dimanche 28 avril 2013

Peinture, Musique, Jazz, et rythme, performance d'Alain Prévost

Un ami peintre et musicien, Alain Prévost, rencontré à l'occasion d'une exposition à Gardanne, l'année dernière, me fait connaître cette vidéo d'une performance dans laquelle il peint et joue de la musique jazz, avec sa bande.  A découvrir et à partager ... Pour en savoir plus sur ses projets, on peut visiter son site :  http://www.couleursjazz.org

Sous l'onglet "vidéo", je vous recommande d'aller au menu  "évènementiel" et  de visionner le film "historique du jazz à Marseille" par Mativi tv. 

PAPer'Art, papiers, art et techniques


Exposition du Gudgi, pour Paper'Art: Papiers, art et techniques, 

au Musée du Vieil Aix, rue Gaston de Saporta
Vernissage le mardi 7 mai à partir de 18H30
exposition jusqu'au 30 juin

artistes invités: Jean-Baptiste Audat, Baptiste Chave, Julie Dawid, Chiaping Lu, Jacques Mandelbrojt.

Anne Laure Fink, SM'ART 2013


L'artiste Anne-Laure FINK a été choisie par le Gudgi  (association des galeries d'art aixoises) dans le prolongement des manifestations Paper'Art Project,  "PAPiers ART  et techniques".  Elle montrera son travail de gravure sur le stand du Gudgi du 2 au 6 mai.  Pierre Vallauri a rédigé un article sur son blog : "Anne-Laure Fink is smart !" à lire absolument, pour l'article qu'Annick Pegouret a écrit à propos du travail de l'artiste: "les paysages de l'incertitude". 

Des expositions à retrouver au Parc Jourdan et en centre ville d'Aix, du 2 au 6 mai 2013. 

Et puis, le lien vers le blog du GUDGI  :http://gudgi.canalblog.com/
Et ce lien vers le site d'Anne-Laure Fink pour découvrir ses dessins et ses gravures: http://www.fink-dessins.com/



 

Le chez soi et l'ailleurs, l'autre côté du rêve, Arteum, musée de Châteauneuf-le-Rouge

La prochaine exposition du 
musée d'art contemporain, Arteum
Le chez-soi et l'ailleurs, l'autre côté du rêve.
Vernissage le 15 mai à partir de 18h.
Exposition dans le musée jusqu'au 27 juillet et dans le parc jusqu'au 27 octobre.

Les artistes invités:  
Pour l'exposition à l'intérieur - Gilles AILLAUD, Yves BELORGEY, Robert BLANC, Marie BOVO, Leïla BRETT, Hervé COQUERET, Marie DUCATE, Patrick EVERAERT, Valérie JOUVE, Bouchra KHALILI, Wolfgang LAIB, Philippe MAYAUX, Mathieu MERCIER, Guillermo MONCAYO-BARBAROSA, Martin PARR, Bernard POURRIERE, Claire TABOURET, Jennifer TEE, Tatiana TROUVE.
Pour l'exposition dans le parc: 
une commande spécifique d’œuvre architecturale, sous forme de dispositifs ponctuels, a été confiée au collectif d’artistes CABANON VERTICAL et
Joël BELOUET, Alain BRUNET, Sandro DELLA NOCE, Pascale MIJARES, Olivier NATTES, Benoît RASSOUW.

Pour en savoir plus sur la constitution de cette exposition qui s'inscrit dans le cadre du projet ULYSSES, un projet d'art contemporain, je vous invite à rejoindre la page  du site du musée qui vient d'être remanié:

dimanche 21 avril 2013

Yamakasi

Un ami me fait découvrir ce film sur une pratique sportive qui s'apparente à une discipline physique et méditative sur l'espace urbain, en l'occurrence Marseille: "Se débrouiller avec son corps dans tout type de situation..." Le film est réalisé par l'équipe de Mativi, chaîne marseillaise.  Cela vaut la peine de le regarder, tout est beau, les corps et les figures, mais aussi les prises de vues qui révèlent la beauté des espaces urbains de la cité phocéenne. Les pratiquants de cette discipline s'appellent "les traceurs"... tiens, ça me rappelle le dessin...
Le film a pour titre: Yamakasi parkour Marseille

http://www.mativi-marseille.fr/les-films/yamakasi-parkour-marseille.html,9,19,0,0,2383,2

mardi 16 avril 2013

exposition Louis Brauquier, galerie Alain Paire

Une exposition des peintures de Louis Brauquier, par ailleurs poète, à la galerie Alain Paire, du 18 avril au 18 mai 2013.  Vernissage le jeudi 18 avril à 18h. On trouvera un article sur le site de la Galerie Alain Paire en suivant ce lien: http://www.galerie-alain-paire.com/index.php?option=com_content&view=article&id=240:louis-brauquier-1953-qje-me-suis-mis-a-peindre-cest-passionnant-et-difficileq&catid=2&Itemid=3

lundi 15 avril 2013

10ème édition des Rencontres du 9ème art, Aix en Provence.

Cette année encore, c'est avec énormément de plaisir que j'ai parcouru les expositions proposées à l'occasion de cet événement bédés!  Je vous propose, en images, un petit aperçu de certaines d'entre elles...

L'Etranger, Albert Camus, Jacques Ferrandez

Vendredi matin, 12 avril, avant même l'ouverture officielle des Rencontres du 9ème art, j'avais pris rendez-vous auprès des services de la médiation culturelle du festival et obtenu une rencontre entre mes élèves de 1e littéraire du lycée Marie-Madeleine Fourcade (Gardanne) et Jacques Ferrandez qui vient d'adapter en bande dessinée l'Etranger de Camus, aux éditions Gallimard.  Je travaille avec eux la lecture de ce roman et je profite de cette toute récente adaptation pour mener une réflexion sur les réécritures ( objet d'étude au programme de la section littéraire).  Le monôme ayant lieu l'après midi même au lycée, plusieurs élèves ont choisi de venir déguisés dès le matin, ce qui n'était pas sans charme, ni sans a propos, selon les expositions que nous avons visitées !
Jacques Ferrandez a répondu aux questions préparées  par les élèves.  Familier de l'oeuvre de Camus dont il avait  adapté la nouvelle l'Hôte, les éditions Gallimard lui ont fait toute confiance pour réaliser une adaptation du roman l'Etranger, paru en 1942. La confrontation des deux oeuvres a permis aux élèves de percevoir les spécificités de chaque genre d'écriture. Les moyens et les exigences de l'écriture romanesque ne sont pas ceux de la bande dessinée et le recours à l'image, au découpage d'un récit en plans séquentiels entrecoupés d'ellipses narratives  impose aussi ses lois.  C'est ce qu'il a été passionnant d'étudier de près, en classe et sur place, avec le commentaire de l'artiste.
La scénographie de l'exposition permet de regarder une grande quantité de planches originales (dessins aquarellés) au format demi-raisin  sur lequel Jacques Ferrandez travaille.  En regard de ces planches, on peut voir une reproduction des pages telles qu'on les feuillette dans l'album, avec ajout des textes (phylactères) et reprise des couleurs par ordinateur.
Des objets et des reproductions de textes de Camus (Le fonds Camus est conservé aux Archives de la Bibliothèque  Méjanes) .   On peut même entendre le texte du roman lu par Camus. Cette exposition est à voir, à l'intérieur du Hall de la Méjanes, jusqu'au 27 avril.
Un lien vers un site qui reprend  nombre des réponses que Jacques Ferrandez avait pu faire aux questions préparées et posées par les élèves:
http://www.onlalu.com/site/rencontre-avec-jacques-ferrandez/

Herr Seele, Cowboy Henk, cité du livre

Les éditions Fremok viennent de traduire en français les aventures du Cowboy Henk, personnage créé par Herr Seele (prononcer Zile), auteur flamand, très connu en Belgique. Le Héros Henk est un personnage au physique de Monsieur Propre, mais totalement déconcertant, mi-adulte, mi-enfant, mi-intelligent, mi-stupide et naïf.  J'apprécie cet humour totalement décalé, un univers graphique qui emprunte au réalisme de la bande dessinée européenne classique, mais aussi à la peinture surréaliste d'un Magritte, mais aussi aux comics américain ou encore à un Roy Lichtenstein.  Les références sont autant du côté de la BD que de la peinture.
Pour preuve, cet autoportrait de Herr Seele ...
en dédicace....et bien vivant!
En résidence à Aix et plus précisément à l'Atelier Cézanne, Peter van Herseele a réalisé cette toile-installation monumentale.  Ce qui m'a intriguée, c'est que j'ai commis une erreur d'interprétation au premier coup d'oeil, y voyant  des références aux Demoiselles d'Avignon et à l'Arlequin de Picasso, avant de réaliser qu'il s'agissait bien évidemment exclusivement de citations d'oeuvres de Cézanne. (Cela ne faisant que confirmer à quel point, dans la première décennie du XXème sciècle, Picasso avait regardé l'oeuvre du "Maître" et la connaissait !).  C'est bien entendu les Grandes Baigneuses  et le portrait de son fils Paul en Arlequin que nous voyons ici.  Cowboy Henk est assis dans le fauteuil d'Achille Emperaire(qui est aussi celui dans lequel est assis le père de Cézanne)!  Herr Seele figure au côté de Cézanne, l'un tenant la palette et l'autre le pinceau (appréciez l'humour).  Au premier plan,  les visiteurs familiers de l'Atelier Cézanne reconnaitront les objets que l'on peut y trouver, qui sont  représentés dans ses natures mortes.  Je me demande bien ce que Cowboy Henk- Arlequin peut porter, si délicatement,  dans ce grand papier défroissé ?  Vues les obsessions du  personnage, on peut "craindre"(?) le pire !  Un album que je recommande aux amateurs "d'humour vache"!  Et un exposition à voir absolument avant le 25 mai.

Lolmède, portraits de boutiques

A l'occasion d'une résidence à Aix, Laurent Lolmède a réalisé une série de 30 portraits de boutiques ... projet très original qui anime un parcours dans la ville!  Ici, le dessin reproduit sur un film transparent couvre toute la vitrine de la Brasserie de la Mairie où j'aime prendre un café. Est-il nécessaire d'attirer votre attention sur la scène centrale?  Les joueurs de carte ... inspirés de tableaux de Cézanne. A eux se mêlent les habitués du café dont le décor est fidèlement reproduit! 

François de Jonge, galerie Vincent Bercker

Comme chaque année lors des Rencontres du 9ème art, Vincent Bercker accueille dans sa galerie, 10 rue Matheron, un illustrateur. François de Jonge expose des dessins qui m'ont fait penser au travail d'un Piranèse contemporain, virtuose de l'espace, des perspectives et des enchevêtrements improbables.  François de Jonge est présenté comme une figure émergente de la nouvelle scène alternative belge. 
La brochure du Festival rapproche, à juste titre, son univers des récits de série Z, parfaitement kafkaïens. 
Installation dessinée en 3D.   François de Jonge participe aux revues Lapin (l'Association) et La Tranchée Racine (United dead artists). "Depuis avril 2012, il pilote le projet Super Structure, une revue collective née d'une installation/performance. Il y invite une vingtaine d'artistes à travailler autour de la notion d'abri et d'habitat". (texte cité du catalogue )

Maxime Parodi, à l'école supérieure d'art, aix.

Chaque année, l'Ecole Supérieure d'Art d'Aix s'associe aux rencontres du 9ème art. L'an passé, j'avais découvert la jeune artiste Louise Lefort. Cette année, c'est Maxime Parodi qui a été invité à présenter son travail, des dessins à l'encre sur papier.  Diplômé en juin 2012 de l'ecole d'art, il a passé toute l'année sur Paris, proposant à deux réalisateurs de cinéma, Chomet et Tavernier, de suivre leurs tournages en réalisant une série de croquis, sorte de journaux de bord dessinés de ces tournages.   Il a mené  à bout ce projet, mais n'est pas, pour le moment, autorisé à exploiter ces dessins.  Ce jeune artiste est passionné de cinéma et de films d'animation.  Il écrit par ailleurs des story-boards  (films d'animation) qu'il va réaliser prochainement. 
Les grands dessins proposés pour ces Rencontres, sont une mise en abîme de sa passion.  Il a en effet choisi des  scènes de films qu'il affectionne particulièrement et les a redessinées pour s'y inclure (autoportraits), prenant part à l'univers qui le fascine... Il transpose le spectateur en acteur...  Ce n'est pourtant pas le rôle d'acteur qui l'intéresse, mais bien celui d'auteur, d'écrivain et de dessinateur.   On lui souhaite bonne chance !

Exposition "Métamorphose", éditions Soleil

Vendredi 12 avril, j'accompagnais les élèves de la 1eL du lycée Fourcade (Gardanne), aux Rencontres du 9ème art, à Aix.  Quelques élèves (déguisés pour le monôme du lycée qui a lieu l'après midi) posent dans la cour du musée, le très bel Hôtel  Boyer d'Eguilles, construit au XVIIème siècle, devenu muséum d'Histoire Naturelle, en 1950. Le musée a confié à Barbara Canepa, Guillaume Bianco, Clément Lefrèvre, Anna Merli, Lionel Richerand, Lilidoll et Benjamin Lacombe, le soin d'installer un cabinet de curiosités mêlant insectes et animaux conservés par taxidermie à leurs dessins et des objets dérivés des personnages  de leurs albums.
Dessins de Benjamin Lacombe et collection de papillons.  Benjamin Lacombe est l'illustrateur, entre autres, des Contes Macabres d'Edgar Allan Poe, aux éditions Soleil, collection Métamorphose.

Figurines de Lionel Richerand.  L'impression que l'on ressent à évoluer dans l'espace créé pour cet événement est celle d'un voyage dans le monde des contes où tout est fait pour nous surprendre.   La thématique des métamorphoses s'y prête dans la mesure où elle est une transformation, un écart par rapport à ce que nous connaissons du réel, une transposition qui nous laisse dans un état de flottement qui fait un peu perdre pieds avec la réalité, et nous aimons cela! On connaît les Métamorphoses d' Ovide et celle de  Kafka.  Ici, le thème est  traité avec plus de douceur, du moins en apparence, car le merveilleux n'exclut pas une méditation sur le monde du vivant, dans toute sa diversité,  et celui de la mort. 

Barbara Canepa, Elisabeth, héroïne de l'album End, publié en 2012.

Dans les vitrines, un arrangement d'objets, d'oiseaux empaillés et de dessins de Barbara Canepa. On est dans la veine et l'esprit du romantisme noir, et j'ai  pensé à Villiers de l'Isle Adam et ses Contes Cruels, en particulier la nouvelle Vera dont les première lignes " l'amour est plus fort que la Mort, a dit Salomon: oui, son mystérieux pouvoir est illimité", semblent convenir à l'esprit orphique de l'album End.
La mise en scène est d'un très grand raffinement !

Personnage féminin des Albums Billy Brouillard de Guillaume Bianco. Il met en scène un petit garçon, Billy, qui a le don de trouble vue.  Depuis qu'il a trouvé son chat Tarzan mort dans son jardin, il s'interroge sur la mort qui lui fait peur.  Le troisième album, Le chant des Sirènes, est paru aux éditions Soleil en 2012. 

Billy en vacances chez sa Mémé au bord de la mer constate que "les adultes sont des assassins...Ils ont tué l'enfant qui vivait en eux...".  Mais cela ne s'arrête pas là!  Au cours du repas, il médite :" Nous autres, les humains, (ne sommes) guère différents de ces ogres qui peuplent les contes de fées...Et que comme eux, nous nous (nourrissons) exclusivement de cadavres... Vous n'avez qu'à vérifier ...Nos magasins et nos réfrigérateurs en sont remplis... Nous mangeons des morts ...Et nous en mangeons beaucoup..." .  Billy à l'imagination féconde et au coeur tendre visite les Enfers pour retrouver son amie Prune et la sauver!  L'occasion de découvrir le bestiaire mi-réaliste, mi-fantastique de ce monde abyssal.  Le temps de se laisser conter l'histoire de Bérénice,  La petite Sirène qui ne voulait plus en être une ...  L'album est constitué d'un enchevêtrement de récits, de poèmes et de couplets de chansons (Brassens)  et comme dans les albums précédents, de feuillets de la Gazette du Bizarre, de recettes de cuisine!  Une belle méditation sur l'enfance, les filles et les relations humaines...

Stéphanie Schilling, galerie regard contemporain, place de l'Archevêché

Stéphanie Schilling présente des oeuvres en papier découpé, des gravures sur bois et des gravures sur linoléum, en couleur, comme c'est le cas pour le tableau ci-dessous.
C'est une artiste allemande dont on peut voir les travaux dans cette galerie, jusqu'au 27 avril.

Matt Madden, à la cité du Livre

Durant ces trois jours de festival, j'ai eu l'occasion de croiser Matt Madden dont j'avais acheté l'ouvrage 99 exercices de style, Oubapo, l'Association,  une revisitation en bédé de Exercices de style de Raymond Queneau. Une très belle exploration de tous les moyens narratifs et de toutes les formes (du moins 99) à disposition des dessinateurs pour raconter une histoire en images.  Sans compter qu'il reprend ou imite certains grands genres de BD, manga, comics, ligne claire ...  Il est actuellement en résidence à Angoulême où il donne des cours et anime des ateliers, avec sa femme Jessica Abel qui dédicaçait  La Perdida (Delcourt) et Ouvert la Nuit (Dargaud).  J'étais curieuse de savoir comment les américains perçoivent la bande dessinée française.  Il m'a dit que David B est traduit  et publié aux EU, mais qu'il ne vend pas beaucoup.  Marjane Satrapi, en revanche "marche" très bien avec PersépolisLe chat du Rabbin de Joann Sfar est également traduit, avec un certain succès, mais en général, il dirait que la bande dessinée française, a du mal à s'exporter aux EU, elle reste confidentielle,  car, selon lui, la manière de construire un scénario est très différentes.  Il a pris pour exemple Joann Sfar qui, dit-il, construit un scénario sur des détours et des digressions, chose inimaginable aux EU, où les attentes sont très précises.  J'ai pourtant eu l'occasion de rencontrer des auteurs illustrateurs américains qui semblaient eux aussi s'atteler à des scénarios protéiformes, par exemple, Anders Nilsen, Big Questions, l'Association.  Un ouvrage créé sur quinze ans, hors normes!  Comme quoi ....

samedi 6 avril 2013

Philippe Jaccottet, Taches de soleil, ou d'ombre



Vient de paraître ( mars 2013) aux éditions Le Bruit du Temps, un recueil, Taches de soleil, ou d'ombre  - notes sauvegardées, 1952 - 2005, du poète Philippe Jaccottet.

Les deux cents pages qui composent ce recueil, sont triées d'une trentaine de cahiers rédigés par l'auteur dont il avait composé les volumes Semaisons (1996), Observations et autres notes anciennes (1998), parus aux éditions Gallimard. 

Je me permets de recopier ici un extrait de l'année  1962:


Philippe Jaccottet, Taches de soleil, ou d’ombre, « 1962 », p 44-45

     Ce n’est pas vrai, pense-t-il, que la beauté du monde puisse un jour se taire; quelque chose d’invisible, comme derrière le mur, ou quelqu’un ? doit en nourrir le secret. Je ne sais qui passe derrière ce mur chargé de lierre, si vraiment j’ai entendu ces pas ; je comprends du moins que ce n’est pas de moi que peut provenir ce souffle de douceur, qui de nouveau semble éparpiller la pensée de la mort comme fleurs quittant l’arbre où elles avaient rassemblé leurs parfums.  Non de moi, mais de l’invisible rapport entre moi et cette ombre incertaine ; de l’impalpable, et peut-être impossible lien avec l’impalpable et l’impossible. Qui sait si je ne souffrais pas d’être libre de cette façon-là et si je ne suis pas heureux aujourd’hui de sentir ce lien, la marque de cette laisse sur mon cou?  Je ne vais plus où je veux, car aller où l’on veut, n’est-ce pas ne pas savoir où aller ?  Je m’arrête dans l’herbe haute, étonné par elle et par les fleurs qu’elle cache ; je souris d’avoir retrouvé dans le monde une force qui triomphe aisément de la pensée, je voudrais remercier la saison dont j’ai reconnu la loi de nouveau – après un temps de doute et d’amertume.  Est-ce que cette lumière m’aveugle, est-ce qu’elle m’ouvre les yeux ? Je crois que je n’ai pas à me le demander, et c’est bien pourquoi elle brille.  Que de choses demain répondront à la pluie qui tombe drue aujourd’hui !  La terre sombre, la terre qui nous recevra, qui accueille la pourriture, comme elle s’ouvre, comme elle s’étoile en ce moment !  Etrange et ténébreuse usine à quoi ressemble notre esprit quand il tire du malheur un chant.  Le loriot s’éloigne à mesure que je m’avance sous les chênes – comme dans les anciens contes ; un seul instant, je l’aperçois comme une plante qui vole et chante. Les chemins sont suspendus entre les champs et la forêt comme des galeries (et je repense à celles qui conduisent à des grottes sacrées, je ne sais où en Chine).
      D’un côté j’ai le ciel, à ma gauche le ciel, la rue sur les lointains, l’ouvert ; à ma droite il y a la maison d’arbres, la maison d’yeuses, avec ses fenêtres et ses habitants, les oiseaux pareils à des lampes. On marche ainsi entre le secret et l’aveu, la retraite d’ombre et le risque, et c’est cette double possession qui est belle.
                                                                                         (1er juin)




Quelques liens ...
http://www.lebruitdutemps.fr/_livres/Taches%20de%20soleil/Tachesdesoleil.htm

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/03/anthologie-permanente-philippe-jaccottet.html


mercredi 3 avril 2013

Woodkid, Baltimore's fireflies



un rock ample, large et symphonique.  Un album magnifique  qui vient juste de sortir , The golden age.
Woodkid, c'est Yoann Lemoine, à retrouver ou à découvrir sur ces deux liens:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Woodkid
http://www.woodkid.com/

et une occasion de plus de faire à un petit clin d'oeil à Pretty Dark Curls, qui sait bien pourquoi...

Les dessins de Guillaume Apollinaire

Ouvrage publié en 2008 aux éditions Buchet Chastel, dans la collection  Les cahiers dessinés, dirigée par Frédéric Pajak.  Cet ouvrage est un choix de dessins de Guillaume Apollinaire, présentés par Claude Debon et Peter Read.  C'est un ouvrage dont l'iconographie est source vive et abondante pleine de fraîcheur !
Des dessins de jeunesse, des cahiers, des carnets, des notes, des lettres et des aquarelles, Guillaume Apollinaire a toujours dessiné sa vie durant, en toutes occasions  ! 
 Ici, un collage calligramme, le poème  "éventail  des saveurs, de la fin de l'année 1917.
Cet ouvrage permet de regarder une oeuvre dessinée particulièrement dense et variée !  La découvrir, la regarder, est vraiment émouvant pour qui aime les poèmes d'Apollinaire.  On a la sensation que sa relation au monde est une incessante métamorphose de la vie en mots et en dessins, une constante inclination à "tracer" sa vie.
Un beau livre!

Claude Debon est professeur émérite à la Sorbonne Nouvelle.  Spécialiste de l'oeuvre d'Apollinaire, elle a participé dernièrement (11 janvier, 23 mars 2013) à la très belle exposition  Apollinaire et la Méditerranée pour la fondation Saint-John Perse à la bibliothèque Méjanes, pour fêter le centenaire d'Alcools.

Frédéric Pajak est le directeur de la collection Les cahiers dessinés, pour les éditions Buchet Chastel.  Il est aussi dessinateur .  J'ai lu dernièrement L'immense solitude, aux éditions Noir sur Blanc (2011),  une évocation de Turin (Italie) où Pajak a longuement séjourné, comme le firent aussi Nietzsche et Cesare Pavese dont la mémoire et les écrits nourrissent le périple parfois nostalgique et mélancolique  de Pajak.  Et puis, le Manifeste incertain (1), avec Walter Benjamin rêveur abîmé dans le paysage, aux éditions Noir sur Blanc (2012). Les deux ouvrages cités sont constitués de textes et de dessins pleine page.

Peter Read est professeur à l'université de Kent, Canterbury.