dimanche 29 janvier 2012

Pablo - max jacob

On vient de me l'offrir, je viens de le lire, il vient tout juste d'être publié. Sur la couverture largement colorée en rouge, un homme que l'on devine confortablement assis, mains dans les poches, costume noir et chemise blanche , fine moustache et traits du visage plutôt insignifiants, si ce ne sont ses yeux écarquillés, larges iris noirs, un regard qui saisit tout, et d'abord nous capte.
Pablo- 1. Max Jacob, album de Julie Birmant et Clément Oubrerie, publié chez Dargaud, laisse comprendre que le personnage principal serait Pablo Picasso, en second lieu, le poète et ami du peintre, Max Jacob, rencontré à Montmartre, quand, à dix-neuf ans, il arrive à Paris, au moment où l'Exposition Universelle ferme ses portes.
En réalité, le scénario de l'album a été travaillé à partir des écrits autobiographiques de Fernande Olivier, modèle qui posa pour de nombreux d'artistes montmartrois, que Picasso rencontra en même temps que Guillaume Apollinaire et Max Jacob au Bateau Lavoir en 1904, dont il peignit plus d'une centaine de portraits . Leur relation prit fin en 1912. On trouve deux livres de Fernande Olivier, Souvenirs intimes, Stock 1933 et Picasso et ses amis, Stock 1945. Ce premier tome, qui sera bientôt suivi de la rencontre entre Picasso et Guillaume Apollinaire, entremêle l'histoire personnelle de Fernande, née Amélie et celle de Picasso à son arrivée à Paris. Les dessins ont la force, le réalisme et tout à la fois l'émotion nécessaires pour nous emporter dans le vivant Paris du début du XXe siècle. Le récit historiquement très documenté est vraiment intéressant pour qui aime à cheminer parmi les artistes de ce début de siècle, il est imprégné des textes poétiquement mélancoliques de Verlaine et Rimbaud :
"Mais, vrai, j'ai trop pleuré! Les Aubes sont navrantes. Toute lune est atroce, et tout soleil amer. L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes. Ô que ma quille éclate! Ô que j'aille à la mer". (Rimbaud)

"Roule, roule ton flot indolent, morne Seine
Sous tes ponts qu'environne une vapeur malsaine
Bien des corps ont passé, morts, horribles, pourris,
Dont les âmes avaient pour meurtrier Paris".(Verlaine)

"Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin
Où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient.
Un soir j'ai assis la Beauté sur mes genoux.
-Et je l'ai trouvée amère. -Et je l'ai injuriée."(Rimbaud)

...

Mais, pourquoi aucune ligne de la main de Max Jacob? Son influence dans la transformation de Picasso, qui, de peintre doué mais un peu "commercial" et "superficiel" devient celui plus réfléchi, plus nostalgique et profond de la période rose qui précède les Demoiselles d'Avignon est bien montrée, la personnalité de Max Jacob est cernée, mais il est vraiment dommage de ne pas le citer.
J'ai aimé cet album à proportion que j'aime ce (et ceux) dont il parle, toutefois, le scénario qui a l'ambition de raconter la vie de Fernande Olivier avant sa rencontre avec Picasso et celle de ce dernier durant les quatre ans qu'il passe à Paris est louable, mais peine un peu à échapper à la confusion des récits rétrospectifs croisés, et les péripéties dans lesquelles se démène la belle Fernande avant d'arriver au Bateau Lavoir ne parviennent pas à m'accrocher autant que celles qui rythment la vie du peintre et de ses pairs. Mais, l'intérêt pour la période et les protagonistes qui apparaissent au fil des pages est tel que l'album se lit avidement.
Malgré des options graphiques très différentes, j'ai pensé à Kiki de Montparnasse de Catel et Bocquet, et à l'instant c'est Gradimir Smudja avec Vincent et Van Gogh ou Le Bordel des Muses (le Moulin Rouge) , qui me vient à l'esprit.
Trois tomes à venir : Guillaume Apollinaire, Gertrude Stein et Georges Braque...
Bonne lecture ... et merci pour ce beau cadeau !

Plus d'informations sur Max Jacob :
Les cahiers de Max Jacob (cliquez )
Le site de l'association des amis de Max Jacob (cliquez)

"Les manèges déménagent,
Ah ! Vers quels mirages ?
Dites pour quels voyages
Les manèges déménagent."


(Pour les enfants et les raffinés - Max Jacob)

Et puis quand même, un lien vers le site des éditions Dargaud, pour une présentation officielle de l'album où on y apprend que Clément Oubrerie sera en dédicace à Marseille à la Réserve à bulles le 28 mars ...à vos agendas!

mercredi 25 janvier 2012

je nous dessine, michel houssin

cliquez sur l'affiche pour accéder à une vidéo de Michel Houssin dans son atelier

Je viens de recevoir du dessinateur Michel Houssin - qui exposait au musée Artéum ainsi que dans la Galerie Alain Paire, il y a quelques semaines - cette affiche annonçant une prochaine exposition de ses foules, intitulée : je nous dessine, qui semble reprendre une thématique chère à Michel Houssin, d'apparaître parmi les anonymes (? Pas toujours !) de ses immenses dessins:

Librairie ACTES SUD
du 7 février
au 18 mars

Vernissage le mardi 7 février à partir de 18h

Librairie Actes Sud
Place Nina Berberova
13200 Arles

Tél: 04 90 49 33 74
librairie@actes-sud.fr

mardi 24 janvier 2012

La Sentinelle n° 2 - edgar mélik

Le deuxième bulletin La Sentinelle, de l'association des amis du musée Edgar Mélik, de Cabriès vient d'être édité. Cette association a pour but de faire connaître et apprécier le musée Edgar Mélik, mais aussi l'oeuvre de l'artiste né en 1904 et décédé en 1976. J'avais annoncé le premier numéro de la revue et l'on peut retrouver mon billet ICI. Dans ce deuxième numéro, on trouvera un témoignage de Seda Mélik-Stéphanian, fille du poète Rouben Mélik, cousin germain d'Edgar Mélik, un mot de l'expert d'art près la cour d'appel d'Aix-en-Provence, Jean Chol, une note de Christine Letellier, l'annonce d'une exposition des peintres arméniens du XIXe et XXe siècle.

Les connaisseurs du musée reconnaîtront dans cette reproduction d'un tableau de Mélik, le piano à queue rouge, visible dans la salle haute du château de Cabriès...

On peut adhérer à l'association en envoyant ses coordonnées à:
Les amis du musée Edgar Mélik
chez Jean-François Cousinié
7, rue Renoir, Domaine de Calas
13480 Cabriès.

Certes, il faut continuer d'oeuvrer à l'enrichissement des collections du musée, par l'achat ou le don d'oeuvres, mais aussi organiser des manifestations, et des expositions afin de créer une dynamique dans le musée et autour de l'oeuvre du peintre.
Une assemblée générale des membres de l'association se tiendra au musée le 11 février 2012 à 14h30.

On me signale un article récemment paru sur Wikipédia et présentant Edgar Mélik. On peut le retrouver ICI

vendredi 20 janvier 2012

Pierre Guerre, Fondation Saint-John Perse , par Alain Vidal-Naquet et Alain Paire.

Ce 20 janvier au soir, il y avait du monde, dans l'Amphithéâtre de la Verrière à la cité du livre, à Aix-en-Provence, pour entendre Alain Vidal-Naquet s'entretenir avec Alain Paire à propos de Pierre Guerre (1910 - 1978), avocat marseillais et collectionneur d'art qui, à la suite de son père, Léonce Guerre, constitua une collection très significative d'art africain et d'estampes japonaises, arts qu'il préférait appeler "arts non-occidentaux".
Léonce Guerre commença à acheter de l'art africain et des estampes japonaises après la première exposition coloniale de Marseille en 1906 ; son fils Pierre continua d'enrichir la collection jusqu'à sa mort en 1978. Charles Ratton, grand spécialiste d'art africain et marchand fut mentionné comme l'une des personnes ressources qui conseilla et fournit Léonce Guerre, puis Pierre Guerre en oeuvres d'art.
Pierre Guerre, aimait par ailleurs la poésie et, dès l'âge de 16 ou 17 ans, il échangeait avec des amis, des poèmes qu'ils recopiaient dans un carnet de Moleskine qui circulait des uns aux autres.
Plus tard il participa à des revues de poésie - Les Cahiers du Sud, Taches d'encre, Sud Magazine - il y diffusait et y commentait entre autres, des poèmes de Saint-John Perse, mais aussi de René Char et de Paul Eluard. Lorsque Alexis Léger s'installa en Provence, à Giens, dans la propriété des Vigneaux, ils devinrent de proches amis.
Pendant l'occupation, il fut résistant avec les poètes René Char et Paul Eluard, ainsi qu' André Breton, réfugiés à Marseille et dans les Cévennes.
L'exposition à la Fondation Saint-John Perse est émouvante pour ce qu'au delà des objets d'art rassemblés, masques africains, estampes japonaises, lithographies de Toulouse-Lautrec etc... elle nous permet de découvrir un certain nombre de documents qui nous font percevoir un homme qui, guidé par des passions pour les arts et la littérature transmises sur plusieurs générations, a construit, avec des moyens somme toute modestes, une collection d'art exemplaire.
Aujourd'hui cette remarquable collection a pour partie été donnée - et est visible - au musée de la Vieille Charité, pour partie été vendue aux enchères (Sotheby's) mais est aussi conservée par la fille de Pierre Guerre, Christine, et son mari, l'avocat Alain Vidal-Naquet.
Il a été question d'un livre des Cahiers d'Hypnos de René Char, qui, pendant la guerre fit la navette entre Char et Eluard, augmenté à chaque échange de poèmes, de notes manuscrites et de messages codés. Une des notes codées est visible ici : Hypnos 8 - "Le thym moutonne, c'est demain l'hiver", datée du 15 au 27 décembre 1943 , signée "Alexandre", pseudonyme de René Char pendant la résistance.

On peut se procurer le livre Pierre Guerre (1910 - 1978) , "Je demande aux hommes d'être des promeneurs", édité à cette occasion par la Fondation Saint-John Perse ( 15€), auprès de la fondation. Il est très largement illustré et rédigé par Alain Paire et Alain Vidal-Naquet. L'exposition est visible jusqu'au 6 mars.
En quatrième de couverture, il est écrit:
Dans sa vie professionnelle, Pierre Guerre était un avocat du barreau de Marseille; il fut élu bâtonnier en 1972. Auteur de pièces de théâtre et de courts essais à propos de Char et de Saint-John Perse, il fut aussi un résistant, un membre du comité de rédaction des Cahiers du Sud, un collectionneur d'estampes japonaises et de lithographies de Toulouse-Lautrec, un enseignant de la faculté de lettres d'Aix-en-Provence spécialisé dans les arts non-occidentaux et le découvreur-détenteur d'une des plus prestigieuses collections d'art africain [...]
Il faut encore ajouter que Pierre Guerre joua un rôle essentiel dans la réalisation de la Fondation Saint-John Perse et son implantation à Aix-en-Provence, sous le mandat du maire Félix Ciccolini.

On peut consulter l'article écrit par Alain Paire sur son site, en cliquant ICI. On y trouvera à lire également sur Jean Ballard et Les Cahiers du Sud, sur la vie à Marseille durant l'occupation à propos de l'Ami américain, Varian Fry, ou encore des articles sur Joe Bousquet... et d'autres encore, tissant le fil de l'histoire de la vie culturelle, artistique et intellectuelle à Marseille et alentour.

jeudi 19 janvier 2012

les statues meurent aussi, Chris Marker, Alain Reisnais, 1953



Les statues meurent aussi est un documentaire-court métrage français réalisé par Chris Marker et Alain Resnais sorti en 1953. Il fut commandité par la revue Présence africaine. Partant de la question « Pourquoi l'art nègre se trouve-t-il au musée de l'Homme alors que l'art grec ou égyptien se trouve au Louvre ? », les deux réalisateurs dénoncent le manque de considération pour l'art africain dans un contexte de colonisation. Le film est censuré en France pendant huit ans en raison de son point de vue anti-colonialiste.

« Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l'histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l'art. Cette botanique de la mort, c'est ce que nous appelons la culture. » C'est ainsi que commence ce documentaire controversé qui pose la question de la différence entre l'art nègre et l'art royal mais surtout celle de la relation qu'entretient l'Occident avec cet art qu'elle vise à détruire sans même s'en rendre compte. Ce n'est pas encore la vague indépendante, mais quelques prémices se font sentir dans ce film. Un saut dans le passé, une photographie du point de vue occidental.

DVD en vente à la librairie Présence Africaine
25 bis, rue des écoles 75005 Paris.

Pierre Guerre, Fondation Saint-John Perse

Vernissage à la fondation Saint-John Perse de l'exposition

"Je demande aux hommes d'être des promeneurs"
Pierre Guerre (1910 - 1978)
Vendredi 20 janvier à 19 heures,


rencontre et entretien d'Alain Vidal-Naquet avec Alain Paire

dans l'amphithéâtre de la Verrière , à la Méjanes, à Aix-en-Provence.

Pierre Guerre fut entre 1976 et 1978 le tout premier directeur de la Fondation Saint-John Perse. Proche ami du poète, Pierre Guerre avait élaboré l'idée et les statuts de la Fondation; son amitié avec le maire Félix Ciccolini lui avait permis de l'implanter à Aix-en-Provence.
Pierre Guerre ( bâtonnier du Barreau de Marseille) fut un résistant, un membre du comité de rédaction des Cahiers du Sud, un collectionneur d'estampes japonaises et de lithographies de Toulouse-Lautrec, un enseignant de la faculté de Lettres d'Aix, spécialisé dans les arts non occidentaux ainsi que le détenteur d'une des plus prestigieuses collections d'art africain. Grâce à des prêts exceptionnels de Christine et d'Alain Vidal-Naquet, son exposition réunit des chefs d'oeuvre des arts premiers, des estampes japonaises, des lithographies impressionnistes et de nombreux documents littéraires.

Exposition du 6 janvier au 7 mars 2012
Fondation Saint-John Perse
Cité du Livre à Aix-en-Provence

tél: 04 42 91 98 87
fax: 04 42 27 11 86

mardi 17 janvier 2012

tindersticks , cherry blossoms


Pour tout savoir sur le groupe, rien de tel que d'aller faire un tour sur leur site
ICI
Les Tindersticks est un groupe britannique originaire de Nottingham.
Le premier album studio, titré simplement Tindersticks, sort en octobre 1993. Il obtiendra un très grand succès critique, et sera déclaré « Meilleur album de l'année » par le magazine britannique Melody Maker.
Je trouve au chanteur et guitariste Stuart Ashton Staples un timbre de voix proche de celui de David Bowie sur certaines mélodies.
Il est accompagné à la guitare par Neil Timothy Fraser - guitare ; David Leonard Boulter - claviers, percussions; Stanley Osbourne Staples - triangle, guimbarde. Les anciens membres du groupe sont :Dickon James Hinchliffe - violon, guitare, voix; Alastair Macaulay - batterie, percussions; Mark Andrew Colwill - basse; Richard Head -
Beaucoup de mélancolie un peu d'humour et de dérision dans les chansons...
L'album Curtains (1997) est tout simplement excellent ! J'aime énormément aussi Donkeys ( 92 - 95) ... à ce jour ma culture tinderskickienne n'est pas plus étendue ... si ce n'est quelques titres piqués ici ou là .... Je suis un peu en retard sur leurs derniers albums !

Merci à M. pour le bien qu'elle contribue à faire à mes oreilles ! La musique, ça se partage ! (Au fait, tu ne m'as pas dit quels sont tes morceaux préférés ...)

tindersticks, another night in


Another night in, de l'album Curtains, par les Tindersticks. 1997.

samedi 14 janvier 2012

varian fry, liberté couleur d'homme (un film arte)


Un film sur la vie de Varian Fry, l'américain philologue et journaliste - et donc tout à fait inattendu dans le rôle qui lui fut confié - qui, entre 13 août 1940 et le 6 septembre 1941, fut envoyé en France par un comité de sauvetage d'urgence (Emergency Rescue Committee, ERC, dont l'acronyme en français est CAS) financé par des fonds privés et soutenu par Eléonore Roosevelt, avec la mission d'identifier et de sauver les artistes et les intellectuels juifs qui s'étaient réfugiés à Marseille, venant de toute la France et même de toute l'Europe.
L'histoire de sa vie, que je viens d'entendre et de voir sur le film auquel on peut accéder sur le site Arcane 17 en cliquant sur le lien ci-dessous, est peu connue du grand public. Le courage, l'humanisme et la détermination de cet homme en cette occasion, méritent qu'on lui rende hommage. Il a contribué à sauver entre deux mille et quatre mille personnes, en particulier des artistes et des personnalités. Le film dure une cinquantaine de minutes, il est tout à fait remarquable et émouvant.
http://www.arcane-17.com/pages/varian-fry/varian-fry.html

Il faut lire aussi l'article publié par Alain Paire sur son site, Varian Fry, l'ami américain (cliquez sur le titre), très documenté et illustré.

Parmi les artistes auxquels Varian Fry permit de quitter la France pour rejoindre l'Espagne, on compte Franz Werfel, Alma Malher, Henrich et Golo Mann, Marc Chagall, Max Ernst, André Breton, sa femme Jacqueline Lamba et leur fille Aube, André Masson, sa femme et ses deux fils, Victor Serge.
Il est aussi celui qui, avec ses collaborateurs et l'appui de Bénédite et Mary Jane Gold décida de louer la Villa Air-Bel, non loin du quartier de la Pomme. Ces hôtes provisoires, venaient y trouver un peu de repos et de l'aide et pour cela la surnommèrent la villa espère visa... C'est là que l'histoire de ces artistes surréalistes croisa celle des Croque-Fruits, Sylvain Itkine et Jacques Hérold.


Sur le site Wikipédia, on peut accéder à une liste plus complète des personnalités et des artistes qu'il aida ...ICI

Peu à peu, le réseau à la tête duquel il était, le Cas, prit une telle ampleur, qu'il constitua un embarras pour la politique américaine. Amené à venir en aide à des personnes qui n'étaient plus seulement des "personnalités", mais de plus humbles citoyens, certains mécènes de l'organisation privée se retirèrent et il perdit jusqu'au soutien d'Eléonore Roosevelt. Peu de temps après, il fut arrêté et pressé de quitter la France. Reconduit à la frontière espagnole le 6 septembre 1941, il regagna les Etats-Unis. Désorienté par la tournure que prirent les événements, oublié de tous et même de nombre de ceux auxquels il était venu en aide, il poursuivit une carrière de professeur de latin dans les universités américaines jusqu'à sa mort, en 1967.

En 1999 un hommage lui a été rendu à l'occasion duquel une exposition commémorative a été organisée à Marseille.

Et puis, je veux signaler un autre film à regarder, qu'il m'est impossible d'importer sur ce blog car il est protégé, mais auquel on peut accéder en cliquant ICI, sur le site Akadem. Il s'agit d'une intervention de Stéphane Hessel à la Halle Saint-Pierre en février 2008: Le sauvetage des artistes, souvenirs de Varian Fry. Il ne dure que quatorze minutes.
Sréphane Hessel y évoque Walter Benjamin qui suivit le même parcours que les autres personnes citées plus haut, mais qui eut la malchance, d'être arrêté au poste de frontière espagnol et se suicida à Port Bou, le lendemain de son arrestation.
Pour terminer , il récite un petit poème de Guillaume Apollinaire qu'il échangea avec Varian Fry :
L’adieu
J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps Brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends


vendredi 13 janvier 2012

elli et jacno, anne cherchait l'amour


C'est en 2010, à l'occasion de la sortie d'un album de La Nouvelle Vague , que j'ai ré-entendu ce titre Anne cherchait l'amour , d'Elli et Jacno (Elli Medeiros et Denis Quilliard) repris par Julien Doré. J'ai, alors, écouté pas mal de chansons et retrouvé entre autres, avec émotion, des images du film Les Nuits de la Pleine Lune d'Eric Rohmer.

elli jacno les nuits de la pleine lune

jacno un hymne à ma mauvaise foi

vendredi 6 janvier 2012

patrice cadiou malaxe alain bashung


...et vice-versa ....
Le sculpteur Patrice Cadiou habite Auberive dans le département de la Haute-Marne, depuis l'année 2007. Je l'ai rencontré à Marseille il y a quelques jours chez l'Editeur Claude Roffat qui lui consacre un article du dixième numéro de L'Oeuf Sauvage, numéro anniversaire des vingt ans de la revue.
L'article est rédigé par Joël Gayraud, il présente la démarche de Patrice Cadiou, illustré de sculptures en bois-métal et cuir.
A propos des oeuvres visibles dans sa maison, il écrit " comme d'agressifs boucliers arrachés aux mains des cannibales et un inquiétant reliquaire noir surmonté de deux troncs de pyramide que l'on imaginerait bien receler la chevelure ophidienne de la Gorgonne ou les cornes du Minotaure".
Les matériaux employés par l'artiste ont cela de particulier qu'ils ne sont pas que pierre, bois, métal, mais aussi le cuir travaillé ( Joël Gayraud nous apprend que Patrice Cadiou a récupéré des centaines de harnais et de selles de militaires franquistes),mais également des peaux tannées d'animaux morts tout comme leurs ossements.
Ainsi les titres des oeuvres reproduites dans la revue laissent-ils percevoir que sculpter c'est rendre hommage aux matériaux, à ce qui a été vivant, leur insuffler d'autres sens en transcendant les états de la matière pour à nouveau célébrer la vie, les gens, les amis, mais pas seulement : "Cocaïne blues", " le gardien", "L'oeuf sauvage, hommage à C.R.", "hommage à Yuhio Mishima", "La femme d'à côté", "Hommage à Manuel Benitez el Cordobès", "Il était une fois", "A Lina et Marcel, pour les obscures nuits de leurs ombres", "Calvaire breton".
Joël Gayraud écrit encore : "Chez lui, dans l'hiératisme de la stèle votive on entend gronder le moteur à explosion. En coagulant la puissance d'envoûtement commune aux courroies de transmission des machines anciennes, à la noire vêture des rebelles sans cause, à l'érotisme du fouet, il construit une sacralité sans transcendance servie par une parfaite maîtrise technique".

Patrice Cadiou est né à Paris en 1947. Il a pratiqué la danse classique à un niveau professionnel avant de sculpter. Il s'est installé, au gré de fortes amitiés dans diverses régions de France, Les Landes, Fécamp, Aubervilliers, Auberive et en Espagne, à Cadaquès.

On peut (il faut) se procurer la revue (18€) auprès de l'éditeur en écrivant:
L'oeuf Sauvage
1 bis, Rue Châteauredon
13001 Marseille
Tél: 04 91 33 61 88.

Sur ce petit film, on aperçoit l'atelier-maison de l'artiste et ses sculptures.
Le film indique que les photos ont été prises par Aurélie Cardin à Aubervilliers, au printemps 2007, peut-être avant le déménagement de Cadiou vers Auberive ? Le film est monté par Backstreet production . Claude Roffat me précise que c'est la fille de Didier Deaninckx qui est un copain de Cadiou qui a réalisé le diaporama. Je l'ai trouvé sur Daily Motion, ici (la bande son est mauvaise... par miracle le téléchargement l'a un peu améliorée). Claude Roffat ajoute que Patrice Cadiou a même servi de modèle pour un des personnages des romans de Deaninckx ... (si quelqu'un a une information plus précise à ce sujet, merci de me la transmettre).

Le mot "malaxe", titre de la chanson est le mieux choisi pour dire un aspect des sculptures aux matériaux non pas assemblés mais imbriqués qui semblent "polis par les ans". Et, Bashung chante :" Entre tes doigts, l'argile prend forme/ L'homme (l'âme) de demain sera hors normes (...) Je n'étais qu'une ébauche au pied de la falaise/ Un extrait de roche sous l'éboulis (...) Malaxe le coeur de l'automate (...) Issu de toi/issu de moi / on s'est hissés sur un piédestal/et du haut de nous deux on a vu".

dimanche 1 janvier 2012

les yeux ouverts sur 2012...


Voici un extrait du film Le Président d'Henri Verneuil paru en 1961. L'extrait est d'une fraîcheur (ou d'une anticipation) singulière. C'est mon amie Isabelle Le Couëdic qui m'a donné l'idée de le diffuser. On retrouvera ICI des explications précises sur le contenu du film, les comédiens etc... Dans ce petit bout de film, dans un dialogue signé Michel Audiard, Jean Gabin expose à l'Assemblée Nationale sa vision de l'Europe, les implications entre politique,argent et marché... qui auront les fâcheuses conséquences que nous vivons aujourd'hui. Peu de film français traitent de sujets politico-économiques.
Isabelle Le Couëdic proposait une version de cet extrait reprise dans un film que l'on peut voir en cliquant par là ... qui rend hommage aux indignés et aux révoltés des années passées, en particulier ceux de 2011.
En 2007, l'artiste Raymond Galle réalisait un travail sur la bourse, intitulé Lundi Noir, qu'il exposait dans la galerie au 200rd10, Les Lamberts à Vauvenargues, puis au lycée Marie-Madeleine Fourcade à Gardanne et dont on peut retrouver les oeuvres en se rendant en cliquant ici .
Je crois savoir que cette exposition sera ré-accrochée au lycée Agricole de Valabre (près de Gardanne) au premier trimestre 2012.