lundi 16 avril 2018

samedi 14 avril 2018

"Sans toit ni loi", Agnès Varda (extrait), Joan Baez, "Babe I'm gonna leave you"


Extraits du film d'Agnès Varda, "Sans toit ni loi",  revu hier et que je n'avais pas revu depuis sa sortie en 1985.
Les images, ici,  sont montées sur une chanson de Joan Baez, "Babe I'm gonna leave you" (1962)...  je ne suis pas tout à fait convaincue par l'assemblage des deux, pour ce film... Joan Baez peut-être trop précieuse (?)... même si c'est une très belle chanson sur une thématique proche.

Hier j'ai posté sur mon blog un morceau des Doors, "Changeling", qui était crédité au générique du film.

vendredi 13 avril 2018

The Doors, "The changeling"



"The changeling" (alternative version), The Doors, de l'album L.A. Woman - 1971

George SEGAL sculpteur (1924 - 2000)


Curieuse de voir le travail de ce sculpteur auquel le sculpteur Georges Guye fait référence dans une interview.   Ici, un film du point de vue du photographe  Donald Lokuta qui fut son photographe et son assistant. Film réalisé à l'occasion d'une exposition des photos en noir & blanc de George Segal par Donald Lokuta.


Entretien avec Georges GUYE par Alain PAIRE pour Web TV Zibeline



La question subsidiaire, 7 min. Georges GUYE  y fait référence au sculpteur américain George SEGAL (1924 - 2000) qui fut une de ses sources d'inspiration:
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Segal_(sculpteur)


et sur cet autre lien l'entretien sur la web radio du journal ZIBELINE: WRZ
http://www.journalzibeline.fr/programme/georges-guye-a-labbaye-de-silvacane/


L'exposition à l'abbaye de Silvacane est à voir jusqu'au 22 avril 2018

https://imagesentete.blogspot.fr/2018/03/georges-guye-silvacane-sculptures-et.html




http://imagesentete.blogspot.fr/2016/06/georges-guye-autoportrait-sculpte.html
http://www.galerie-alain-paire.com/

lundi 9 avril 2018

FESTIVAL BD AIX- expo dessins #ORIGINAL-MULTIPLE - Galerie Zola, Cité du Livre, Aix.


Il faut aller à la Cité du Livre, pousser la porte et prendre le temps de regarder ces dessins de très grands formats, dessins uniques, lithographies numérotées, sérigraphies, gravures... Un choix fabuleux dont je me permets de montrer quelques photos qui ne sont pas d'une qualité à la hauteur des oeuvres... il faut vraiment aller voir, pour bien voir et pour tout voir, ça vaut vraiment le coup ! J'en montre déjà trop et pourtant pas assez.
Vingt-deux dessinateurs, une soixantaine d'oeuvres qui répondent à un projet original: "entrés en résidence depuis plusieurs mois dans les plus prestigieux ateliers d'Art de France, les nombreux artistes associés présentent, pour la première fois, le résultat de leur travail au grand public. Au coeur du dispositif, chaque création est mise en résonance avec une oeuvre originale pour jouer de la confusion entre l'original et l'original-multiple ..."

Collectif international (voir les noms ci-dessus).  L'expo est ouverte du mardi au samedi de 10h  à 18h30, entrée libre. Pour plus d'infos pratiques : http://www.bd-aix.com/pages/festival.html




James  Rielly 

 Stéphane Blanquet 

 Frédéric Poincelet

 Loustal

 Nicolas de Crécy

Lorenzo  Mattotti

 Art Spiegelman

 Damien Deroubaix 

 Blutch

 Françoise Pétrovitch

 Killoffer

François Avril

 Brecht Evens

David B.


Le programme du festival est très riche, c'est un parcours d'expos à travers la ville, une nouvelle formule répondant à la nécessité ... pas de week-end dédicaces malheureusement, faute de subventions votées et perçues en temps et en heure  :-((  ...  il reste encore beaucoup à découvrir: ATAK à la Bibliothèque Méjanes, Yann KEBBI dans la galerie de l'Atelier Cézanne, Helge REUMANN au Musée des Tapisseries, philippe DUPUY, Charles BERBERIAN, Josepj GHOSN à L'office du Tourisme, Katia FOUQUET à la Galerie ESDAC, Max ANDERSSON, à l'Ecole Intuit.Lab, Ismaël MEZIANE, à la Médiathèque des Carmes à Pertuis.

Affiche festival BD-AIX 2018, Jakob Hinrichs

FESTIVAL BD AIX - Rock & Road Comix, Eric Cartier - Galerie Vincent Bercker

Le parcours expo  du Festival BD est ouvert ! 
Du 7 avril au 26 mai, la galerie Vincent Bercker s'affiche Punk-Rock et présente  les planches originales de la BD d'Eric Cartier,  One, two, three, four, Ramones ... biographie du groupe punk new-yorkais des années soixante-dix. 
Vendredi soir (7 avril vernissage-apéro de l'expo) on se bousculait pour obtenir une dédicace !  



 Article de Belkacem Bahlouli  paru dans le magazine Rolling Stone (juin 2017)

Musique encore et toujours, on peut aussi  admirer les dessins de Black no Sugar, un projet original sorti en 2008 (Editions Nocturne, collection Bande originale), alliant BD et 2 CD. Scénario  Emmett Hundson, dessins Eric Cartier ... impossible d'énumérer toutes les références musicales que l'on trouve dans les CD, pour ne citer que les premières pistes: W.C. Handy, Ray Charles, Django Reinhardt, Coleman Hawkins, Thelonious Monk, June Christy, Louis Armstong & The Mills Brothers ....
J'avais acheté cet album à l'époque et obtenu une superbe dédicace de la part d'Eric Cartier, que je remercie ...







Jusqu'au 26 mai,  le jeudi et  le vendredi de 15h -19h et le samedi 10h-12h30 et 15h-19h 

Galerie Vincent Bercker, 10 Rue Matheron, 13100 Aix-en-Provence




"Poèmes à Madeleine", Guillaume Apollinaire


Calligramme et poèmes à Madeleine


Calligramme d'Apollinaire écrit sur une écorce de bouleau et daté du 15 mai 1915

"C'est le 15 avril 1915 qu'Apollinaire écrit pour la première fois à Mademoiselle Madeleine Pagès, une jeune fille d'Oran qu'il a rencontrée le 2 janvier dans le train de Nice à Marseille. Cette correspondance amorcée sur un ton d'amabilité et de gentillesse prend bientôt un tour intime et passionné; Guillaume écrit presque tous les jours à Madeleine; en août il sera accepté par Madame Pagès comme le fiancé officiel de sa fille; il passera sa permission de détente du 26 décembre 1915 au 9 janvier 1916, à Oran chez les Pagès. Mais après sa blessure survenue le 17 mars 1916 et la trépanation qu'elle entraîna, il n'écrivit plus à Madeleine que quelques courtes lettres, d'avril à septembre 1916." (note de l'édition Pléiade - Gallimard)


Dans la lettre du 12 août 1915:

"C'est une nuit d'orage
Le tonnerre fait rage
La mitrailleuse aussi
Mais je suis bien ici
Je pense à vous ma fée
De raisins noirs coiffée"

Dans la lettre du 10 septembre 1915:

LUEURS

"La montre est à côté de la bougie qui végète derrière un écran fait avec le fer-blanc d'un seau à confiture
Tu tiens de la main gauche le chronomètre que tu déclencheras au moment voulu
De la droite tu te tiens prêt à pointer l'alidade du triangle de visée sur les soudaines lueurs lointaines
Tu pointes que cependant tu déclenches le chronomètre et tu l'arrêtes quand tu entends l'éclatement
Tu notes l'heure le nombre de coups le calibre la dérive le nombre de secondes écoulées entre la lueur et la détonation
Tu regardes sans te détourner tu regardes à travers l'embrasure
Les fusées dansent les bombes éclatent et les lueurs paraissent
Tandis que s'élève la simple et rude symphonie de la guerre
Ainsi dans la vie mon amour nous pointons notre coeur et notre attentive pitié
Vers les lueurs inconnues et hostiles qui ornent l'horizon le peuplent et nous dirigent
Et le poète est cet observateur de la vie et il invente les lueurs innombrables des mystères qu'il faut repérer
Connaître ô lueurs ô mon très cher amour"


Une biographie de Guillaume Apollinaire ( 1880 - 1918)

"A woman", Lionel GABEL

Lionel GABEL  (photo)  et   musique : "A Woman" sur soundcloud

"Le Guetteur mélancolique", Guillaume Apollinaire

"Le guetteur mélancolique", recueil posthume publié en 1952, rassemblant divers poèmes de Guillaume Apollinaire (1880 - 1918),  inédits ou publiés dans diverses revues.



"Et toi mon coeur pourquoi bas-tu

Comme un guetteur mélancoique
J'observe la nuit et la mort"         



LE CIEL SE COUVRE UN MATIN DE MAI


     Sous les citronniers tordus ombraculifères
     O matin parfumé mais le soir est venu
     Que mon âme était fraîche et même j'ai connu
                  La raison d'être des sphères

     Notre machine ronde elle tourne et m'endort
     Où la vie est mortelle et vit après la mort
     En latin c'est terra l'Allemand l'appelle Erde
     Un clair écho peut-être a su répondre Merde

Alors j'ai su que seuls pouvaient vivre en s'aimant 
Les bons vers immortels qui s'ennuient patiemment
     Or le ciel était bleu comme une meurtrissure
                 Mais soleil je te veux louer
     Car tu revins et fis claquer sur la nature
Des rayons tout à coup cinglés comme des fouets



J'avais déjà publié (30 mai 2015) un article qui proposait plusieurs poèmes recopiés du recueil Le guetteur mélancolique, c'est sur ce lien qu'on peut le trouver:
https://imagesentete.blogspot.fr/2015/05/apollinaire-le-guetteur-melancolique.html

vendredi 6 avril 2018

"Tête en l'air", Jacques Higelin (1981)



"Tête en l'air", Jacques Higelin, album Higelin à Mogador, hold tight, 1981

Paroles
Sur la terre des damnés, solitaire, 
Étranger aux vérités premières énoncées par des cons, 
J'avais touché le fond de la misère 
Et je crie, et je pleure, et je ris au pied d'une fleur des champs, 
Égaré, insouciant dans l'âme du printemps, c?ur battant, 
Coeur serré par la colère, par l'éphémère beauté de la vie.
Sur la terre, face aux dieux, tête en l'air, 
Amoureux d'une émotion légère comme un soleil radieux 
Dans le ciel de ma fenêtre ouverte 
Et je danse, et je lance un appel aux archanges de l'Amour. 
Quelle chance un vautour, d'un coup d'aile d'un coup de bec 
Me rend aveugle et sourd à la détresse, 
À l'éphémère tristesse de la vie.
Sur la terre, face au ciel, tête en l'air, amoureux, 
Y'a des allumettes au fond de tes yeux, 
Des pianos à queue dans la boîte aux lettres, 
Des pots de yaourt dans la vinaigrette 
Et des oubliettes au fond de la cour...
Comme un vol d'hirondelles échappé de la poubelle des cieux...

Paroliers : Jacques Higelin

jeudi 5 avril 2018

"Il n'y a plus rien", Léo Ferré (1973)


"Il n'y a plus rien", Léo Ferré,  album symphonique, 1973

"just like a woman", Nina Simone


"Just like a woman", Nina Simone 1971, reprise :  Bob Dylan "just like a woman" de l'album Blonde on Blonde de 1966

"I want you", Bob Dylan


"I want you", Bob Dylan, album Blonde on Blonde, 1966
Que d'amour !

dimanche 1 avril 2018

"Je tuerai la pianiste" Alain Bashung


"Je tuerai la pianiste", Alain Bashung, album Bleu Pétrole (2008)
Paroliers, Gaëtan Roussel/ Alain Bashung/ Gérard Manset
La vidéo, ici,  emprunte tout au film "Les yeux sans visage" de Georges Franju (1960) 

Full moon rise


jeudi 29 mars 2018

"Your call's very important to us, please hold on", Sparks ( live at London Union Chapel - 2012)


"Your call's very important to us, please hold on", Sparks, album Lil Beethoven (2002), live at London Union Chapel (2013)

Ecoutant ce morceau (live) dans ce lieu, je ne peux m'empêcher de penser à Vladimir et Estragon, dans la pièce de Samuel BECKETT, En attendant Godot.  (1953 - Roger Blin) . Chaque soir, Vladimir et Estragon rejoue la même attente, ils attendent Godot .
Acte 1   [...]
VLADIMIR
Il n'a pas dit ferme qu'il viendrait.
ESTRAGON
Et s'il ne vient pas ?
VLADIMIR
Nous reviendrons demain.
ESTRAGON
Et puis après demain.
VLADIMIR
Peut-être.
ESTRAGON
Et ainsi de suite.
VLADIMIR
C'est à dire...
ESTRAGON
Jusqu'à ce qu'il vienne ?
VLADIMIR
Tu es impitoyable.
ESTRAGON
Nous sommes déjà venus hier.
VLADIMIR
Ah non, là tu te goures.
[...]

VLADIMIR 
He didn't say for sure he'd come.
ESTRAGON 
And if he doesn't come?
VLADIMIR 
We'll come back tomorrow.
ESTRAGON 
And then the day after tomorrow.
VLADIMIR 
Possibly.
ESTRAGON 
And so on.
VLADIMIR 
The point is—
ESTRAGON 
Until he comes.
VLADIMIR 
You're merciless.
ESTRAGON 
We came here yesterday.
VLADIMIR 
Ah no, there you're mistaken. (111-121)

En attendant le festival TINALS à Nîmes ( La Paloma) le 1er juin 2018 ...

Dédicace spéciale à Miss M. 

mercredi 28 mars 2018

"Sweet wine", Duke Garwood


"Sweet wine", Duke Garwood, album Heavy Love , 2015

"Voyage Voyage", Desireless, 1989



"Voyage Voyage", Desireless, Album François, 1989

J'aime aussi beaucoup la version de Soap & Skin , album Narrow, 2012



Au dessus des vieux volcans, Glisse des ailes sous les tapis du vent, Voyage, voyage,

lundi 26 mars 2018

"Mercy seat", Johnny Cash (Nick Cave cover) sur des images de Charles Bukowski


La chanson "Mercy seat" est écrite par Nick Cave, enregistrée par Nick Cave and the Bad seeds en 1988 sur l'album Tender Prey. Ici interprétée par Johnny Cash sur des photos et dessins de Charles Bukowski.

"Mercy Seat", Nick Cave & The bad Seeds (1988)


"Mercy Seat", album Tender Prey (1988) - Nick Cave and the Bad Seeds

Tindersticks, "Sometimes it hurts"


Tindersticks, "Sometimes it hurts",  album Waiting for the moon (2003) - Stuart A. Staples et Lhasa de Sela.

[...]
Been lying awake all night trying to figure out
It's that old song - keeps running around in my head
You're wasting your time coming 'round here
But what's good for me is not necessarily for the best
So play it for me 
[...]

Canari Timbrado


Spectrogramme de chant de canari Timbrado.  C'est vraiment curieux ... le son en image.

lundi 19 mars 2018

Georges Guye à Silvacane, sculptures et paysages, visite de l'exposition

Silvacane est un site magnifique, une ancienne abbaye cistercienne ... y exposer ce n'est pas seulement montrer son travail, c'est l'installer dans ce lieu, composer avec les volumes des espaces, l'atmosphère imprégnée de spiritualité. 





 La vision que l'on a de l'abbaye, de l'extérieur est une chose... belle, sobre, apaisante, un espace à taille humaine et on apprécie de flâner tout autour du bâtiment. Mais, quand on passe la haute porte de bois rouge, l'église semble nous dominer de son vide énorme tout à coup. On se sent rétrécir, petite chose à l'échelle du monument,  pris dans une dimension autre. Temps d'arrêt.  C'est pour souligner la forte présence du lieu que je mêle les photos des oeuvres exposées par Georges Guye à celles de l'abbaye.


L'autoportrait au manteau, de Georges Guye, exposé dans l'ancien dortoir des moines, apparaît dans sa solitude et sa force, tel un commandeur en éveil. Calme, présent.  Le manteau de plâtre peint est massif, c'est une cuirasse... mais ses yeux sont hallucinés, on ne sait ce qu'ils aperçoivent du fond de leurs pupilles creuses. Ils voient ce que nous ne pouvons encore voir et la bouche entrouverte murmure ce que l'on ne peut encore entendre. 
Il veille sur un peuple de seize lutteurs en plâtre blanc posés sur des socles ajustés à la proportion des volumes, placés à l'autre bout de la longue galerie. La perspective les met  en regard l'un de l'autre.  

https://imagesentete.blogspot.fr/2017/11/georges-guye-autoportrait-au-manteau-et.html









Dans la série des lutteurs, bien qu'il y ait une variété de modèles, on croit voir les plans successifs d'un combat à mains nues. Tantôt un gros plan sur une tête, sur un couple en pied, ou sur une scène cadrée en plan américain.  La dimension cinématographique est évidente dans le découpage des plans, dans la dimension esthétisée des poses, dans cette impression d'arrêt sur image auquel nous sommes aujourd'hui habitués. Le génie de Georges Guye est d'avoir trouvé l'unité de l'ensemble en faisant tenir chacune des scènes dans  des volumes à peu près équivalents. 



Cette série de seize sculptures, les lutteurs, a été inspirée à Georges Guye (fin des années quatre-vingts) par la lecture du roman de Jean Giono, Deux cavaliers de l'orage, publié en 1965. Marceau, de dix-sept ans l'aîné d'Ange l'aime et le protège avec tendresse: "il aimait entourer les épaules de Mon Cadet de son bras". D'une stature et d'une force colossales, Marceau (dont le nom évoque le dieu Mars) devient une légende après avoir tué un cheval fou d'un coup de poing, aux courses de Lachau. Alors, il est successivement défié par quatre lutteurs aux surnoms pleins de maniérisme féminin, "Clef-des-coeurs", "Le Flamboyant", "Le Mignon", "Bel-Amour" qui  tranchent avec leurs physiques de colosses  bestiaux. C'est que les prises des combats  laissent parfois entrevoir dans ces corps à corps pour se déchirer, des images d'étreintes amoureuses et/ou amicales...




"Marceau frappa de toutes ses forces dans la voix, dans le vide; il trébucha en avant. Il reçut encore un coup, il trébucha en avant. Il reçut encore un coup, et, de nouveau, le dedans de ses yeux s'illumina. Il frappa en fauchant de toutes ses forces avec son bras droit et, cette fois, il toucha quelque chose . 
Il entendit vaguement, comme dans du coton, les cris de porc saigné de l'autre; et qu'il courait dans les feuilles. Il s'élança pour le poursuivre: il le croyait loin, il était là, tout près, plié en deux, à s'appuyer les mains sur l'endroit où il avait reçu le coup. Il le heurta en plein élan, le renversa et tomba sur lui. Il roula sur lui, le perdit, tomba dans les feuilles. Il se redressa, reçu un coup qui éclaboussa ses yeux de lumière. 
Il chercha l'homme, le trouva, le fit tomber, le perdit, frappa le vide, reçut un coup dans le ventre: sa tête se mit à sonner comme une cloche battue par des poignées de terre. Il se redressa, tourna sur lui-même, se pencha, accrocha l'épaule de l'autre, tira, le fit tomber, se jeta sur lui, le perdit, courut à genoux, le retrouva, l'enjamba, le serra dans ses genoux. Sa main gauche remonta le long de la poitrine de l'homme. Il toucha le cou, le menton, la tête. De l'autre main, il frappa un bon coup dans cette tête. C'était fini."


L'irrémédiable évolution de la relation fraternelle de l'amour vers  la confrontation fratricide, donne au roman de Giono la portée d'une tragédie antique: "Si vous ne voyez pas que, quand on aime quelqu'un, on veut toujours lui donner, être toujours plus fort que lui, qu'est-ce que vous espérez voir? Marceau avait trouvé ce biais: il était le plus fort du monde. Comme il aimait son Cadet, il lui donnait l'homme le plus fort du monde ... Brusquement, il ne l'est plus! Qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse ?
Marceau (surnommé l'Entier), défié et vaincu par son frère Ange, le  tue  et s'exile dans la montagne où il se laisse mourir.  On trouve dans ce roman de Giono, la même douloureuse fascination  pour la violence, le sang, le meurtre que dans le roman Un roi sans divertissement où Langlois, effrayé par sa propre fascination devant le spectacle du sang répandu sur la neige, se suicide de peur d'être tenté par le meurtre. On n'est pas surpris de trouver dans les dernières lignes des Deux cavaliers de l'orage, ces lignes évoquant l'image du sang sur la neige :  "Qu'est-ce qu'il y a de rouge là?" Sur la neige ça se voyait bien". qui font écho à  : "J'y ai donné l'oie. Il l'a tenue par les pattes. Eh bien, il l'a regardée saigner dans la neige", dans Un roi sans divertissement.  Si Un roi explore la solitude du héros en proie à ses démons et au désoeuvrement: "Qui a dit :"Un roi sans divertissement est un homme plein de misères"?", Deux cavaliers de l'orage, me fait penser aux lignées maudites des Atrides et des Labdacides.   Deux Cavaliers de l'orage est un roman formidable qui mérite la même notoriété qu'Un roi sans divertissement
L'ensemble des sculptures de Joe Guye rend avec justesse la dimension épique des combats où la haine est parfois le revers dramatique de l'amour absolu. Elles évoquent les incessantes confrontations des egos et la violence des rapports humains.












 




Salle de l'ancien  réfectoire des moines, trois mers (résines) et trois paysages (plâtres)



Lors d'une exposition précédente, Annick Pegouret avait écrit à propos des mers de Georges Guye : "Attirantes, elles aussi, ces surfaces bleues, qui retiennent le frisson de l'onde ou le flux de la rivière. L'oeil se plonge dans le pur scintillement de la couleur... Mais non, il n'y a là qu'un fragment de mer solidifiée. Et pourtant, ce scintillement d'eau profonde ?"




A propos des paysages, Jean-Marc Bourry, commissaire de l'exposition pour l'Abbaye de Silvacane, écrit : "Georges Guye est un urbain qui arpente la campagne et si c'est à partir de la ville que naît le désir de nature, sa prise de conscience amène à la création de représentations paysagères étendues comme représentations culturelles à travers un prisme que l'artiste met entre le monde et lui. [...]" (la suite de l'article est à lire sur l'excellent  catalogue de l'exposition).

Je suis ravie de voir ces sculptures de Georges Guye exposées dans ce lieu extraordinaire, elles portent en elles la force et la grâce qui conviennent à cet espace et pour cette raison elles en sont magnifiées.


Le hasard ayant fait que je rencontrai Georges et Gaby Guye alors que je m'apprêtais à quitter l'abbaye, nous avons revisité l'exposition ensemble et ils ont accepté de poser symboliquement avec l'"Autoportrait" de Georges. Je les en remercie très amicalement.

Georges Guye, vit et travaille à Marseille. Son atelier est tout proche de la Vieille Charité, rue des Phocéens. 

Conception de l'exposition Jean-Marc Bourry  P.A.C.

exposition du 4 mars au 22 avril 2018
SILVACANE

toutes les informations utiles sur le site de l'abbaye

Si on le souhaite, on peut lire d'autres articles que j'ai écrits sur des oeuvres de G.Guye: