jeudi 27 décembre 2012

balade au centre d'art du château La Coste, la Cride

Il y a des projets de belle nature qui provoquent une joie à la fois simple et extraordinaire.  Arpenter deux heures durant les pentes douces des vignobles et des bois du Château La Coste, comme je l'ai fait aujourd'hui avec des amis, me donne envie de saluer avec beaucoup  d'enthousiasme l'initiative de l'homme d'affaire Irlandais, Patrick McKillen, de transformer ce domaine viticole bien connu des Aixois  (il existerait depuis 1682) en centre d'art et d'architecture.  La plaquette du domaine nous apprend que c'est en 2004 que "naît l'idée d'un projet unique liant sur les terres du Château La Coste, art, architecture et vin.  Artistes et architectes y participant sont invités à visiter le domaine, à découvrir la beauté de ses paysages. Puis la liberté leur est donnée dans le choix de l'emplacement et de l'oeuvre créée".  Le bâtiment que l'on voit ici est le Centre d'Art proprement dit, imaginé par Tadao Ando (2011). Sur le miroir d'eau, une araignée, Crouching spider, de Louise Bourgeois (2003).
Le Château La Coste est un domaine viticole qui travaille en agriculture biologique, les chais et la cuverie ont été conçus par Jean Nouvel  (2008).  Quelque part sur le parcours, à l'orée du bois de chênes, il faut s'enfoncer sous terre pour découvrir  Oak room, la chambre des chênes, une voûte de troncs et de branches, agencés comme un nid suspendu à l'envers, oeuvre de Andy Goldsworthy  (2009).  Je n'ai pas pensé à photographier toutes les oeuvres, et c'est très bien ainsi.  Montrer un peu, mais que chacun  aille chemin faisant, guetter la découverte ...
Sur les hauteurs du domaine, on trouve un tertre où une Chapelle (2011)  s'élève auprès une calade ancienne. L'architecte Tadao Ando a remanié la structure de pierre probablement existante, en l'entourant d'une enveloppe de verre, L'intérieur est éclairé par une lumière zénithale.
Les rythme des couleurs vives et des formes géométriques de Liam Gillick, Multiplied resistance screened (2010).
Les lames d'acier de Richard Serra Aix (2008)
La goutte, Drop, 2009, de Tom Shannon
Au loin, on aperçoit entre les chênes, Le pavillon de musique de Frank Gehry,  (Gehry Partners, 2008)
Fin de la boucle, pour cette fois, elle nous ramène vers le Centre d'Art vu sous un autre angle, un mobile d'Alexander Calder, Small Crinckly, 1976 et une sculpture de Hiroshi Sugimoto, Mathematical model 012 surface of revolution with constant negative curvature, 2010, ont les pieds dans l'eau.  Il faut citer les autres artistes, Sean Scully, Tunga, Franz Wast, Michael Stipe, Paul Matisse,  Tatsuo Miyajima, Gucci, dont les oeuvres rythment le paysage.  L'hôtesse d'accueil, nous a appris que cinquante pour cent du projet est actuellement réalisé.  Des installations sont en cours, une croix de Jean-Michel Othoniel, un potager de Louis Benech, des ponts des pavillons et un hôtel-spa. La librairie à l'intérieur de l'espace vente offre un choix intéressant d'oeuvres sur les artistes et les architectes contemporains.  L'endroit n'est pas une fondation (à l'exemple de la fondation Maeght), ni un musée, ni une galerie d'art, sans doute un lieu à vocation commerciale et artistique  et, pour le moment, un espace où les oeuvres se déploient dans une nature sereine.  La beauté du site et la qualité exceptionnelle des oeuvres que l'on peut y voir,  toutes créées par des artistes,  de renommée internationale, font de ce domaine privé, un lieu dont on peut être vraiment heureux qu'il existe là,  pour ainsi dire à notre porte !   Il faut avoir la curiosité d'y aller ...

Pour s'y rendre:
Château La Coste, 2750 route de la Cride  (oui, la même que celle que  j'aime emprunter pour faire du vélo. Le petit col en lacets est tout à fait à mon goût et, cette fois, le château n'y est pour rien !) - 13610 Le Puy-Sainte Réparade.
Un téléphone + 33(0)4 42 61 89 98.
Un site www.chateau-la-coste.com
Tous les jours de 10h à 19h.

lundi 24 décembre 2012

Aragon, Le roman inachevé

Marguerite Marie et Madeleine
Il faut bien que les sœurs aillent par trois
Aux vitres j’écris quand il fait bien froid

 Avec mon doigt leur nom dans mon haleine

Pour le bal de Saint-Cyr elles ont mis
Trois des plus belles robes de Peau d’Âne

 Celle couleur de la route océane
Celle de vent celle d’astronomie


Comment dormir à moins qu’elles ne viennent
Me faire voir leurs souliers de satin
Qui vont danser danser jusqu’au matin
Pas des patineurs et valses de Vienne


Marguerite Madeleine et Marie
La première est triste à quoi songe-t-elle
La seconde est belle avec ses dentelles
À tout ce qu’on dit la troisième rit


Je ferme les yeux je les accompagne
Que les Saint-Cyriens avec leurs gants blancs
Que les Saint-Cyriens se montrent galants
Ils offriront aux dames du champagne


Chacune est un peu pour eux Cendrillon
Tous ces fils de roi d’elles s’amourachent
Si jeunes qu’ils n’ont barbe ni moustache
Mais tout finira par un cotillon


La vie et le bal ont passé trop vite
La nuit n’a jamais la longueur qu’on veut
Et dans le matin défont leurs cheveux
Madeleine Marie et Marguerite




Dédicace :   A mes soeurs, Anne et Hélène en ce soir de fête, ce poème de Louis Aragon, Le Roman inachevé, 1956,   Florence.  A  toutes les soeurs d'hier, d'aujourd'hui et de demain .... et à leurs frères aussi, qui sont  nos princes !

Hommage à Louis Aragon pour le trentième anniversaire de sa mort, ce 24 décembre. 

mercredi 19 décembre 2012

Kamel Khélif et Alain Puech, visite guidée




La semaine dernière, c'était un mardi, les élèves d'une classe de première du lycée Fourcade de Gardanne étaient en visite au musée Arteum. J'avais demandé à Pierre Vallauri, commissaire de l'exposition "traits...intimes" réunissant les dessins d'une douzaine d'artistes contemporains, la possibilité  de permettre aux élèves de rencontrer certains artistes. C'est ainsi que Kamel Khélif et Alain Puech étaient présents pour dialoguer avec les élèves,  leur parler de  leurs oeuvres et, plus généralement, du dessin. Nos élèves n'ont pas l'habitude de fréquenter les musées ou de s'intéresser aux arts plastiques, sauf pour quelques uns qui pratiquent eux mêmes le dessin, raison pour laquelle je souhaitais la présence d'artistes, afin qu'ils aient la chance  d'entendre d'autres interlocuteurs que leurs professeurs. L'exposition  "Traits...intimes", au musée Arteum de Châteauneuf-le- Rouge, est visible jusqu'au samedi 22 décembre.
De nombreuses questions sur les techniques employées, sur le sens donné aux oeuvres ont été posées à Alain Puech, artiste plasticien qui travaille depuis 2008 à la réalisation quotidienne d'un autoportrait.  Ce travail a séduit plusieurs lycéens. Nicolas écrit :" j'aime de manière générale l'idée d'autoportrait, mais un dessin m'a particulièrement marqué: le dessin faisant référence à une anecdote de sa vie. Un jour il a reçu une publicité  pour les produits "Damart", adressée à "madame Puech" alors qu'il n'est pas marié. Il a alors utilisé la publicité pour réaliser son autoportrait. On voit le visage d'Alain Puech travesti en femme âgée, avec quelques rides légèrement  tracées et un grain de beauté sur le côté droit du visage, près de la bouche".  Un autre élève, Guillaume,  ajoute: " j'ai bien aimé les oeuvres d'Alain Puech. Ses dessins racontent une histoire, celle de sa vie, car il se dessine tous les jours. Celui qui me plaît vraiment c'est celui où il est représenté en "avatar". Pourquoi est-il en "avatar"? Car il est allé le jour même voir le film. Cette méthode, je la trouve vraiment ingénieuse. Il utilise toujours le même type de feuille pour ses dessins ". 
 
 Le soir même de notre visite au musée Alain Puech  a réalisé un autoportrait (celui que je présente ici),  et comme il l'avait annoncé aux élèves, il s'est servi des photos que nous avions prises durant l'après midi pour composer, par superposition, son autoportrait.  Il m'a envoyé le dessin par mail et je l'ai montré le lendemain matin à la classe.  Ce fut un moment d'émotion.  Après un silence attentif, une voix a dit : "nos photos ont servi à faire une oeuvre, nous sommes devenus une oeuvre d'art !" Un murmure approbateur a parcouru les rangs.  Certains élèves dessinent, mais aucun n'avait eu,  jusqu'à cet instant, l'idée de devenir un jour acteur de l'histoire de l'art... Merci Alain, au nom de tous les élèves.

Kamel Khélif s'est longuement entretenu avec la classe, de la place du dessin dans l'histoire des arts, place qui a beaucoup évoluée depuis l'époque où il était seulement considéré comme un  brouillon ou une étude imparfaite avant l'oeuvre "noble", la peinture. Les dessins ne s'exposaient pas, alors, ils étaient détruits la plupart du temps. Il a parlé de son propre parcours, de sa  technique personnelle.  Auteur et dessinateur de bandes dessinées, Kamel Khélif a également une oeuvre dessinée qu'il présente en galerie.


Yohan, qui a aimé un dessin de Kamel Khélif, écrit: " J'ai beaucoup aimé l'oeuvre sans titre où l'on voit un loup, dans le  centre, à gauche du dessin. Le rendu du dessin dans des tons bruns chaleureux et le rendu des traits fins du rotring sur la feuille patinée me plaisent énormément, ainsi que la manière dont  il superpose des tissus qui rendent l'oeuvre plus vivante ( en fait il n'y a pas de tissus superposés dans les dessins, mais, parfois, Kamel  dessine au point plutôt qu'au trait,  et cela peut  laisser penser qu'une légère dentelle blanche vient par dessus le dessin des lignes). L'ensemble donne un effet de brouillard qui rend le dessin mystérieux. Le côté de  la feuille qui semble patiné illumine le dessin et on dirait qu'il y a une pleine lune cachée par le brouillard. On aperçoit aussi un autre loup tout un haut du dessin, on dirait qu'il a été appelé par le premier loup pour regarder avec lui ce qui se passe. On aperçoit également des chevaux en bas de la feuille, le loup les surveille. La présence du loup donne un caractère fort à l'oeuvre, il est le chef de la meute, celui qui commande avec  supériorité, depuis le  bord de la falaise.  C'est pour moi la plus belle oeuvre que j'aie vue jusqu'à présent et c'est pour tout cela que je l'aime".
Nombreux sont les élèves de la classe qui ont été réceptifs aux dessins de Louise Lefort, ceux que l'on peut voir sur cette photo, ainsi que le dessin monumental d'un verre d'eau à moitié rempli.  Amandine, Hafi, Guillaume, Léa, Gaëlle, Mathieu, Valentin, Benoît, Marine, ont aimé "Les doigts dans la prise" ou "Le verre à moitié rempli".  Voici ce qu'ils ont pu écrire: " j'aime un dessin de Louise Lefort qui s'intitule "les doigts dans la prise". On peut y voir un bébé assis, en train de jouer, il est sur un tapis, avec des jeux pour enfant, mais il tient une prise électrique en mains. On distingue aussi un sac et une paire d'escarpins. On peut imaginer que le bébé va mettre les doigts dans la prise, comme le dit le titre du dessin, ou bien qu'il va couper le fil. J'ai bien aimé ce dessin car je trouve qu'il reflète la réalité: les bébés sont innocents et inconscients du danger.  Cette oeuvre me plaît aussi car je trouve que tous les détails y sont et qu'ils sont réalistes. Les effets de noir et blanc sont réussis, les jeux d'ombres aussi".   On peut lire aussi : " Le dessin que j'ai le plus aimé est une oeuvre de louise Lefort. C'est un dessin est en noir et blanc, cette absence de couleur me plaît. Il représente un verre sur un support, une table. Ce verre est à moitié vide ou à moitié plein, cela est laissé à l'appréciation de chacun,  traduisant l'optimisme ou le pessimisme  de l'être humain.  Malgré l'absence de couleur et de décor, je le trouve vivant, peut-être parce qu'il reflète la réalité de la vie".
Pauline, Sirine, Morgane, Nolwenn, Marion, Yohan, ont parlé des dessins de Xavier Spatafora.  L'un d'eux écrit: "Ce dessin m'a plu car il est très réaliste. La main représente un des cinq sens, le toucher.  J'ai eu envie de toucher cette main, qu'elle puisse me soulever grâce à sa très grande dimension ( 220 x 180)  et la force que l'on imagine".   Un autre ajoute: "la main qui est représentée peut  avoir la signification que le monde et notre vie sont entre nos mains et cela peut nous indiquer qu'il ne faut pas gâcher sa vie".  Mais pour une autre élève, cela raconte "l'histoire d'un homme qui lâche quelqu'un. La main est penchée vers le bas, le vide, alors que pour d'autres personnes elle peut représenter tout autre chose. Ce que je peux clairement dire, c'est que j'ai apprécié cette oeuvre car elle raconte une histoire".  On lit encore: " j'avais aussi l'impression que la main voulait  entrer en contact avec moi, que celui qui était au bout de ce bas était seul et qu'il ne voulait plus l'être. J'étais vraiment attiré par ce dessin et je ne pouvais plus m'en décoller".    Toutes les oeuvres ont été regardées avec une grande attention. Parmi celles qui ont encore fait couler l'encre des stylos des élèves, il faut citer  Georges Rinaudo,  Fred Deux, Denise Fernandez  dont les portraits ont beaucoup impressionné de la par la technique du dessin, Catherine Duchêne pour ses personnages féminins de Madone et de Marthe, la nudité parfaite des corps de femme a provoqué l'admiration, alors que la technique du fusain sur toile plaisait beaucoup,  Sophie de Garam et Christine Bonduelle, Delphine Poitevin.   Les dessins abstraits de  Pierre Salvan  ont souvent interpellé et parfois décontenancé, car, certains l'ont écrit, les élèves considèrent qu'ils  n'ont pas une grand expérience artistique. Pour la quasi majorité des élèves, un artiste, un dessinateur doit se montrer plus capable de mieux dessiner que toute autre personne. Il doit savoir reproduire parfaitement la réalité. Ils sont sensibles à un art figuratif, voire narratif qui saura toucher leurs émotions.   Sirine a pour sa part écrit: "j'ai bien aimé les oeuvres exposées de Pierre Salvan. Elles sont simples et sans superflu. Chacun peut donner la signification qu'il veut à chaque trait et à chaque couleur. En regardant ces oeuvres, je me sens apaisée et je peux laisser libre cours à mon imagination, en revanche, je ne peux pas expliquer avec des mots ce que je ressens".          Pour conclure, je voudrais remercier  tous les artistes au nom de tous les élèves et plus particulièrement Kamel Khélif et Alain Puech qui ont été tellement généreux dans les moments d'échange avec la classe.  Merci à Pierre Vallauri toujours enthousiaste à partager sa passion  et à encourager la diffusion des oeuvres et des artistes. Merci au musée Arteum de nous avoir accueillis.  Merci à chacun des élèves de la classe et à celles et ceux dont le nom n'a pas encore été cité: Fiona, Charlène, Emma, Alexandre, Thomas, Anaïs, et Mélanie. 

dimanche 16 décembre 2012

exposition André Nègre chez Alain Paire, un article de Christiane Courbon dans la Provence

Rappel pour cette très belle exposition 30 rue du Puits-Neuf, Galerie Alain Paire,  jusqu'à la fin du mois de décembre.  Du mardi au samedi, de 14h30 à 18h30.

mercredi 5 décembre 2012

je me souviens, Daniel Darc


Je me souviens, Daniel Darc à Istres, ce 23 novembre.  Un concert très sympa et intimiste à l'Usine.  Les Inrocks ont la bonne idée de publier régulièrement des notes de son journal de bord en tournée, à lire ICI.  Et, pour la route, une chanson sur le thème de la mémoire et du souvenir.... parce que la vie, voyez-vous, ça laisse des traces qui s'effacent, mais pas toujours, même quand la pluie qui tombe délave l'ardoise.

Daniel Darc, ex Taxi-Girl, à lire et à suivre sur son site LA

Daniel Darc je me souviens je me rappelle


samedi 1 décembre 2012

exposition-vente d'oeuvres de la collection André Nègre, chez Alain Paire


L'exposition des lithographies de Bram Van Velde est encore accrochée et déjà, Alain Paire reçoit les oeuvres que le galeriste marseillais, André Nègre, lui confie pour une exposition-vente exceptionnelle. Vernissage, mercredi 5 décembre à partir de 18h30. Jusqu'à la fin décembre, 30 rue du Puits Neuf, à Aix-en-Provence, du mardi au samedi de 14h30 à 18h30.

Quelques photos pour donner un aperçu des belles pièces que l'on pourra acquérir. Un dessin à la plume de Louis Pons, "Le sommeil". 
Un lithographie  de Picasso, Jacqueline de profil.
Trois dessins en couleur d'Edgar Mélik.
Dessin de Jean-Jacques Ceccarelli (détail)
Une sculpture de Pascal Verbena, "Pondeuse" et un "Saint-François d'Assise et les oiseaux", en fer, de Pierre Ledda.


Ce lien actif (transmis par A. Paire) vers une émission d'une télévision marseillaise: mativi tv qui retransmet quelques minutes d'un film sur André Nègre:
http://www.mativi-marseille.fr/les-films/andre-negre-une-histoire-de-la-peinture-a-marseill.html,9,19,0,0,2354,2
 Un film de Lea Torreadrado et Alain Louedec