jeudi 15 juin 2017

Robert BLANC, exposition Galerie Patrick BARTOLI


Hier soir, vernissage émouvant rue Sainte, pour l'accrochage des oeuvres de Robert BLANC (1949 - 2016), dans la galerie de Patrick Bartoli. Des amis artistes, des fidèdes, le galeriste Jean KLEPAL  qui exposa Robert dans sa galerie de La Gare de Bonnieux, une des filles de Robert Blanc, Inari, styliste installée à Marseille et beaucoup d'amateurs étaient venus rendre hommage à l'artiste.

Des oeuvres dessinées à l'encre sur papier, des caissons lumineux et des reliefs en balsa incrustés de   marqueteries en bois de pin,  réalisés sur une période de presque vingt ans. 


L'oeuvre de Robert BLANC est singulière, il s'est fabriqué une Cosmogonie, un mythe des origines inspiré des arts  et des civilisations premiers. Il montre la naissance de l'humanité et le récit de ses aventures.


caissons lumineux
Détail de dessin à l'encre sur papier marouflé sur bois de balsa




Pinceaux et traces d'encre sur papier buvard

Pour lire plus d'informations et voir davantage d'oeuvres, il faut aller sur le blog de Robert BLANC:
http://robertblanc.blogspot.fr/
 et regarder ce film tourné en 2008 pour la galerie Lélia Mordoch, sa galerie parisienne. Robert y présente certains de ses travaux (Si je ne m'abuse, on aperçoit furtivement son ami Jean-Jacques Ceccarelli au début du film)


Vidéo réalisée à l'occasion de l'expo "Tattoo", galerie Lélia Mordoch

Robert BLANC

Exposition du 15 juin au 8 juillet
Galerie Patrick BARTOLI
81, rue Sainte
13007 Marseille
04 91 54 20 17  -  06 22 02 62 04
 
Quelques liens:
Galerie Patrick Bartoli: http://www.patrickbartoli.fr/fr/
 

Pas perdus, Marseille

 A gauche le Mucem, à droite la Major, derrière l'Evêché, si, si ...
 La Major, de dos, en retard pour voir passer les Beatles
 Open bar à un coin de rue
 Vers le Vieux Port marche à l'ombre
Traversée du Vieux Port en ferry-boat cinquante centimes

vendredi 9 juin 2017

Robert BLANC exposition galerie BARTOLI (Marseille), juin - juillet 2017

La galerie BARTOLI  propose la première exposition des oeuvres de Robert BLANC depuis son décès.  Je suis personnellement heureuse de cette occasion de voir et de revoir  le travail de Robert et qu'un  hommage lui soit rendu par une galerie.  
Exposition du 15 juin au 8 juillet

VERNISSAGE le 14 juin de 17h à 21h 

Galerie Patrick BARTOLI
81, rue Sainte
13007 Marseille
04 91 54 20 17  -  06 22 02 62 04

Ci-dessus, "La Danse", six figures dessinées à l'encre de chine sur papier, marouflées sur un volume en bois de balsa. 36 x 16 x 3,5 cm (pièce).  2007

Ci-dessous, une sculpture de la série "Déesses", marqueterie de bois, 24 x 24cm. 1998
Plus d'informations sur le site de la Galerie Patrick BARTOLI

vendredi 26 mai 2017

Seasick Steve, Espace Julien, Marseille ( 23 mai 2017)



La salle de l'Espace Julien était comble pour accueillir Seasick Steve et son batteur, qui, à deux,  produisent un son plein, rythmé et généreux ! Il s'est étonné d'un public si nombreux alors qu'il n'était jamais venu à Marseille auparavant ... Un public quelque peu "wild" par moments ... (je confirme; "wild" et même parfois "lourdingue"!).  Côté scène, Seasick Steve est  chaleureusement sympathique et il offre tout ce qu'il peut au public ... Il invite une spectatrice à le rejoindre sur scène pour lui chanter personnellement sa ballade sentimentale, et repart ensuite de plus belle dans des morceaux diablement énergiques, les amplis jetant le son au maximum...
Quelqu'un (du Rugby Club de Six-Fours (je l'en remercie)) a filmé la première partie du concert et l'a mise en ligne sur youtube. On peut y accéder par ce lien :
https://www.youtube.com/watch?v=ipcZRmUfT8M

Post-scriptum : pour Maurice !

jeudi 18 mai 2017

Ce cher Baudelaire

Les Fleurs du Mal - 1857



Ciel brouillé
On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ? 
poème inspiré par Marie Daubrun 
Le Poison
Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
      D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
      Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.


L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
      Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
      Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au delà de sa capacité.


Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
      De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
      Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.


Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
      De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,
      Et charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort!

poème inspiré par Marie Daubrun 

XXXVII 
 "Que diras-tu"
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?

[...]

John Cale, "Fear is a man's best friend"

John Cale,   "Fear is a man's best friend", album Fear, 1974

lundi 15 mai 2017

Noir Désir, "A ton étoile" - 1997


Julien Clerc, "Ma préférence" - 1978

juste un souvenir d'enfance. J'adorais cette chanson quand elle est sortie.


Serge Gainsbourg, "Boomerang" - 1975



Un enregistrement studio qui n'a été révélé qu'en 2000 par une reprise d'Etienne Daho

"Comme un Boomerang" , avec Dany


Serge Gainsbourg, Initial BB - 1968



Françoise Hardy, "Mon amie la rose"



Dans la tradition du carpe diem de la Renaissance ....

Pierre de Ronsard (1524 - 1585)
Mignonne, allons voir si la rose



Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait  déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vôtre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

              A Cassandre 

"Le tourbillon de la vie", chanson extraite de Jules et Jim de François Truffaut, 1962 - Jeanne Moreau


Boris Vian, la complainte du progrès, 1956

... inventaire visionnaire !

dimanche 14 mai 2017

Exposition Denise Fernandez Grundman, galerie Vincent Bercker

Vendredi soir, 12 mai, on a retrouvé Denise Fernandez Grundman, chez Vincent Bercker, pour le vernissage de l'exposition de ses dessins et gravures, après la publication d'une monographie de son travail. 
L'exposition est à voir jusqu'au 27 mai.  


 Denise Fernandez Grundman, Pablo Fernandez ( son mari) et Georges Guye

La monographie, Denise Fernandez Grundman, Peintures, Dessins, Gravures (Editions Histoires Gravées)  écrite par Françoise Lott, est disponible chez Vincent Bercker.  

Denise Fernandez et Vincent Bercker m'ont fait l'amitié de reprendre en partie un texte que j'avais écrit en août 2012 à la demande du Musée Mac Arteum de Châteauneuf-le-Rouge, à l'occasion de l'exposition "Traits...intimes",  je le cite à mon tour : 
"Répéter, que les visages de Denise Fernandez-Grundman, qui ne sont pas des portraits, qu’elle dit peindre d’imagination, semblent émerger  du noir de l’encre, parmi les entrelacs de fils dénoués  qui l’aident à trouver le chemin de son histoire intime, de son père disparu. Ce visage du père (mais aussi d'autres visages) qui  semblait perdu dans un  labyrinthe  que la conscience ne peut aider à trouver, mais que la mémoire du  geste, comme une caresse fugitive et nerveuse sur le papier espère capter; qu’un coup de burin, qu’ une entaille dans la plaque de cuivre pourrait révéler au cours du processus lent et un peu aléatoire de l’encrage et du tirage.  Quand on a perdu, pour retrouver, on se  prend  toujours à espérer en un heureux  hasard, que l’on ne cesse de provoquer. "
Pour lire la totalité de l'article publié en août 2012, c'est ICI

Exposition du 10 au 27 mai 2017
Galerie Vincent Bercker
10, rue Matheron à Aix-en-Provence
du mercredi au vendredi de 15h à 19h et le samedi de 10h à 12h30 et 15h à 19h
 

samedi 13 mai 2017

Pergolesi, Stabat Mater (1736)





Le Stabat Mater  écrit par Pergolesi en 1736, deux mois avant sa mort ( il avait 26 ans), dans le monastère de Pouzzoles. 

Corneille aux Tuileries


mercredi 10 mai 2017

Y.A.S. Azza


Y.A.S. : Mirwais Ahmadzaï et  Yasmine Hamdan
Album "Arabology" sorti en 2009
https://www.youtube.com/watch?v=nArE5lBpSIM

Découverte / la bande son du film "Je danserai si je veux", Maysaloun  Hamoun

Minimal recordings - Ya Jarata (Nazem el Ghazali) - Dany Baladi

 Nazem el Ghazali était un artiste Irakien
Dany Baladi qui reprend ce morceau est Libanais, né à Beirut.
Pour lire quelques détails sur cet enregistrement :

https://soundcloud.com/zeidhamdan/dany-baladi-ya-jarata

découverte / film "Je danserai si je veux" de Maysaloun Hamoud

lundi 1 mai 2017

Le temps suspendu


Dans le jardin abandonné du vieil hôpital au bout de la rue ces volumes se balancent pesamment  au bout des câbles ces restes d'un éclairage ressemblent à présent à des pendules suspendus ils donnent la mesure du  temps passé en fait ils semblent même figés  morts le temps présent me pose des problèmes de temps de fuites futiles de finitude de temps perdu une épée suspendue.

jeudi 27 avril 2017

Nouvel album de Mark Lanegan, "Gargoyle" ... mes impressions à propos de "Nocturne" et "Beehive"



Le dixième album de Mark Lanegan, Gargoyle sort chez  Heavenly Recordings (Londres).  En avant-première on peut écouter deux titres, "Nocturne" (piste 2) et "Beehive" (piste 4) sur les dix que compte l’album. Enthousiasmants !   Autre actualité,  début juillet, la parution d’un livre écrit par Mark Lanegan,  I Am the Wolf, Lyrics & writings (Da Capo Press). Seule la liste des concerts annoncés  me tire des soupirs de déception ... rien à proximité, pour le moment.  En attendant (impatiemment) de recevoir l’album précommandé chez Heavenly Recordings, je fais cette tentative, à ma petite mesure, d’écrire ici mes premières impressions ... c'est un risque que je prends...




Grille en fer forgé noire sur carré blanc et calligraphie rouge sang, c’est la pochette de l’album. Il y a dans cette apparence  épurée une force visible (la grille)  et une tension (les rapports  colorés, noir-rouge/blanc) qui ouvrent  sur un champ de possibles, informulés (la vacuité de l’espace blanc), fertiles pour l’imagination, une transcendance.  Minimalisme contemporain relatif cependant, car le nom Gargoyle (gargouille) et la calligraphie assument l’héritage gothique des troubadours, des chevaliers en quête d’aventures des chansons de geste (j’y reviendrai).  En attestent les épées dressées, autant d'aiguilles ou de flèches, qui composent la grille en fer forgé au bas de la pochette qu’il faut prendre en considération, puisque la première de couverture de I Am the Wolf, écrit par Mark Lanegan,  confirme ces choix chromatiques (noir-rouge/blanc) et les symboles de la croix et de l’épée.  Cette image réussit à concilier un espace fermé et un espace ouvert, à jouer de l’ombre et de la clarté, à l’image de la musique du Mark Lanegan Band ciselée comme des bijoux dans le roc(k) le plus noir.


La poésie  des  morceaux "Nocturne" et "Beehive", croise  des images  aperçues dans des flashs lumineux, visions quasi fantastiques propices à une rêverie contemplative avec des émotions qui jaillissent comme  l’eau glace le dos - "a spot of chrome along my spine"-  et le sang chauffe la tête - "in my head buzzes a bee’s nest".  Obsession de la couleur rouge - "Red lights" ("Nocturne")   et du sang - "blood stained indecision" ("Nocturne"), "Blood rushing up from a fountain" ("Beehive"),  c’est aussi la couleur des trois mots  "Mark Lanegan Band", comme trois gouttes de sang sur le blanc de la pochette de l’album, comme les trois gouttes de sang sur la neige, qui  fascinent le chevalier Perceval (un des chevaliers de la Table Ronde, dans la légende du Roi Arthur).  Dernièrement,  la vidéo officielle de "Beehive" (dirigée par Zhang + Knight) confirme pour moi cette impression première, du jeu visuellement fascinant  du rouge sur le blanc, jusqu’à l’obsession (portée par la rythmique de la musique). Dans le conte de la légende arthurienne, Perceval est  absorbé par les trois gouttes de sang sur la blancheur de la neige  au point qu’il "passa tout le petit matin à rêver sur ces gouttes de sang, jusqu’au moment où sor­tirent des tentes des écuyers qui, en le voyant ainsi perdu dans sa rêve­rie, crurent qu’il sommeillait". Magnifique épopée et merveilleux texte du Conte du Graal écrit par Chrétien de Troyes au XIIème siècle (traduction de J Ribard pour les éditions Honoré Champion) dont le souvenir s’est imposé parce que le sang est récurrent dans maintes chansons de Mark Lanegan et parce que l'album, par son titre, Gargoyle fait référence au Moyen-Âge. Pour Perceval,  "le sang uni à la neige lui rap­pelle le teint frais du visage de son amie, et, tout à cette pen­sée, il s’en oublie lui-même"... D'une autre manière,  Lanegan écrit , "Honey just gets me stoned"... "Honey" pouvant aussi bien s'entendre comme une manière tendre de nommer la femme aimée, ou comme une métaphore de la  drogue, de l'alcool etc... partageant un même pouvoir de fascination et de capacité à "faire s'oublier" celui qui s'y abandonne.


"Nocturne" (piste 2),  le morceau démarre sur une cadence  urgente,  tenue du début à la fin, superposition d’instruments électroniques, de percussions, de basses et de guitares qui claquent.  Ultra grave sur le premier couplet, la voix de Mark Lanegan égraine les mots qui peignent le tableau  sombre de cette scène nocturne (à l’opposé du blanc de la pochette) rompue par des  lumières qui n’ont rien de solaire, lumières rouges, visions aux rayons X et lumières noires, qui  projettent des images figées, composées comme des natures mortes, roses dans un vase, lettres, miroirs, ancre, chaîne et crucifix. Dans une tonalité un peu plus haute, introduisant  une polyphonie, la voix du refrain lance un chant plaintif, "Do you miss me, miss me darling ? / God knows, I miss you"... avant d’évoquer des scènes tragiques, alternativement, collisions de trains, de voitures ... ou de fin du monde. Dans les ténèbres du milieu de la nuit, on ne sait ce qui altère la perception de la réalité, la drogue, le mal-être, les rêves ? ... les visions  fantastiques s’animent d’un bestiaire rampant, serpents,  araignées, qui diffusent leur venin.  La nuit renvoie l’homme à une solitude nostalgique, à moins que ce ne soit la solitude qui le plonge dans une noirceur parcourue de visions  lancinantes et morbides ?

 Et cela résonne, pour moi, comme certains vers que le poète Guillaume Apollinaire écrits à son amante Lou,  depuis le front, pendant  la guerre de 14-18, quand incertain de son avenir, pris dans le feu des tirs d’obus, il pense à elle.  Mais, Lou se souviendra-t-elle aussi de lui, après la vision du  "fatal giclement de [son] sang sur le monde" ? ("Do you miss me, mis me, Darling? / Do you know  I'm missing you" - "Nocturne" - Mark Lanegan)

 " L a nuit descend
   O n y pressent
   U n long un long destin de sang "

" Si je mourais là-bas", Poèmes à Lou, Apollinaire, 1915
Et dans  "Nocturne " :
"Red Lights, X-ray vision
A lonely drug is in my veins
Blood stained indecision
Holiness is burned away
Midnight, midnight calling
Color me insane"

Rapprochement très personnel en fonction de mes goûts (et de la limite de ce que je connais) ... Si Apollinaire est tout à la fois  un poète de l’ombre, il est aussi celui de la lumière solaire, Mark Lanegan demeure plus grave et plus ténébreux, à cela près que le tempo rock de "Nocturne"  fait entrer la lumière par flashs où la  tension électrique déchire la noirceur des mots.   
 "Beehive", Mark Lanegan Band, Gargoyle (04/28/2017)
"Beehive" (piste 4) s’ouvre sur le vrombissement d’un essaim d’abeilles, référent bucolique suggéré par le titre (la ruche), mais bourdonnement semblable,  encore, au grésillement que l’on entend quand on se tient sous une ligne électrique à haute tension !  La cadence nerveuse des instruments, courant sur la ligne de crête d’un bout à l’autre du morceau, ne laisse en effet pas de répit. La nuit ( voir "Nocturne") cède le pas à la pénombre d’un coucher de soleil traversé d’étincelles, dans "Beehive".   Le monde extérieur est vu depuis l’encadrement une fenêtre, "suddenly alone in a beehive" [...] "I drag my chair to the window" [...] "Press my body against the window". Paysages de montagnes, d’eau bleue, fraîche apportent ici un apaisement relatif, comme la présence sucrée du miel dans la lumière mourante d’une fin de journée d’été.  "Beehive" semble être un texte plus lumineux, manifestant un certain apaisement par rapport à celui de "Nocturne".

Voilà pour le moment, l’album Gargoyle sort demain, vendredi 28 avril 2017 !

Mark Lanegan est un chanteur, auteur, compositeur américain originaire de Seattle, dans l’état de Washington, installé depuis des années à Los Angeles. Sa carrière a commencé en 1984 comme membre du groupe des Screaming Trees qu’il quitte pour une carrière solo en 1990. Cela ne l’empêche pas de collaborer à un nombre impressionnant de projets, avec  des artistes américains comme des musiciens européens (lire plus d’infos ICI). 
L’album Gargoyle a été co-écrit avec le musicien anglais Rob Marshall.  On dit que Mark Lanegan est plus connu en Europe qu’aux Etats-Unis, en tout cas, la plupart des musiciens du Mark Lanegan Band sont Anglais et Belges.  Gargoyle est produit par Alain Johannes et sur l’album sont crédités : Mark Lanegan (vocals), Alain Johannes (guitars, keyboards, bass, percussion), Rob Marshall (guitar, keyboards, drum, programming), Aldo Struyf (keyboards, percussion), Duke Garwood (guitar, horns), Martin LeNoble (bass), Frederic Lyenn Jacques (bass), Jack Irons (drums), Jean-Philippe de Gheest (drums), Greg Dully, Josh Homme, Shelley Brien (backing vocals). [lu sur la page 24 de UNCUT magazine, à paraître en May 2017].  Sans oublier le guitariste Jeff Fielder qui accompagne souvent Mark Lanegan. 
F. L.

Quelques liens pour lire et écouter  plus loin :
Le site de Mark Lanegan

Un livre en français, le seul paru, semble-t-il, consacré à Mark Lanegan, et qui vient de sortir. Je l’ai acheté et pas encore lu, mais ça ne va plus tarder ! Rien que le titre me semble cerner de bonnes  problématiques ...  Mathias Moreau, Visions de Mark Lanegan, essai biographique au regard de l’émancipation, éditions Masters at Paradise, collection Main Man, 2017

La rubrique Wikipédia

La maison de disque Heavenly Recordings / Mark Lanegan

jeudi 13 avril 2017

"Loup d'avril", Lionel Sabatté - 2012

Vue hier au Mucem ( Musée des civilisations et de la Méditerranée - Marseille), cette sculpture de Lionel Sabatté intitulée "Loup d'avril".


Ce loup est fabriqué à partir de moutons de poussière collectés dans la station de métro parisienne Châtelet en avril 2012.  Outre l'idée plaisante que le loup est composé de ce dont il se nourrit, à savoir des moutons, Lionel Sabatté se détourne des matériaux traditionnellement utilisés dans l'art vers les matières résiduelles, les déchets, les ordures ...
L'exposition dans laquelle son oeuvre est montrée s'intitule d'ailleurs "Vies d'Ordures".
Sans penser que sa démarche soit au départ, un souci d'écologie, Lionel Sabatté est toutefois régulièrement  curieux de tout ce qui constitue les traces et scories laissées par le corps vivant en perpétuelle mue et les accumulations de poussières. Je pense aux papillons qu'il répare avec des rognures d'ongles et de peaux mortes... (voir le lien vers le site de l'artiste, au bas de l'article).
Je me souviens de son travail exposé au musée Mac Arteum de Château-Neuf-Le-Rouge, "Charbons fertiles" à voir ICI  et de ses sculptures dont les photos sont disponibles sur son site, à voir LA.

En regardant "Le loup d'avril", on ne peut ignorer cette oeuvre conjointe de Marcel Duchamp et de Man Ray datant de 1920, "Elevage de Poussière", qui situe encore le travail de Lionel Sabatté dans  la perspective de l'histoire de l'art des XXème et XXIème siècles.


Et pendant ce temps, hier,  à l'extérieur du musée, les enfants du quartier profitaient du beau temps et  des premiers bains de la saison,  rites initiatiques et ménage de printemps ...

Le site de Lionel Sabatté : http://lionelsabatte.org/

Le site du Mucem: http://www.mucem.org/programme/exposition-et-temps-forts

Le site du Mac Arteum, musée de Château-Neuf-Le-Rouge : http://s451049967.onlinehome.fr/macArteum/

jeudi 6 avril 2017

Ange


"Beds are Burning", Midnight Oil


Extrait de l'album Diesel and Dust 1987

"Burning of the midnight lamp", Jimi Hendrix

The Jimi Hendrix experience - 1967

"Elegie #2 ", Daniel Darc

Extrait de l'Album Crève Coeur, 2004


Version live de cette chanson, autre instrumentation :


... rappel d'un concert à Istres, le 23 novembre 2012, quelques mois avant sa disparition ... RIP
http://imagesentete.blogspot.fr/2012/12/je-me-souviens-daniel-darc.html

"J'écume", Alain Bashung

Dans l'album Osez-Joséphine,  1991

lundi 3 avril 2017

Stephan Fernandez expose à galerie "Les Frangines", à Toulon

Lisa et Davia, "Les  Frangines", ont ouvert sur Toulon, il y a quelques mois, une galerie d'art qui voit son succès grandir au fil des expositions. A l'intersection de la rue de Pomet et de la rue des Arts,  dans la basse ville, près de la Maison de la Photographie, la rue connaît aujourd'hui une métamorphose. L'ouverture de plusieurs galeries transforme le quartier et j'ai ressenti un intérêt sincère et une certaine fraîcheur dans l'enthousiasme des visiteurs nombreux et pour la plupart jeunes, le soir du vernissage.  Il y a de quoi se réjouir et avoir envie d'être solidaire de l'aventure  qui se veut à la croisée des possibles, à la fois atelier d'artiste et galerie.

Invité dans cette exposition collective, Stephan Fernandez expose des toiles de grand format 167x114cm,  jusqu'au 28 avril.  Retrouver les infos de la galerie sur leur site facebook : https://www.facebook.com/LesFranginesetvous/


Stephan Fernandez travaille avec les matières, la couleur  et le temps.  
Les toiles, chargées de matières minérales et de pigments, donnent l'impression de mettre sous nos yeux des pans de vieux murs délabrés qui, comme le dit ce vers de Rimbaud, exhiberaient "[...] un fouillis de vieilles vieilleries", que le poète contemple avec une tendresse émue.  Lui, Rimbaud, termine son poème "Le Buffet" sur ces trois vers:

-Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires
Et tu voudrais conter des contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.
  "Le Buffet", octobre 1870- Les cahiers de Douai - Arthur Rimbaud

Pareillement, les peintures de Stephan Fernandez nous content des histoires, elles sont des livres ouverts.  Comme les grandes portes d'un buffet, elles donnent à lire des signes gravés dans l'épaisseur de la matière. Signes constants, à l'instar des dessins tracés sur les parois des grottes depuis la nuit des temps, mais renouvelés à chaque génération d'enfants, à l'identique. Signes de tous les âges et donc  signes sans âge,  antérieurs à l'apparition des langues, ils parlent à l'homme comme les mythes.

Dans les toiles de Stephan Fernandez,  ce qui est à la surface ne peut pas être confondu avec le superficiel, mais procède au contraire de la  remontée des couches profondes, qui par quelque retournement de situation, par quelque hasard de l'histoire et volonté de l'artiste sont ramenées à la surface.  La toile est comme une paroi blessée, pelée, "comme une cicatrice de la nuit / Et qui n'en finit pas de se rouvrir". ( Léo Ferré, "Cette Blessure")

La saignée, la déchirure, la fente, l'écorchure, la fracture, la faille, la fissure sont des accidents naturels dans le paysage, mais des gestes volontaires chez l'artiste.  L'artiste, quand il crée, provoque le hasard, il ne le subit pas, il le guette, le prépare,  le retient, le provoque,  reconnaît quand il lui est utile et nécessaire et nous le rend visible. Le travail  de l'artiste disparaît et ne livre à nos yeux que son évidence, quand il est terminé.
Les couleurs sont aux émotions, ce que la matière est à la sensualité, ici elles sont tendres et vives, acidulées et fraîches comme un printemps, mouillées, rugueuses, blanchies comme la pierre au  soleil d'été, écorchées comme un genou qui saigne, brûlées comme un charbon de bois.
Les murs ont des oreilles et les toiles racontent des histoires,  bouches ouvertes par où "les couleurs et les sons se répondent". ( Baudelaire, "Correspondances")
Il faut voir cette exposition, jusqu'au 28 avril, galerie "Les Frangines", à Toulon.  Pour plus de renseignements cliquez ici: https://www.facebook.com/LesFranginesetvous/?hc_ref=PAGES_TIMELINE

Le site de l'artiste: https://copito.carbonmade.com/



Si on veut écouter la chanson de Léo Ferré, "Cette Blessure"