jeudi 19 octobre 2017

Série "Parc Jourdan" (dessins)

Une série de vieilles cartes postales en noir et blanc, étonnantes par leur sujet d'une totale banalité, justement l'antithèse du paysage pittoresque, gracieux, "cliché". Celui-là n'a rien de "joli", mais il me rappelle des souvenirs.  Je pouvais traverser ce parc (le parc Jourdan) pour faire le chemin école-maison, dans mon enfance. Le jeu de dessins en série a pour particularité de s'auto-alimenter, c'est-à-dire que chaque dessin fait germer une nouvelle idée, sitôt réalisée. Chaque image vaut pour elle-même, mais surtout dans la relation qu'elle entretient (variation) avec les autres.

















Aix-en-Provence, la cité universitaire et le parc Jourdan
"série parc Jourdan" - 2017 - format carte postale 15 x 10.5 cm
Florence Laude

"The artist", Lionel Gabel (soundcloud)





Un hommage à la sculptrice Camille Claudel. 

lundi 16 octobre 2017

La galerie Est/Ouest expose Nina Tomàs, à Marseille


L'exposition  "Sens Uniques" qui a débuté le 3 octobre, se poursuit jusqu'au dimanche 29 octobre 2017.  Nina Tomàs est l'invitée de la Galerie ART EST OUEST, 22 cours Franklin Roosevelt à Marseille. 


La jeune artiste, actuellement en résidence à la Fondation Privée du Carrefour des Arts à Bruxelles, dont la reconnaissance dans le milieu de la peinture contemporaine s'affirme à chaque nouvelle  monstration de son travail, se voit proposer une exposition personnelle qui lui permet d'accrocher la plupart des oeuvres réalisées les quatre dernières années (période durant laquelle elle a obtenu un Master en Arts Plastiques à l'Université d'Aix-Marseille et un DNSEP à l'Ecole Nationale d'Art et de Design de Luminy, à Marseille).  

Nina Tomàs devant "Sens Uniques" -2016- six panneaux  200 x 150.

Avec cette peinture en six panneaux, vue en 2017 à la Fondation Yvon Lambert à Avignon, Nina Tomàs a remporté le prix  de l'ESADMM de Marseille. Cela pour dire la satisfaction que  l'originalité de son travail, ses qualités plastiques et esthétiques  aient été récompensées, d'autant plus que dans les écoles d'art françaises, ce n'est pas l'enseignement de la peinture qui a le vent en poupe, depuis quelques décennies. La suprématie de l'enseignement des arts multimédias n'empêche heureusement pas  la pratique de la peinture chez certains jeunes artistes, dont la démarche apparaît aujourd'hui comme un certain militantisme.
J'ai rencontré Nina Tomàs par le biais de l'Association Perspectives, à l'occasion d'appels à projets pour les expositions "Figure du double: métamorphoses" (2014-2015) et "Limites / Limites" (2016). Le soir du vernissage à la Galerie Est/ouest, plusieurs artistes membres de l'Association Perspectives étaient d'ailleurs présents pour soutenir le travail de Nina.

A gauche: "Sens Uniques VII" - 2017- 200 X 150 .   A droite: "Echange muet"  -2015-  175 x 50 et 210 x 75  

"Dame en piques" 2014 - 2015,  200 x 200

Les peintures, tantôt sur toiles tendues sur châssis et tantôt sur toiles libres, laissent parfois apparaître  la couleur grège de la toile de lin brute. Les compositions  intègrent divers matériaux, comme des collages ou des ajouts de tissus imprimés à motifs répétitifs et la manière de peindre associe diverses techniques et médiums: acrylique,  pastels, crayons, feutres, fusain,  graphite ... A priori, Nina Tomàs joue de l'accumulation des possibles pour les dompter, en démonter certains systèmes, les trier et choisir ceux  parmi  lesquels, par jeu de couleurs, de formes, d'échelles, elle peut tracer son chemin d'artiste peintre.

La profusion des matériaux et des techniques n'empêche pourtant pas l'oeil de circuler avec fluidité dans une multitude de parcours possibles, organisés sur la surface de la toile comme à la surface d'un épiderme, mais encore dans les couches plus intimes d'une anatomie qui se dévoile en tubes, organes, systèmes, masses de densités et d'élasticités diverses, jusqu'à révéler la matière dure ou l'os. 

Les aplats de peinture acrylique construisent des zones franches où le regard accroche.  Nina Tomàs excelle dans la composition.  Les couleurs semblent moins éclatées que déployées sur l'ensemble des six panneaux de "sens uniques", se propageant d'une toile à l'autre, s'appropriant les surfaces vierges  dans un mouvement d'expansion fluide qui a du souffle.   A la surface ou en périphérie de ces masses colorées qui focalisent le regard,  le dessin se concentre par endroit, créant des points forts d'intérêt, comme des noeuds.  On reconnaît souvent des anatomies, le corps mis à nu, écorché, révélant les organes internes que seule la douceur du grain du dessin peut esthétiser.  

Quel que soit le point où l'oeil accroche,  le regard est pris par le processus de la composition qui semble aller de l'avant dans un mouvement continu  passant par un  réseau de tubes, de fils, de formes qui ont  le don de s'estomper, de disparaître, pour  resurgir ailleurs. Une peinture dont le dessin  semble engendré par la matière support, s'y fondre, avant de muter et de perturber l'ordre momentanément établi.  Une oeuvre  qui  semble s'inventer au fil de la création, avec la même logique que  les jeux de cadavre exquis. 

Je recommande vivement à quiconque est touché par les quelques photos des oeuvres montrées ici de découvrir le travail de Nina Tomàs sur place, avant le dimanche 29 octobre.  Ensuite, Nina rejoindra la résidence d'artiste de Bruxelles où elle a, pour une durée de neuf mois,  un bel atelier à sa disposition.  
Pour découvrir et suivre le travail de l'artiste, il faut visiter son site: http://www.ninatomas.com/

 Oeuvre pour laquelle je n'ai pas relevé le titre...

 "Fuite paradoxale" -2014- gravures de 40 x 40, pointe sèche et graphite sur papier japonais


"Arrêt maniaque" -2016-  105 x 160, dessin sur papier (crayons, feutre, pastels, fusain, collage)

"Arrêt maniaque", détail

Quelques liens utiles:
Galerie Est/Ouest, 22 cours Franklin Roosevelt à Marseille: http://art-est-ouest.org/


dimanche 15 octobre 2017

de sel et d'eau, Exposition au 200rd10 à Vauvenargues

Hier soir, vernissage de l'exposition "de sel et d'eau", chez Caty et Raymond Galle, au 200rd10,  route de Vauvenargues.  Quatre artistes :  Raymond Galle, peintre, Jean-René Laval, sculpteur, Bruno Privat, photographe et Axelle Remeaud, sculptrice.

L'exposition est visible jusqu'au 29 octobre 2017. Voir les horaires sur le carton joint, ci-dessous.



Les oeuvres des trois artistes, Raymond Galle, Jean René Laval et Bruno Privat visitent les grands espaces de Camargue,  sous des ciels immenses, une terre sans obstacle, écorchée, frottée de sel,  à vif comme une plaie, avec  croûtes et suppurations d'eaux salées, stagnantes aux matières et aux couleurs étranges  que les vents balaient copieusement. Une terre érodée par l'eau, le sel et le soleil. Peu de végétation pour l'étranger qui ne (re)connaît pas la variété du milieu et l'appréhende dans sa globalité.  Là, des piquets de bois font des haies que l'on prendrait parfois pour une végétation qui rythme et délimite les espaces.


 Les photos de Bruno Privat
 Photo de Bruno Privat
 A gauche, photos de Bruno Privat, sculptures de Jean-René Laval et peinture (techniques mixtes avec fusain) sur papier affiche de Raymond Galle
 Raymond Galle
 Détail d'une peinture de Raymond Galle sur toile

Jean-René Laval,  deux "Bucranes", bronze & sel, os

 Sculpture de Jean-René Laval , "Brucane I", sel, os, miroir


Au deuxième étage un travail un peu atypique dans cette exposition, les sculptures et installations d'Axelle Remeaud.
L'apparence quelque peu précieuse de ces objets mi-fantastiques, mi-érotiques, d'une esthétique surréaliste suggéraient les Cabinets de Curiosité, alliant force onirique et délicatesse plastique.
  



A voir jusqu'au 29 octobre, 
200 rd 10, sur la route de Vauvenargues. 
Les Lamberts
13126 VAUVENARGUES

quelques liens vers les artistes:
Raymond Galle
Jean-René Laval
Bruno Privat (pour comprendre sa technique photographique)
Axelle Remeaud

lundi 9 octobre 2017

Ethiopie, autour du monastère de Däbrä Libanos - photos de Florence V.

Comme une fenêtre ouverte sur le monde,  une forme de voyage par procuration.
Chaque fois (ou presque) que je reçois des photos de mon amie d'enfance, Florence V. qui vit depuis quelques années en Ethiopie, j'essaie de montrer celles qui sont le moins intimes.  Le 4 octobre, Florence m'envoyait des photos prises autour du monastère de Däbrä Libanos  à plus de cent kilomètres au nord d'Addis Abéba.  La campagne est magnifique en cette saison, écrit-elle, ici c'est le printemps, des fleurs partout, un vert (des verts) hautement saturé !






J'aime ces correspondances des antipodes, la sève qui se retire ici et rejaillit là-bas, la relativité et le cycle de vie perpétuel  de la nature.


Religieux au bord de la route.


Le pont construit par les Japonais au-dessus du Nil bleu (qui est plutôt très marron) dans sa boucle éthiopienne avant d'arriver au Soudan où ses eaux se mélangent à celles du Nil blanc. A cet endroit, il parcourt une gorge qui est la plus spectaculaire d'Afrique, comparable au Grand Canyon d'Amérique par sa profondeur.
 

Le singe Gélada (babouin Gélada), endémique des plateaux éthiopiens, passe les 2/3 de son temps à manger de l'herbe.








Pour en savoir davantage sur ce monastère, on peut lire cet article sur Wikipedia

lundi 2 octobre 2017

Nous resterons sur la terre qui est quelquefois si jolie ...










Titre emprunté à Boris Vian. Fin du premier couplet "Quand j'aurai du vent dans mon crâne"