jeudi 29 mai 2014

Philippe Pujol, prix Albert Londres 2014, interviewé sur Zibeline ( webradio)

Le 12 mai dernier, Philippe Pujol, journaliste de La Marseillaise a reçu le prix Albert Londres de la presse écrite.
Alain Paire, chroniqueur pour radio Zibeline, l'a rencontré. On peut écouter l'entretien sur le site web de la radio.  C'est ici, dans "l'entretien de la semaine".

Philippe Pujol est journaliste à la Marseillaise depuis dix ans, c'est un localier qui a travaillé sa plume en tant que "faits diversier", avec comme modèle du genre, l'écrivain Félix Fénéon  auteur de Nouvelles en trois lignes ( accès à un choix de textes en pdf, ici).
Le prix qui vient de lui être décerné, récompense une série de onze articles publiés durant l'été 2013, Quartiers Shit, couvrant l'actualité marseillaise à travers celle des quartiers nord.   Il y a quelques jours encore les articles étaient accessibles sur le web, avant que leur lecture ne soit "réservée"... Il est d'autant plus intéressant d'écouter ce que Philippe Pujol peut en dire quand il répond aux questions d'Alain Paire.

Et puis, par plaisir et pour continuer d'évoquer la cité phocéenne, on écoutera ces deux titres de Nevche ( Frédéric Nevchehirlian, auteur compositeur marseillais), "Vas-tu freiner ?" et " Rétroviseur" tirés de l'album éponyme, sorti en mars dernier.


"vas-tu freiner ?", Nevche, Rétroviseur, mars 2014


"rétroviseur", Nevche, Rétroviseur, mars 2014

lundi 26 mai 2014

Claire Laude, deux expositions photos à Marseille (13) et à Vendôme (41)

(expo n°1 )
Printemps d’Art Contemporain de Marseille
La Rétine Argentique, 85 Rue d’Italie, 13006 Marseille, France
Vernissage vendredi 30 mai à 18h
exposition  du 29 mai au 21 juin 2014
renseignements au 04 91 42 98 15



 (expo n° 2)
10e édition des Promenades photographiques
Promenades photographiques de Vendôme
du 20 juin au 14 septembre
vernissage le 20 juin à 18h30

( voir les infos sur Vendôme (41) en cliquant sur lien ci-dessous)


You can see some pictures of the series “When water comes together with other” by PhasesMag :



vendredi 23 mai 2014

exposition à la Maison du Don à Aix-en-Provence, jusqu'au 31 août 2014




ACTUELLEMENT DANS VOTRE MAISON DU DON
C’est une première : ouvrir la Maison du Don aux artistes de la région et offrir aux 150 donneurs de passage chaque semaine la possibilité de regarder une exposition pendant le temps d’accueil et de collation.
En ce moment et jusqu’au 31 août 2014, cinq artistes du collectif
Perspectives invitent les visiteurs à « Prendre l’air… » .

 
Les œuvres sont comme des fenêtres ouvrant sur l’inconnu, invitant à suspendre l’instant présent, à se laisser aller au détour d’un regard sur les chemins offerts par la poésie d’une photo, d’un  montage numérique, d’un dessin ou d’une installation plastique.
Les techniques diverses, propres à chacun des artistes, semblent gonfler l’air que nous respirons et porter la mémoire à s’aérer.
Perspectives est une association loi de 1901 créée en 1967 par un groupe de plasticiens.
Son objectif principal reste aujourd’hui encore la contribution au développement d’un courant artistique et culturel par l’organisation d’expositions à thèmes, de conférences et de toutes autres manifestations susceptibles de faire connaître les différentes tendances de l’art de notre temps.

Maison du Don du Pays d’Aix
25, Bd. Aristide Briand 
– Aix en Provence
Du Lundi au Vendredi : 9h-17h – Samedi : 8h-14h
Bus : Arrêt Briand ou Pasteur


Vernissage le Samedi 31 Mai 2014
à 11h30 à la Maison du Don



LES ARTISTES
CAGLIARI
BERNARD  DESCHANEL
FLORENCE  LAUDE
RAPHAËL  MORIN
SONJA  FROMENT

Association Perspectives : 06 11 63 66 07

samedi 17 mai 2014

à propos d’une sculpture de Georges Guye



 Un carré de tissu blanc qui mollement enrobe.  Un carré sans carreaux, ce ne peut-être un mouchoir, bien qu’il en ait la dimension.  Et, bien que  parcouru de plis, il n’est tout de même pas froissé en  boule.  Ce n’est pas du fond de la poche qu’on l’extrait.  Il est  étiré, au contraire, et semble  se déployer de part et d’autre d’une dorsale bosselée.  Une fois et demie la longueur de ma main  depuis le pli du poignet jusqu’au bout des doigts.  Onze fois par jour j’en fais le tour, étirant la tête et le cou de gauche à droite, j’observe la « bête » et puis me soulève, ayant alors sur la chose, une vision verticale, plongeante. C’est vrai que vu sous cet angle, on dirait le dos d’une vache,  un pli descendant plus bas sur la patte arrière droite, le cuir épouse en remontant la forme des os depuis la hanche, en passant par le trochanter, jusqu’à l'ischion s’évasant vers le flanc en une jupe à plusieurs lés.  Il est vrai que le baril manquerait un peu de rondeur, pour une vache.  Le garrot est bien marqué et le cou plonge  dans un angle à quarante cinq degrés  jusqu’au chignon.  Rien de plus de ce côté-là.  On a perdu la tête, il faut bien l’admettre. Reprenons. L’onctuosité blanche et satinée de la matière tient du glaçage au sucre qui n’est pas sans évoquer la meringue du Calisson.  Une friandise aixoise faite de melon confit et d’amandes broyés ensemble, nappée de glace royale  sur fond de pain azyme. Je distingue sa forme de navette,  une navette qui aurait pris la mer et bravé la tempête.  Voile blanche gonflée par le vent, déposée à la cime de la vague.  La toile durcie comme une croûte de sel  fige la cambrure de la vague dans son élan et l’arrache définitivement  aux lois de  la pesanteur.  En suspension sur un pied, elle danse, d’une main fastueuse soulevant, balançant le feston et l’ourlet ; agile et noble avec sa jambe de statue.1 Femme,  statue, Sainte ou mariée moulée d’un satin blanc qui épouse un corps  vide.  Toute Victoire annihile celle qui est  vaincue, la digère et pour finir, la couvre d’un linceul blanc dans lequel on aura cousu sans fil et sans aiguille son ultime robe.  



1. « A une passante », Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire, 1857





Cette sculpture  «  Sainte Victoire », de Georges Guye,  35 X 15 x 22 cms  a été créée dans  les années 1980 - 85, quand  il habitait à Aix et qu’il avait son atelier  rue Aumône Vieille.   Il y en a plusieurs versions.  Jean-Pierre Sauvage avait organisé une exposition sur le thème de la Sainte-Victoire à laquelle plusieurs artistes avaient participé, dont Georges Guye.  Il avait prévu que cette Sainte Victoire  aurait pu faire l’objet d’une sculpture monumentale de cinq mètres de haut. C'est une petite oeuvre que j'aime énormément et que je regarde avec beaucoup d'étonnement et de plaisir, comme beaucoup d'autres sculptures de Georges Guye.  Il sait  si bien allier la légèreté de la matière et de la manière, avec humour et poésie. Je m'en suis emparée pour écrire un texte vagabond. Comme je le dis, je fais plusieurs fois par jour le tour de cette Sainte Victoire et ce n'est jamais le même voyage.

Aujourd’hui Georges Guye vit à Marseille. Son atelier est dans le périmètre de la Vieille Charité. 
Merci à Alain Paire. 
On peut retrouver d'autres articles sur Georges Guye en suivant ces liens





vendredi 16 mai 2014

La route du sel, Ethiopie


6h49 précise l’écran de mon ordi portable. J’ai pris cette habitude de regarder mes messages dès le matin  histoire de voir  si quelque chose de nouveau est arrivé pendant la nuit, une info dont il faudra que j’accommode ma journée ou une réponse à un courrier envoyé la veille. J'ai appris à aimer le rite qui consiste à faire les gestes pour se connecter,  pour aller aux nouvelles.  Aller aux nouvelles qui viennent à moi.  Pas dupe, " le plaisir le plus solide dans cette vie est le vain plaisir des illusions", écrit Giacomo Leopardi.  On attend rarement une surprise  et pourtant on l’espère, surtout qui nous inspire, surtout qui nous  transporte dans un ailleurs avec la grâce des papillons.  Sept photos  et quelques lignes de Florence qui vit cette année en Ethiopie.  Elle parle de la route du sel dont le point de départ se situe dans  de la dépression  du Danakil, entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Peu de chance de trouver un papillon vivant,  dans ce pays rongé par le sel, mais l'étrangeté des formes colorées est merveille. 

Quelques mots à peine de Florence, pour accompagner l'envoi. 

"Quelques photos du pays où je vis, prises en février dernier à la frontière avec l'Erythrée. Dans la dépression du Danakil, à -100 m sous le niveau de la mer, la chaleur est extrême et les paysages étonnants, volcaniques et colorés ou bien blanc étincelant.
Des hommes inlassablement cassent l'épaisse croûte de sel, transportée à des kilomètres de là sur le dos des ânes et des chameaux."
 Ces quelques mots suffisent. Les explications pour donner du sens, tout juste.  Ce qui me paraît surnaturel n'a pas besoin de mots qui cherchent à l'expliquer. Hors de ma réalité et du quotidien que je m'apprête à vivre à 6h49, ce matin, je laisse flotter les images et je les prends telles quelles. Que ce soit du sel, qu'il soit source de commerce, donne sens à la vie de ces hommes ( un sens probablement infernal pour gagner  tout juste de quoi survivre) n'est pas forcément utile dans l'instant où quelque chose de terriblement esthétique me surprend et me happe. Regard en surface.








Toutes les photos sont de Florence Vigor.
Je l'en remercie.  

Post-scriptum:  une lettre reçue plus récemment, me semble intéressante à intégrer dans le corps de cet article.  Florence y précise certains points, éclaire ses conditions de vie et surtout, la précarité des ouvriers et la fin programmée des caravanes.  


"J'aurais pu écrire un peu plus à propos de ces photos, mais bon, je fais tout dans l'urgence, le temps de connexion étant toujours insuffisant.  J'aurais pu aussi essayer de t'en envoyer d'autres pour que tu choisisses.  Bref, c'est très bien comme çà.
Ce qu'il faut que tu saches, c'est que ces sublimes caravanes de chameaux à l'allure altière et au pas régulier n'existeront bientôt plus dans ce coin d'Ethiopie.  Elles seront sous peu remplacées par des camions qui transporteront le sel.  En effet, une énorme route est en construction en plein désert.  Elle desservira des mines de potasse qui sont sur le point d'être exploitées exactement à cet endroit. La vie de la région, de la nature et de les homme va en être bouleversée très prochainement.
J'ai une fois de plus beaucoup de chance de pouvoir profiter de ce spectacle extraordinaire, des chameaux et des chameaux par centaines sillonnant étendues arides et montagnes, des hommes qui vivent dans un bout du monde aux conditions extrêmes et cette si précieuse denrée marchande que représente le sel.  Je ne sais pas si on voit bien sur les photos, ils le taillent selon des pavés aux dimensions précises puis en chargent les bêtes. 
Il y a dans cette même région, un volcan en activité, paraît-il magnifique, mais l'ambassade de France nous interdit d'y aller; déjà se rendre jusqu'au Dallol où j'ai pris ces photos comporte quelques risques, c'est une région frontalière de l'Erythée avec laquelle l'Ethiopie n'entretient plus aucune relation depuis le conflit des années fin 90, habitée par l'ethnie Afar qui n'est pas connue pour être tendre et conciliante.
Il faut que je quitte le cyber où l'on tape tous en rang d'oignons sur nos claviers, sur fond de suave musique éthiopienne...J'adore". ( Florence Vigor - mai 2014)


Précédents articles sur des photos de Florence Vigor,
Mozambique:
 http://imagesentete.blogspot.fr/2013/11/devantures-photos-mozambique.html
Paysages du Cameroun:
 http://imagesentete.blogspot.fr/2013/08/paysages-du-cameroun-photos-et.html