jeudi 26 novembre 2015

Salon du Livre Jeunesse de Montreuil du 2 au 7 décembre 2015

Pour tous renseignements sur cette édition du Salon du Livre et de la presse jeunesse, il suffit de cliquer sur ce lien :  http://slpj.fr/

Je participe au SLPJ , invitée par les éditions L'initiale 
je dédicacerai   Victor, viens voir ! sur le stand de l'Initiale 
vendredi 4 décembre de 15h à 16h
samedi 5 décembre de 14h à 15h et 16h à 17h
 stand B26

Au plaisir de vous y rencontrer  ... 


lundi 23 novembre 2015

dimanche 22 novembre 2015

Blaise Cendras à Aix-en-Provence, article dans le quotidien La Provence

Alors que je viens d'écrire un article pour donner à lire deux extraits de textes de Blaise Cendras, Alain Paire auteur d'un article justement paru ce dimanche dans La Provence, m'en envoie une copie sous format jpeg. J'en profite pour le diffuser.
A noter la mention faite de Gabriel Laurin (en bas de la page), peintre aixois, qui fut ami de B. Cendrars durant les années quarante. 


Blaise Cendrars, L'homme foudroyé, 1945

L'homme foudroyé (1945) est le premier opus d'un ensemble de  quatre récits autobiographiques relatant des événements s'étant déroulés pendant la Seconde Guerre Mondiale. On peut encore lire La main coupée - 1946, Bourlinguer - 1948, Le lotissement du ciel - 1949.

L'homme foudroyé est composé de six parties, j'ai envie  de citer deux textes, ici. L'un est extrait de la fin du premier chapitre "Dans le silence de la nuit", il s'agit d'une réflexion sur l'écriture et le pseudo "Cendrars", choisi par Frédéric Louis Sauser. L'autre vient de la deuxième partie du livre, intitulée "Le vieux port", je retiens une description de Marseille, témoignant des années pendant lesquelles Cendrars a séjourné à Aix et à Ensuès-la-Redonne, sous l'occupation.

Je vous recommande également de regarder ce film ( 1h48), enregistrement d'une soirée proposée au Mucem le 12 novembre dernier. Thierry Fabre s'entretenait avec Olivier Rolin et Jacques Gamblin lisait (très bien) de nombreux extraits de l'oeuvre de Blaise Cendras.

 Cliquez sur le lien pour rejoindre la page du Mucem où le film est proposé.
 http://www.mucem.org/fr/node/3932
A la minute 1h18, on voit un film de François Mouren-Provensal et Alain Paire sur la période, justement, où Cendras était en Provence.  Les images du documentaire sont de très belles archives ! Le film est à voir absolument !


portrait de Blaise Cendras par Modigliani

extrait 1:  "Dans le silence de la nuit"
à Edouard Peisson

"    L'écriture est un incendie qui embrase un grand remue-ménage d'idées et qui fait flamboyer des associations d'images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l'alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse. Car écrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres.
      Ou ne crois-tu pas, tout simplement, que les marins comme les poètes sont beaucoup trop sensibles à la magie d'un clair de lune et à la destinée qui semble nous venir des étoiles, sur la mer, sur terre, ou entre les pages d'un livre quand nous baissons enfin les yeux et nous détournons du ciel, toi, le marin, moi, le poète, que tu écris et que j'écris, en proie à une idée fixe ou victimes d'une déformation professionnelle ?
               Avec ma main amie
                                  Blaise Cendras.
        Aix-en-Provence, le 21 août 1943 "

extrait 2: "Le vieux port"
2. " secrets de Marseille"

"     Marseille sentait l'oeillet poivré, ce matin-là.
      Marseille est une ville selon mon coeur. C'est aujourd'hui la seule des capitales antiques qui ne nous écrase pas avec les monuments de son passé.  Son destin prodigieux ne vous saute pas aux yeux, pas plus que ne vous éblouissent sa fortune et sa richesse ou que ne vous stupéfie par son aspect ultra-ultra (comme tant d'autres ports up to date) le modernisme du premier port de France, le plus spécialisé de la Méditerranée et l'un des plus importants du globe.  Ce n'est pas une ville d'architecture, de religion, de belles-lettres, d'académie ou de beaux-arts. Ce n'est point le produit de l'histoire, de l'anthropogéographie, de l'économie politique, ou de la politique royale ou républicaine.  Aujourd'hui elle paraît embourgeoisée et populacière.  Elle a l'air bon enfant et rigolarde.  Elle est sale et mal foutue.  Mais c'est néanmoins une des villes les plus mystérieuses du monde et des plus difficiles à déchiffrer.
     Je  crois tout simplement que Marseille a eu de la chance, d'où son exubérance, sa magnifique vitalité, son désordre, sa désinvolture.  Oui, Marseille est selon mon coeur, et j'aime que sise dans une des plus belles assiettes du rivage de la Méditerranée, elle ait l'air de tourner le dos à la mer, de la bouder, de l'avoir bannie hors de la cité ( la Canebière ne mène pas à la mer mais s'en éloigne!) alors que la mer est sa seule raison d'être, de travailler, de s'activer, de spéculer, de construire, de s'étendre, et que tout le monde en vit directement, du plus gros richard de la ville au plus famélique des pilleurs d'épaves.
     C'est qu'à Marseille tout a l'air d'avoir été relégué, la mer, derrière des collines désertiques, le port, au diable Vauvert, si bien que l'on peut aimer jusqu'à ses laideurs: le moutonnement interminable de ses tristes maisons de rapport, ses rues bancales, ses ruelles enchevêtrées, les quelques édifices insignifiants construits sous le IIe Empire ou la IIIe République disséminés de par la ville, les usines neuves et les raffineries et les vieux moulins à huile  semés un peu partout, les palais à l'italienne des nouveaux riches ou leurs villas syriaques prétentieuses, l'outrageant style de Notre-Dame de la Garde et de la Cathédrale, la fausse façade et l'escalier faunesque de la gare Saint-Charles, ou le ridicule du gazomètre de la Viste, ou l'attendrissante silhouette du pont transbordeur pour lequel les Marseillais, qui adorent les diminutifs familiers, n'ont jamais trouvé un petit nom tendre tel que La Toinette, ou La Guêpe, ou La Veuve Joyeuse. C'est que cet immense portique, comme tout le reste, semble perdu en ville et que , réellement, tout cela n'a aucune espèce d'importance. D'ailleurs, personne n'y fait attention. "


Pour en savoir plus sur Blaise Cendras:
http://www.poesie.net/cendrs2.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Cendrars

le site du Mucem
 http://www.mucem.org/fr/node/3932

A propos de Marseille, j'avais recopié un poème de Supervielle, "Débarcadère", écrit en 1922. On pourra le lire dans le fil d'un article à propos des sculptures de Georges Guye en cliquant sur ce lien:
http://imagesentete.blogspot.fr/2011/05/georges-guye.html

Je pense aussi à Marsiho d'André Suarès ( 1931), on trouve des extraits dit par Philippe Caubère sur le site de Mativi:
 http://www.mativi-marseille.fr/les-films/marsiho-par-caubere.html,9,19,0,0,2308,119





Etienne Daho, La peau dure

extrait de l'album L'innocence retrouvée sorti en juin 2013

Etienne Daho, les voyages immobiles ( clip Michel Gondry)


Ce clip "Les voyages  immobiles", chanté par Etienne Daho est réalisé par Michel Gondry en 1992.
L'image et les effets cinétiques sont très impressionnants....

dimanche 15 novembre 2015

"Imagine", de John Lennon - un homme joue ce morceau en hommage aux victimes devant le Bataclan

Samedi 14 novembre 2015, un homme joue "Imagine" de John Lennon (1971), devant le Bataclan. 
Recueillement et tristesse 
Peace and Love 
&
musique Rock et caetera...

"Imagine all the people
Living life in peace...

You may say I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will be as one"

PERSPECTIVES, Vernissage de l'expo LIMITES / LIMITES à la Laiterie

Samedi 14 novembre, vernissage de l'expo LIMITES / LIMITES rassemblant les oeuvres de plus de vingt artistes de l'association PERSPECTIVES ART CONTEMPORAIN. 
Une très belle exposition qui propose de multiples explorations de la limite et des limites dans la société contemporaine.

La présidente de l'association PERSPECTIVES, Jeanine Mège-Morin  prononce quelques mots en compagnie de l'adjointe à la culture de Cadenet, pour présenter l'exposition.

Pierre Paindessous - " Le syndrome de Picketty" 2014- 2015 - terre chamottée, métal, bois

 Maïlys Girodon, peinture sur toile libre;  Myriam Louvel - sculpture
Ninon Anger, frise 


Nina Tomas,  dessin


Gérard Rocherieux, "50 et 1 portraits de Maria Lani "
Maria Lani a été en 1928-29, le modèle de cinquante et un artistes de Montparnasse ...

Ninon Anger,  a réalisé la frise  qui court le long de la salle ...


  Marie-Christine Rabier - sculpture; Yann Le Goff , photographisme
Guillaume Blanche - Installation, photos et cadre 

 Cagliari, "Entre-deux: KWJEN" ,  Photos

A. Clif, photos

Raphaël Morin, installation, "L'avenir mis en boîte"

Sophie Revault, "Les robes se dé robent" - cire à chaud et pigments sur papier népalais

Maïla Gracia, 

 
 Anna Ostrowska, sculpture

Françoise Roueff - sculpture

Marcelle Benhamou, 'Tu ne tueras point". 
encre, papier, dentelle

El Guetta 

 Alain Lioret 

Pierre Vallauri 

Claudette Clarac


L'exposition est visible à LA LAITERIE
CENTRE CULTUREL CADENET 
du 11 au 18 novembre
tous les jours de 11h à 18h

boulevard de la Liberté 
84160 Cadenet
04 90 68 94 65

Contact PERSPECTIVES
06 11 63 66 07






jeudi 12 novembre 2015

Perspectives, LIMITES / LIMITES , invitation expo en cours à LA LAITERIE, Cadenet ... petit rappel ...

 Le flyer révèle le nom de tous les artistes qui exposent à LA LAITERIE de Cadenet ( salle d'expo) !
Les précisions pour le vernissage sont à lire ci-dessous !   A samedi pour ceux qui pourront faire le déplacement !

mercredi 11 novembre 2015

Lionel Gabel, Drivers ( musique), feats Carole on drums- rock electro


https://soundcloud.com/lionel-gabel/drivers-feat-carole-drums

Lionel Gabel est un ami peintre qui est aussi musicien.  On peut trouver sur soundcloud la plupart de ses compositions.

Lead Belly, where did you sleep last night


Chanson enregistrée en 1944 par Lead Belly,  d'après un air folk populaire américain. Elle sera reprise par Mark Lanegan, puis Nirvana en 1990.

dimanche 8 novembre 2015

ORIGINE, Raymond Galle, exposition au 200rd10, Vauvenargues

"Origine", le carton d'invitation reçu quelques temps avant l'exposition des peintures de Raymond Galle, de la plus grande sobriété, donnant le titre sans un référent visuel (la reproduction d'une des oeuvres, par exemple), n'apportait aucune réponse aux questions qu'il ne manquait pas de susciter ... En absence d'image, mon attention se reporta toute sur le mot et j'associai la blancheur du bristol à la "tabula rasa", mais, dans ce cas, qu'est-ce que peindre le "rien" ou à la rigueur, le "presque rien", le début d'un quelque chose ? Fallait-il comprendre que l'origine est ce qui peut s'exposer mais, pas se dévoiler sans cérémonie ?

Je connais le travail de Raymond Galle depuis plusieurs années, il a exploré le végétal, avec entre autres, "Exubérance Végétale" et  "Sous-bois", le minéral à plusieurs reprises et on se souvient de "Je voudrais devenir pierre" ...   Le titre "Origine", ne semblait pas a priori annoncer l'exploration du végétal ou du  minéral. Je voulais deviner une dimension autobiographique, une exploration liée aux premiers moments, aux racines ... mais j'étais dans le vague, il faut l'avouer. J'arrivai donc, ce soir, au vernissage de l'exposition remplie de curiosité.

 Dans la grande salle qui nous accueille, on découvre des  toiles dans diverses teintes de gris  sur lesquelles sont représentées  des verticales noires, souvent alignées.  On y reconnaît des piquets de bois se reflétant parfois dans un plan d'eau formant miroir, comme on en trouve en Camargue. Ils servent à retenir les sols. Dans les trois salles de la galerie, les toiles explorent la même thématique  travaillée jusqu'au point de  perdre les repères avec le réel ( un paysage) qui est son origine.   La toile ou les grandes surfaces de papier affiche de récupération (support de prédilection de Raymond Galle), sont un espace peint, où se joue le travail de la peinture,  de la couleur et de la matière qui est la réalité matérielle que l'on regarde. Le paysage qui est à l'origine de la peinture n'a résolument aucune réalité, ici. Ceci n'est pas un marais camarguais. 


La technique de peinture de Raymond Galle procède d'une succession de mises à distance et d'effacement du réel dont il s'inspire, qu'il photographie.  Le spectateur est confronté à une peinture qui renvoie à l'espace peint lui-même et non à un espace au-delà.  Il n'y a qu'à regarder, par exemple, l'alignement de plusieurs toiles, pour voir qu'elles renvoient  l'une à l'autre bien plus qu' à  un paysage naturel. Les traces noires, semblent une écriture, une architecture, une phrase qui structure l'espace en verticales, horizontales et obliques diverses prenant parfois la tangente pour mieux dessiner une courbe . L'espace est un plan coloré où les gris ne sont jamais ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres, même si le peintre tend certains gris jusqu'à l'extrême du blanc ou du bistre.


 Mais, se pose la question du titre, puisque l'exposition rassemble toutes ces oeuvres sous le nom "Origine". Pour qui a lu Delta, roman autobiographique écrit par Raymond Galle, imprimé en 2010, le rapprochement entre les peintures exposées et son origine familiale s'impose. Delta, le titre du roman, fait référence au delta du Rhône.  "Origine", titre de l'exposition, annonce alors un travail en lien avec l'origine du peintre, ses  racines (mais peut-on parler de "racines" dans un pays où le sol n'est pas assez consistant pour retenir la terre, encore moins la végétation?  Que dire des hommes, alors? Est-ce un pays où l'homme peut s'enraciner?)  ou son berceau. Raymond Galle est issu d'une famille d'ouvriers de Port-Saint-Louis-du-Rhône et de Salin de Giraud, il a grandi dans les paysages de Camargue, étendues de marais salants mêlant terre, sable et eau salée à perte de vue.  Grands rectangles plats comme d'immenses toiles absorbant  la couleur des ciels, cousus de piquets de bois noircis par la brûlure du soleil et du sel dont les pointes retiennent un sol inconsistant qui ne pense qu'à fuir, à partir, voilà les paysages de l'enfance de l'artiste.  Raymond Galle dit de la Camargue que c'est un espace tellement sauvage que  l'on ne peut pas songer à le rejoindre ou à y revenir, qu'il est si rude qu'on cherche à en sortir pour s'en éloigner.


Raymond Galle parle toutefois de la Camargue comme un espace lié à l'Origine de la vie, un lieu dont on peut se figurer qu'il a été le berceau de l'humanité, tant il ressemble à ce qu'a pu être le monde à son origine, une immense étendue d'eau, sans réelle consistance, mais propice à la naissance de la vie et  dont on s'extrait une fois pour toutes.  
Dans cette exposition, l'intérêt pour le végétal et le minéral sont conjugués.  Mais, le végétal est ici réduit à l'état de bois mort, taillé et fonctionnel. Le minéral est quant à lui réduit à sa plus petite unité, le grain de sable.  C'est l'élément "eau" qui   émerge  et devient la matrice de la peinture.


 On peut dire, alors, que les peintures de Raymond Galle jouent sans cesse entre l'écart et l'appartenance à un monde, une catégorie, un genre.  On peut considérer en effet que ce que nous voyons est de l'eau, du sable, du bois et que l'artiste saisit dans le paysage une installation éphémère qui est du Land-Art, mais on s'en écarte puisque qu'il est question ici de peinture et de représentation subjective. Le Land-Art fait oeuvre in situ, et, pour pallier à l'éphémère durée de l'installation,  est souvent photographié. Ici, la peinture de Raymond Galle y fait songer, mais ce que nous avons sous les yeux est autre chose. Les piquets sont plantés de main d'homme non pour faire oeuvre, mais pour une fonction précise, retenir la terre. Le piquet planté qui ne fleurira jamais agit pourtant comme une racine dans le sol qu'il sert à fixer.
A l'origine, on a le trait noir qui se dresse hors de la surface grise, il ne fait pas corps avec le fond, il s'en détache,  il semble opposer sa verticalité à l'horizontalité de la surface suggérée par le rectangle de la toile orienté selon le format paysage. Cette petite unité rebelle pointe hors de la masse, figurant  l'identité (différence) naissante.Tous ces piquets côte à côte me font penser au un plus un, plus un, plus un, un pas après l'autre, l'humanité s'arrache à la soupe originelle et avance vers la terre ferme, on dirait une procession en marche depuis la nuit des temps...
L'esthétique de l'oeuvre peinte ici tend vers  le minimalisme, elle évoque davantage le squelette que la chair vivante. Il semble dès lors paradoxal de songer que  l'origine de la vie aurait pu s'extraire de ces paysages rugueux et âpres, sauf à en être expulsée sans retour possible.
 

Je tiens à m'excuser pour la mauvaise qualité des photos, je ne prétends pas photographier les oeuvres, mais  montrer un référent qui illustre mon propos et surtout donnera envie d'aller les voir  en vrai... déplacez-vous ! 

On visite l'exposition du jeudi au dimanche de 16h à 19h, jusqu'au 24 novembre
Les Lamberts
200rd10
13126 Vauvenargues
04 42 24 98 63
200rd10@free.fr

site de Raymond Galle

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