir ce que raconte la scène composée par les trois sculptures, il faut les placer dans l'ordre suivant  (indication donnée par Georges Guye):






Les trois éléments sculptés fonctionnent narrativement comme un strip  BD. L'homme qui regarde la mer songe, peut-être pour se donner du courage avant de plonger dans l'eau froide, au petit café qu'il prendra, comme à son habitude, après le bain de mer matinal. George Guye m'a d'ailleurs fait remarquer que la sculpture comportant la tasse de café n'est pas à l'échelle 1 mais sensiblement plus petite que nature, pour signifier qu'elle ne renvoie pas à la réalité, mais à une image mentale. La première et la troisième pièce sont saisies d'un point de vue externe alors que la seconde l'est du point de vue (interne) du baigneur.

Le triptyque
Ci-dessus un  dessin que j'ai fait  pour expliciter cette question de point de vue et le rapprochement du triptyque  avec un strip BD.

Tout récemment, Georges Guye a réalisé un autre autoportrait au chapeau et au manteau. Ici, quelques photos de la maquette au 1/8ème, celle grandeur nature étant en cours de réalisation. La posture est sensiblement la même que celle de l'homme au maillot de bain, sauf pour les bras dépliés et les mains jointes.  Contraste saisissant dans un face à face entre l'autoportrait dévêtu et celui-ci où le corps est presque entièrement couvert de la tête aux pieds. Le chapeau et le manteau ressemblent vraiment à ceux portés par le sculpteur dans la vie courante. L'effet de mimèsis est recherché, d'ailleurs le manteau sera coloré et sa texture travaillée pour donner l'effet voulu. C'est cela aussi qui intéresse Georges Guye du point de vue technique.   Je sais que le titre choisi par Georges Guye ne fait pas l'unanimité auprès de ses amis, de mémoire je cite : moi dans le manteau que je porterai sur mon lit de mort.  Je ne sais pas s'il faut  préférer les euphémismes... ?

 Il est temps de publier cet article. J'attendrai  la réalisation définitive de ce dernier autoportrait pour le commenter de façon plus complète.
F.L.




Paysage avec une main tenant un bâton.


On peut lire d’autres articles en cliquant sur les liens ci-dessous :
 7 mai 2011, visite d'atelier:
et les photos:
à Propos du SM'Art, 3-6 juin 2011:
Vip art Galerie ( Marseille) 2012:
Visite d'atelier, octobre 2014:
Le suaire de Sainte-Victoire:
et aussi :

c'est un matin à écouter Nick Cave, un peu, beaucoup ...

c'est ma fille Clara qui a mis un album et ça tourne encore ... par exemple, The boatman's call, No more Shall we part, Let love in ... and on, and on ....

lundi 19 décembre 2016

#withSyria - Film d'animation de Banksy sur la guerre en Syrie - mars 2014





Film réalisé par Banksy à l'occasion du troisième anniversaire du début de la guerre en Syrie, c'était en mars 2014.
Il y a deux ans, ce film pouvait (voulait ?) porter l'espoir de la fin du massacre. Malheureusement, les derniers mois ont vu arriver le pire et les images se voient comme un immense assassinat de la population civile. Peine, compassion et colère. 

Documentaire sur le street artist  Banksy en  2011

dimanche 11 décembre 2016

Vernissage exposition Fernando Galvez au Moulin de la Roque

Jeudi 8 décembre au Moulin de la Roque, une belle soirée de vernissage pour la présentation des peintures récentes de Fernando Galvez, un peintre installé à Toulon, et par ailleurs professeur à l'école des Beaux-Arts.

Le Moulin de la Roque est  situé à la Cadière d'Azur dans un ancien moulin à blé. Cette cave est destinée à l'élevage des vins de Bandol des caves de Saint Cyr, Sanary sur Mer et la Cadière.  Le Moulin a l'habitude d'accueillir des expositions d'art, associant comme dans beaucoup de domaines de la région, les arts et le vin.  On trouve toutes les indications à propos de cette cave qui fonctionne comme une association de vignerons sur ce site:
On peut voir les peintures aux heures d'ouverture de la cave du lundi au samedi de 9h30 à 19h30 et le dimanche de 10h à 13h



Fernando Galvez a choisi de présenter un ensemble  de toiles réalisées ces derniers mois, quatre grands  formats (186 x 200 cm) et  des moyens formats (100 x 100cm). Ces peintures abstraites sont composées autour de formes géométriques simples, des quadrilatères réguliers de tailles variables qui morcellent la surface de la toile, mais qui s'impriment aussi dans la profondeur de la matière, en reliefs et en creux. En effet, de fines lignes en relief dessinent une trame qui accroche la lumière. Ce relief donne du corps à la toile qui ressemble à une peau ou à une matière tissée. Cela évoque aussi les moucharabiés (structure ajourée qui  fait écran d'un côté mais qui une fois que l'on passe de l'autre côté permet de voir à travers sans être vu),  motifs récurrents dans l'oeuvre de Fernando Galvez, ces dernières années. 

 Il se dégage des toiles une impression de stabilité et de plénitude. Pourtant le foisonnement des couleurs sature l'espace et l'anime, elles semblent jouer à se bousculer et à se chevaucher comme des enfants espiègles. Les rencontres entre les teintes provoquent tous les accords et les désaccords possibles,  cela génère des tensions, mais à l'échelle de la toile elles finissent par s'équilibrer et à former une harmonie, une vivante quiétude.


200 x 186  cm


La trame de fond, en relief est comme une structure intemporelle qui sous-tendrait l'univers, alors que les formes colorées, plus immédiates  affleurent à la surface, dans l'immanence du moment présent mis en lumière. Je sais que Fernando Galvez cite souvent Giorgio Morandi pour l'opiniâtreté avec laquelle il a peint des natures mortes, jouant avec des choses simples et quotidiennes, dans une apparente économie de moyens. Néanmoins, ses peintures éveillent des émotions variées, d'une nature qui semble universelle et inaltérable.    


200 x 186 cm


La couleur est, ici, travaillée en glacis, technique héritée de la Renaissance, qui consiste à superposer de fines couches de peinture, en jouant sur leur transparence. Chaque couche se superposant à la précédente n'oublie pas celle qui la précède, elle n'efface pas ce qui a été, mais par transparence la métamorphose.  C'est une manière vivante d'élaborer la couleur qui conçoit que le monde est en perpétuelle mutation et transformation.

F. L.

On pourra lire des articles antérieurs publiés sur ce blog pour connaître d'autres aspects de la peinture de Fernando Galvez, ainsi que des éléments biographiques.

http://imagesentete.blogspot.fr/2016/03/fernando-galvez-la-maison-du-cygne-six.html

http://imagesentete.blogspot.fr/2016/03/fernando-galvez-peintre-exposition-au.html 

le site de l'artiste:  http://www.fernando-galvez.fr/

200 x 186 cm

Mark Lanegan, reaching for the moon

Enregistré à KEXP, Seattle en juillet 2014 - un morceau de Irvin Berlin (1930). Magnifique interprétation de mark Lanegan sur une mélodie délicatement envoûtante. Guitares:  Jeff Fielder  et Johnny Sangster 

j'ai trouvé cet enregistrement (intéressant) de Frank Ferera datant de 1930


Si on veut écouter l'intégralité de l'enregistrement à KEXP (que des bons morceaux : Judgement time, The cherry tree carol, I am the Wolf) il faut aller par là https://www.youtube.com/watch?v=TwKzkAYZtCE

dimanche 4 décembre 2016

lundi 21 novembre 2016

Je ne crois pas aux fantômes ...

A quelqu'un qui demandait à la marquise du Deffand, amie de Voltaire, comptant parmi les esprits éclairés du siècle des Lumières,  si elle croyait aux fantômes, il paraît qu'elle répondit: " je ne crois pas aux fantômes, mais j'en ai peur". 


série "les chaises", monotype (2012)

Le paradoxe éclate. Si les intellectuels du  XVIII ème siècle  étudient toute chose avec raison pour se libérer de l'obscurantisme,  pour critiquer l'archaïsme des monarchies absolues et  s'ouvrir à la recherche du bonheur individuel et collectif; s'ils entendent s'opposer  aux ténèbres du fanatisme religieux et à la superstition prévalant dans des couches de la population les moins instruites et les plus populaires; la réalité montre qu'un esprit de doute et de peur pousse à l'émergence d'une littérature fantastique qui raffole d'un étrange qui bouscule la perception raisonnée du monde sensible. La littérature fantastique nous dit que la recherche d'une logique et d'une cohérence du monde semble  échapper à toute volonté de la contrôler par l'exercice de la raison. Mais bien sûr, tout cela n'est que littérature et le non-sens des choses est le fruit de l'imaginaire des auteurs ! 

Pour compléter, la lecture de deux nouvelles fantastiques du XIXème siècle, très proches dans leurs problématiques : un homme éperdument amoureux reste inconsolable après la mort de celle qu'il aime ... "L'amour est plus fort que la mort", écrit Villiers de L'Isle Adam en ouverture  de la nouvelle, "Véra" (1893). Guy de Maupassant dans "La Morte" (1889) commence ainsi : "Je l'avais aimée éperdument."
La nuance inaugurale entre les deux récits, le présent (de vérité générale) pour l'un, le passé  pour l'autre, laisse deviner l'évolution divergente des deux récits, l'un dans une veine fantastique teintée de romantisme et l'autre de pessimisme.  Deux nouvelles qui sont deux petits bijoux d'écriture ... 
Dans la nouvelle de Villiers de L'Isle Adam, on sera attentif à la description de la chambre qui revient à quatre reprises... quatre mutations significatives dans l'évolution du récit et de l'état d'esprit du personnage: objets inanimés, auriez-vous donc une âme ? 

"La Morte", Guy de Maupassant, La main Gauche, 1889

Je l’avais aimée éperdument ! Pourquoi aime-t-on ? Est-ce bizarre de ne plus voir dans le monde qu’un être, de n’avoir plus dans l’esprit qu’une pensée, dans le cœur qu’un désir, et dans la bouche qu’un nom : un nom qui monte incessamment, qui monte, comme l’eau d’une source, des profondeurs de l’âme, qui monte aux lèvres, et qu’on dit, qu’on redit, qu’on murmure sans cesse, partout, ainsi qu’une prière.
Je ne conterai point notre histoire. L’amour n’en a qu’une, toujours la même. Je l’avais rencontrée et aimée. Voilà tout. Et j’avais vécu pendant un an dans sa tendresse, dans ses bras, dans sa caresse, dans son regard, dans ses robes, dans sa parole, enveloppé, lié, emprisonné dans tout ce qui venait d’elle, d’une façon si complète que je ne savais plus s’il faisait jour ou nuit, si j’étais mort ou vivant, sur la vieille terre ou ailleurs.
Et voilà qu’elle mourut. Comment ? Je ne sais pas, je ne sais plus.
Elle rentra mouillée, un soir de pluie, et le lendemain, elle toussait. Elle toussa pendant une semaine environ et prit le lit.
[la suite ... ICI]

"Véra", Villiers de L'Isle Adam, Contes Cruels, 1893


La forme du corps lui est plus essentielle que sa substance.
La Physiologie moderne.

L’amour est plus fort que la Mort, a dit Salomon : oui, son mystérieux pouvoir est illimité.
C’était à la tombée d’un soir d’automne, en ces dernières années, à Paris. Vers le sombre faubourg Saint-Germain, des voitures, allumées déjà, roulaient, attardées, après l’heure du Bois. L’une d’elles s’arrêta devant le portail d’un vaste hôtel seigneurial, entouré de jardins séculaires ; le cintre était surmonté de l’écusson de pierre, aux armes de l’antique famille des comtes d’Athol, savoir : d’azur, à l’étoile abîmée d’argent, avec la devise « Pallida Victrix », sous la couronne retroussée d’hermine au bonnet princier. Les lourds battants s’écartèrent. Un homme de trente à trente-cinq ans, en deuil, au visage mortellement pâle, descendit. Sur le perron, de taciturnes serviteurs élevaient des flambeaux. Sans les voir, il gravit les marches et entra. C’était le comte d’Athol.
Chancelant, il monta les blancs escaliers qui conduisaient à cette chambre où, le matin même, il avait couché dans un cercueil de velours et enveloppé de violettes, en des flots de batiste, sa dame de volupté, sa pâlissante épousée, Véra, son désespoir.
[la suite ...ICI]

samedi 19 novembre 2016

Leonard Cohen - ouverture du festival d'Aix-en-Provence - 1970 - Revolution & Bird on the wire

video mise en ligne sur Youbute par Allan Showalter. Voici ce qu'il dit : On August 2, 1970 Leonard Cohen played at the Aix-en-Provence Music Festival, an event overshadowed by his appearance at the Isle of Wight Festival later that month. While the recording from the Aix Festival is only poor to fair, it is authentic and many of the photos included have never before been published.

On leaving France
the blue sky makes the plane go slow

they say I stole their money which is true

let the proprietors of the revolution consider this:

a song the people loved was written by a thief


Aix est  une ville bourgeoise et conservatrice ... ça ne date pas d'aujourd'hui.
Demain, des primaires sont organisées par la droite, les élections se profilent à l'horizon.
Alors, encore un morceau engagé de Leonard Cohen, qui convient particulièrement aux jours présents.


 

Leonard Cohen "There is a war", album New skin for old ceremony, 1974

jeudi 17 novembre 2016

Exposition Fernando GALVEZ (peintures) - Moulin de La Roque- Bandol

Exposition des peintures récentes de Fernando GALVEZ 
au domaine viticole du Moulin de La Roque - Bandol (Var)

Vernissage de l'exposition jeudi 8 décembre de 18h à 21h

Exposition du 9 décembre 2016 au 29 janvier 2017
le lieu  est ouvert du lundi au samedi 
de 10h à 12h et de 15h à 18h




mercredi 16 novembre 2016

Self-portrait by Georges Guye - 06/22/2016 article translated. Traduction de l'article du 22 juin dernier

The translation bellow refers to an article  I wrote about this self portrait sculped by Georges Guye. The translation is done by G.Guye. and a friend of him.  To reach the french version : http://imagesentete.blogspot.fr/2016/06/georges-guye-autoportrait-sculpte.html




Last February, I discovered a sculpture by Georges Guye – a self-portrait. By then, it was a smaller item of what was to become a real size sculpture. But, that day, I saw it like a “gisant” somewhat like a recumbent statue, lying in a chirurgical set, an operation room.
Later, I’ve been back to his studio near la “Vieille Charité” in Marseille. The sculpture was then almost achieved.
 This GG’s sculpture shows him standing, without clothes. But, the swimming suit he is wearing distinguishes him on purpose from a living model, which would show a nude of the artist.
 To create a self-portrait is like taking someone as a model who is not the model. Like showing yourself without any abandon of distances, and beyond, all the limits referring to yourself. That’s what occurred to me at a first glance.
Instead of creating a complete nude, GG has played at minima with the request of “an honest man” with respect to conveniences.  We find ourselves around a withheld posture that does not show any defiance, neither any intention of superiority; the spectator remaining on the same level as the artist’s work standing on a base on the floor. Hence the spectator finds himself on an equivalent level to the artist’s work.


Is this the way GG wishes to place himself as an artist in front of the spectator? Does he want to invite the viewer to consider art as a part of real life, as necessary as earthly nourishment?
To exhibit the sculptor in an intimate and very close sphere seem to me an unexpected and original procedure, rather close to what the committed humanist Michel de Montaigne did in writing his “Essays(1592).

Montaigne writes: “One would say that taking oneself as subject could be an excuse for some gentlemen, rare, and famous by their reputation who would like to share their knowledge. One thing is certain; I do admit and I know that in order to examine a common man, un ordinary craftsman does not let his eyes leave his work (…) I am not erecting a statue at the crossroad of the city (…) Some have the desire to talk about themselves as they find the subject rich and full of dignity; on the contrary, I find it too infertile not to provoke an ostentatious suspicion”. (Essays II 18 – 1580 – 1592).
Here, the normality of the appearance tends to move the look of the bystander from curiosity towards a more careful attention and a more delicate attention. Already, we are in Rousseau’s domain. He declares in the beginning of “Confessions” (First book, 1712 – 1728): “ I want to show my fellow men a man in the whole verity of nature”.

As I am not familiar with other attempts of self-portraits in a human scale size, comparable to GG’s sculpture, I refer to Philippe Lejeune and his “pacte autobiographique”:   “The commitment by an author to render a life story in retrospect, with sincerity, albeit the difficulties to show oneself nude, to unveil one’s weaknesses, to expose oneself to the (friendly) judgement of the reader” (here, the spectator).
The swimming suit, which adorns the sculpture, as well as the base on the floor evoke the environment of a sand beach. The bare feet are lightly buried in the sand, a small wave licks the toes. The man is standing straight, with his two feet flat, as in a position of rest. A natural position adopted in a harmonious balance. The arms are crossed on the chest with the fingertips under the armpits, as if searching for some source of warmth.
The man, facing the sea, seems to contemplate the water. We could guess an envy, but with apprehension. We are still in a sort of “maybe”: in  a  suspended time-lap, considering the water, the character lingers around himself before going into the cold water.  The eyes are fixing a far away horizon; they do not meet those of the viewer.
This far away scenery and the potential given by the sculptor open the doors to speculations of all kinds:  poetry, psychology, and philosophy.
For this reason, I stay aside, not imagining a line which would close this parenthesis desired by the sculptor.

On the white plaster strip figuring the swimming suit, we find some coloured elements in “relief” which are quickly identified: sweet
“Haribo” candies! A  link in a wink to childhood anniversaries … and maybe to the time that passes by?
Here also, the puckish spirit of GG pops up (fait surface).  Some references: I recall the surrealist Meret Oppenheim’s “tasse, soucoupe et cuillère recouvertes de fourrure- 1936”, and the ready-made style by Marcel Duchamp.
 Because here,  the reliefs are created one by one, in polyester, copies of the original candies.  We have to consider them as a reference to all the sculpted pieces of art in polyester by GG. Among others, “The Giant Bean” so daring that it recalls the beef quarter by Rembrandt or Chaïm Soutine, or his floor lamps in unusual forms, for instance the  cabbage, the beetroot and more recently his chamallow seats.



According to GG, this standing self-portrait, scale one, is rather unique in the history of sculpture. Another Marseille artist, Gilles Barbier, also uses his own body in his work, but in a different manner. He creates clones of himself, proceeding by castings (not the case in GG’s work). His transformations and distortions, especially when changing the scale, evoke
characters in a freak parade as the ones he staged in the exhibit “Echo système” at the Friche de la Belle de Mai in 2015.


GG’s sculpture is narrative. It tells in an anecdotic manner how GG goes into the water. It is also staging sculpture by the sculptor himself. Is it a confession of faith? An artistic will?

Technically, GG  made a frame of wires covered by plaster strips.  The self-portrait is left in its original white colour, the whiteness of marble. However, in its texture it remains as an ephemeral and fragile object, which could be compared to the essence of life as a “memento mori”.
The standing man is not a “walking man”, he seems far away from a reference to Giacometti, the comparison could only be by antithesis.
GG’s man, his own himself, is not shown walking towards the future, he doesn’t step out of the mud, he doesn’t show any immediate antagonism.
Giacometti does not show a man, but the tragic fate of man.
GG’s sculpture, composes with an inspiration perhaps found in Voltaire’s writings: show a modest figure with derision. Not putting aside a reflection around the human condition, we can see here more the “atome” than a human transcendence.
The silhouette bears witness of  the body’s years of maturity, while the white plaster gives the smoothness of the texture, as well as the quality of lights and shadows, all delicately sensual.


 To sculpt one’s own body is creating oneself while accepting the constraint of the model. Moreover, it’s like giving birth and embracing the model.  It’s a question of expressing the delicate coexistence (or the absence of proximity) with the body, particularly as years go by.
A big abnegation is needed when the decision is taken to sculpt your own body, because you have to observe yourself from every angle, and even more “extract” yourself from yourself. Our interior perception (the most common one) often appears very subjective when confronted to the test of the mirror.
Michel Leiris writes in the first pages of “L’âge d’Homme” 1939  (The age of Man):  “I hate to see myself  unexpectedly in a mirror, not being prepared for it, I find myself  humiliated by the ugliness.”

My conviction is that GG did not escape from this difficulty.  He had to change to a point of view belonging to somebody else. In other words to become a stranger in order to represent himself.


Aix-en-Provence,  June 22nd 2016

Florence Laude

French literature  teacher, painter and blogwoman




Victor Hugo, "Ce que dit la bouche d'ombre" ( extrait)

Au petit matin, ceux que le jour éveille, y verrons-nous plus clair? (F.L.o)   

[...]
Crois-tu que l'eau du fleuve et les arbres des bois,
S'ils n'avaient rien à dire, élèveraient la voix?
Prends-tu le vent des mers pour un joueur de flûte?
Crois-tu que l'océan, qui se gonfle et qui lutte,
Serait content d'ouvrir sa gueule jour et nuit
Pour souffler dans le vide une vapeur de bruit,
Et qu'il voudrait rugir, sous l'ouragan qui vole,
Si son rugissement n'était une parole ?
[...]


Extrait de "Ce que dit la bouche d'ombre",  v.21 à 28, Livre VI des Contemplations, Victor Hugo 1856.

mercredi 9 novembre 2016

Matt Boroff, "Garbage man" acoustic version

Version acoustique du morceau " Garbage man", album Sweet hand of fate, 2013 - Superbe !

Matt Boroff, "Lost", live session

Une très belle performance pour ce morceau "Lost" de l'album Sweet Hand of Fate - 2013


dimanche 6 novembre 2016

exposition "Retour à la Sainte-Victoire", Don-Jacques Ciccolini, route de Vauvenargues 200RD10

200RD10
lieu d'art contemporain
"RETOUR A LA SAINTE-VICTOIRE"
Don-Jacques Ciccolini

exposition du 6 au 20 novembre 2016
du mercredi au dimanche de 15h à18h et sur rdv 06 51 20 40 58

Samedi 5 novembre, vernissage de l’exposition présentant plus d’une  vingtaine de  toiles de Don-Jacques Ciccolini, chez Caty et Raymond Galle.  «Retour à la Sainte-Victoire », le titre de l’exposition est explicite, Don-Jacques Ciccolini explore cette fois  les paysages de la Montage Sainte-Victoire, si familiers des aixois, lui qui,  jusqu’à présent, tournait plutôt ses regards vers le Lubéron.  On se souvient des trois expositions  présentées dans la Galerie d’Alain Paire, « L’atelier du paysage » en 2011, «Le pont de Pertuis, un chantier de peinture » en 2012 et «Des nuages, du silence et des rochers » en 2013. 







On remarque, dans cette exposition, que le peintre choisit quelques points de vue, ou motifs, qu’il  peint à plusieurs reprises, épuisant, pour ainsi dire l’image pour se l’approprier, jusqu’à peindre, non plus la Sainte-Victoire, mais sa Sainte-Victoire.  Soulignant que la peinture de paysage est avant tout pour le peintre un travail de peinture sur un motif . Ici, la répétition a vocation d’appuyer le regard sur  la Sainte-Victoire de Don-Jacques Ciccolini, moyen de s’affirmer lui-même ( en tant que peintre) à travers le paysage choisi. Caspar David Friedrich (1774- 1840), peintre romantique allemand écrivait : « Le peintre ne doit pas seulement peindre ce qu'il voit devant lui, mais aussi ce qu'il voit en lui-même », ce que Ciccolini ne nierait peut-être pas.  







Bien entendu, qui peint la Sainte-Victoire, depuis que Cézanne est révéré, prend le risque (surtout à Aix) d’être comparé à lui.  Alors, Don-Jacques Ciccolini semble,  avec deux toiles anciennes, peintes en 1983 (voir la salle du haut), faire un pied-de-nez à Cézanne et  choisir la référence romantique. Ciccolini ne cherche pas dans le paysage les volumes géométriques simples par lesquels il peut l’épurer et le peindre. Ciccolini  allume des feux, dans certains de ses tableaux, non pour témoigner de façon anecdotique d’une activité humaine saisonnière, allant du feu de camp allumé par quelque campeur à la belle saison au débroussaillage hivernal, mais pour réintroduire l’humain dans la peinture de paysage – en particulier le peintre-  comme un cœur battant ou une âme consciente et tourmentée, voire hallucinée et subjuguée par  une palette de couleurs vertes, bleues, brunes, rouges ... etc.
Une  exposition à voir absolument. 

Florence Laude