vendredi 30 décembre 2011

ever lasting love in Paris ?




J'ai pris cette photo des cadenas du Pont des Arts à Paris pour le rapprochement des plans que je trouvais irrésistiblement drôle : au premier, les cadenas sur lesquels sont gravés les noms des amoureux qui sont passés par Paris et à l'arrière plan, le panneau publicitaire de l'horloge, sorte de démon chrono(love)phage ...

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.


Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!


Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!


Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.


Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"

Charles Baudelaire

mardi 27 décembre 2011

le petit traité du plaisir, de et avec nicolas raccah

Il y a quelques semaines, j'ai vu ce spectacle chez Doris Salomon, à Miramas le Vieux et j'ai été enthousiasmée par les textes choisis et la manière dont Nicolas Raccah a réussi à en faire une pièce en cinq actes, extrêmement réjouissante ... (jeux de mots compris!)

Il se produira le 14 janvier 2012 à Martigues, une occasion d'aller l'entendre ...
à 11 h au restaurant La cour du Théâtre
à 19h à la Librairie Alinéa

Voici comment Nicolas Raccah présente son Petit Traité du Plaisir : (il) est un objet théâtral délibérément non identifié, drôle et sulfureux, qui traîte de l'érotisme et du "petit plaisir" dans l'une des plus belles langues qui soit: la langue française du XVIème siècle.
Créé à partir de poésies érotiques de la Renaissance, particulièrement piquantes et osées, truculentes mais jamais obscènes, ce spectacle nous convie à suivre le mouvement d'une passion charnelle, depuis les prémisses du désir jusqu'à "la petite mort" proprement dite, dans une comédie en cinq actes où rayonne la liberté et le rire.
Les poèmes de Rémi Belleau, Olivier de Magny, Marc Papillon de Lasphrise, Malherbe, Marot... s'appliquent à chanter "la chose" et combien on aime la pratiquer dans une musicalité inouïe et une joie communicative :toutes les ressources de l'esprit sont ici mises au service du corps dans un monumental pied de nez à l'obscurantisme et aux censeurs qui reprendront la main au siècle suivant. On retrouve alors une époque où faire l'amour n'était ni trop sérieux, ni trop coupable, où les corps remercient Dieu en s'unissant, où l'intelligence pouvait magnifier le sexe plutôt que le dédaigner, et où le plaisir charnel savait résonner chez les poètes jusque dans la jouissance des mots.
Etant donné le propos et même si le spectacle n'est absolument pas obscène, il reste destiné à un public adulte et averti.

Théâtre des Salins - 19 Quai Paul Doumer - BP 60075 - 13692 Martigues
www.theatre-des-salins.fr
consulter le site en cliquant sur le lien pour plus de renseignements!
tél réservations: 04 42 49 02 00

J'ai demandé à Nicolas Raccah de présenter le spectacle chez moi, ce qui se fera certainement courant du mois de mars quand nous aurons trouvé une date ... je vous avertirai alors pour vous proposer de voir ou de revoir cette pièce poétique.

lundi 26 décembre 2011

asaf avidan, the ghost of a thousand little lies

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Asaf Avidan, auteur interprète et musicien israélien a d'abord travaillé dans le cinéma d'animation. C'est en 2006, à la suite d'une rupture amoureuse, qu'il écrit, compose et fait des tournées solo en Israël. Il rencontre quatre musiciens, les Mojos avec lesquels il crée le groupe Asaf Avidan et les Mojos. Je connais deux de leurs albums, The Reckoning sorti en 2008 et le dernier, Poor Boy, Lucky Man, excellents tous les deux. La première fois que ma fille m'a fait entendre une chanson en blind test, j'ai cru entendre Janis Joplin... et j'ai appris depuis que c'est une comparaison qui est souvent faite. Il faut dire que les influences sont là... de même que celle de Bob Dylan et bien d'autres, mais avec un style et des choses à dire très personnels ... Aux dernières nouvelles, le groupe ferait une pause .... espérons qu'elle est créative !

asaf avidan, the devil and I

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à lire ici un article dans Ouest-france du mois de juillet 2011, Aux Vieilles Charrues ...
Qui sont les quatre musiciens (et choristes) des Mojos? Ran Nir – basse , Yoni Sheleg – batterie, Roi Peled – guitare, Hadas Kleinman – violoncelle.
Et parmi les morceaux de choix, à signaler Your Anchor , My favourite clown ....

dimanche 18 décembre 2011

entretien avec A. Clif , la vie inscrit le temps

Jusqu'au 31 décembre, A. Clif expose dans le cloître des Oblats, en haut du Cours Mirabeau, à Aix-en-Provence, des travaux sur la terre et une série de neuf panneaux sur la maternité. Rencontre singulière, à première vue, entre les grandes huiles sur toile, minérales, explorant le processus de formation des failles, des plis géologiques de la croûte terrestre et l'enveloppe charnelle d'une jeune femme qui s'arrondit autour de la vie qui prend corps et forme en elle.
f.l. -Pourquoi avoir associé les travaux sur le minéral à ces neufs panneaux sur le corps transformé par la maternité ?
A.Clif - En septembre dernier, Dominique Dessolin, aumônier des artistes, dépendant de l'église des Oblats d'Aix, est venu visiter mon atelier. Je venais de terminer mon travail sur la maternité. Il connaissait, pour les avoir vus dans ma dernière exposition à Trets, mes toiles sur Terra Mater, notre mère la terre. C'est de lui que vient l'idée d'exposer conjointement une série de tableaux sur la terre, sa construction géologique et un ensemble de neufs panneaux présentant l'évolution d'un corps féminin durant les mois de gestation. Ce travail sur la maternité est à voir non seulement en tant que nativité, mais aussi en tant que construction de l'homme, construction de notre intériorité. Chacun de nous doit pouvoir se projeter dans ce processus représentant en quelque sorte l'émergence de notre intériorité, sa maturation et enfin l'expression que nous lui donnons par la place que nous occupons dans la société. A l'entrée de l'exposition, Dominique Dessolin a écrit " A. Clif nous propose une contemplation avec pour support la thématique de la peau. La peau comme le lieu de l'émotion, mais aussi le lieu de la frontière entre le visible et le tangible". C'est lui qui a fait le lien entre la terre, écorce, croûte terrestre et la peau qui recouvre le corps.
f.l. - Peux -tu expliquer comment tu as procédé pour créer ces neufs panneaux sur la maternité?
A.Clif - Une jeune femme que je connaissais a accepté de poser. Chaque mois de sa grossesse nous nous retrouvions pour une séance de dessins. J'inscrivais ainsi sur le papier, la trace, la mémoire de cette métamorphose du corps mois après mois, étape après étape. Le visible d'un processus invisible mais néanmoins réel d'une vie qui se formait à l'intérieur d'elle. J'avais, au début de nos rencontre, pris des photos de sa peau, des gros plans de son épiderme, une palette d'échantillons de peau que j'ai imprimés sur du papier rhodoïd. J'ai ensuite découpé et collé ces morceaux de peau comme des morceaux de puzzle pour habiller mes dessins réalisés sur papier calque d' une enveloppe charnelle. A l'issue des neufs mois, j'ai fait encapsuler mes dessins. Ils sont ainsi préservés et présentables.
f.l.- Les matériaux employés pour ce travail sont singuliers, tous concourent à créer des images translucides, comme si tu enlevais à la peau son opacité pour donner à voir au delà de l'apparence ?
A. Clif. - Oui, j'ai écrit, pour présenter mon travail, " faire parler le support translucide laissant passer la lumière, pour traduire le rapport entre le corps et l'esprit impalpable. Le support contient et révèle le corps qui évolue à chaque étape de cette maternité".
f.l. - Qu'est-ce qui est à l'origine de ce travail sur le corps ?
A.Clif.- J'ai participé avec l'association Perspectives, il y a quatre ou cinq ans , à l'exposition A Fleur de Corps. A cette occasion, j'avais expérimenté un travail sur le corps à partir de photographies, ce travail a été remarqué ce qui m'a poussée à continuer une réflexion sur le corps, sur la peau mais aussi à détourner des photographies comme je l'avais fait à cette occasion. Donc, c'est ce travail précédent qui trouve un prolongement naturel, ici. En général, je trouve que le travail autour de contraintes proposées par des sujets de recherches comme le fait l'association Perspectives et les expositions, sont un moteur important dans l'évolution de mon travail, dans les directions que cela m'amène à explorer et à avoir envie de creuser. L'exposition est une révélation de mon parcours, à la fois la trace qui vient du passé et qui m'indique les directions à prendre pour le futur...
f.l.- Ce que tu montres ici, je veux dire les neufs panneaux, peuvent-ils aussi se regarder comme une métaphore de la création ...?
A.Clif.- Ce que je trouve important, c'est de lier la technique au message que je veux transmettre. Lorsque je peins la terre, je ne réalise pas un paysage. Ce qui m'intéresse, c'est le processus de création. Je travaille à partir d'huiles, de pigments, de poudres en suspension sur l'eau dans lesquels je plonge mes supports, papiers ou toiles. Je travaille sur la trace, sur la limite. Strate par strate mon travail s'élabore, c'est presque comme un rituel, une sédimentation. A la fin du processus, je laisse une place au blanc qui fait entrer une horizontalité dans mes constructions, les laissant voir parfois aussi comme des paysages, d'ailleurs bien davantage des paysages intérieurs que des paysages naturels observés ou "imités" !
f.l.- Quelles sont les directions que tu envisages à présent pour ton travail ?
A. Clif. - Une exposition c'est l'aboutissement de quelque chose et c'est aussi le déclic pour savoir où l'on veut aller ensuite. Les étapes qui m'ont motivée dans mon parcours, c'est d'abord mon père peintre, puis sans doute la rencontre avec André Gence qui m'a permis de faire un lien entre ma peinture et mon intériorité. Plus récemment, c'est Bernadette Clot-Goudard, présidente de l'association Voyons-Voir qui m'a aidée à construire ma démarche, à donner de l'importance à mes travaux préparatoires, à les envisager comme des étapes significatives vers un aboutissement et à diversifier mes techniques de réalisation. Toutes ces personnes que je rencontre, que ce soient les rencontres avec d'autres artistes ou les gens qui regardent mon travail lors des expositions m'aident à prendre du recul sur ma pratique et à percevoir les directions que je pourrais explorer. Actuellement, je sens que je suis allée au bout de ce travail de matière avec le minéral. J'ai envie d'aller vers quelque chose de plus léger. Peut-être d'explorer le végétal ....
Anne-Claude Ferdinand, A. Clif,
Née à Paris
Enseignante en arts plastiques
Médiateur culturel
Vit et travaille près d'Aix-en-Provence
Expose depuis 1995.
site A.Clif (cliquez pour y accéder)

jeudi 15 décembre 2011

quatre poèmes lyriques du XVIème siècle

Andrea Mantegna (1431- 1506)

Jean -Antoine de Baïf

Rossignol amoureux, ébat de la ramée,
Qui, haut ore, ore bas attrempant un chanter,
Possible comme moi essaies d'enchanter
Le gentil feu qu'allume en toi ta mieux aimée:

S'il y a quelque amour dans ton coeur allumée
Qui cause ta chanson, viens ici te jeter
Dans mon giron, afin que nous puissions flatter
La pareille douleur de notre âme enflammée.

Rossignol, si tu l'es, aussi suis-je amoureux.
C'est un soulas bien grand entre deux malheureux
de pouvoir en commun leurs malheurs s'entredire.

Mais, oiseau, nos malheurs, je crois, ne sont égaux,
Car tu dois recevoir la fin des travaux,
mais je n'espère rien qu'à jamais un martyre.


Sandro Botticelli

Jean Passerat

Ô bel oeil de la nuit, ô la fille argentée,
Et la soeur du Soleil et la mère des mois:
Ô princesse des monts, des fleuves, et des bois
Dont la triple puissance en tous lieux est vantée.

Puisque tu es, Déesses, au plus bas Ciel montée,
D'où les piteux regrets des amants tu reçois,
Dis, Lune au front cornu, as-tu vu quelquefois
Une âme qui d'Amour fût si fort tourmentée?

Si doncques ma douleur vient ton coeur émouvoir,
Tu peux me secourir, ayant en ton pouvoir
Des songes emplumés la bande charmeresse.

Choisis l'un d'entre tous qui les maux d'un amant
Sache mieux contrefaire, et l'envoie en dormant
Représenter ma peine à ma fière maîtresse.

Bartolomeo Veneto

Marc Papillon de lasphrise

Faites-moi chevalier, accolez-moi, ma belle,
Je l'ai bien mérité en ce combat dernier;
Qui s'est éprouvé brave en duel singulier,
Est digne de damer la simple damoiselle.

Mon savoir naturel, mon amour naturelle,
Ma gentille valeur redoutable guerrier,
Demande l'accolade, et le noble collier,
Non d'un roi, mais d'amour, qui tous les trois excelle:

Aussi qu'en ce bonheur, n'est fondé mon souhait,
Quelque affamé d'honneur, qui n'a jamais rien fait,
Riche, pourra l'avoir par faveur éblouie.

Je veux seul ce beau grâce, honorable toujours;
Sus, accolez-moi donc, afin que je me die
L'unique chevalier de la reine d'amours.


Marc Papillon de lasphrise

Ô qu'il est doux, le plaisant jeu d'aimer!
Qui eût pensé une telle délice?
Si c'est cela que l'on appelle vice,
Le vice ainsi joie se peut nommer.

Il fallait donc le faire plus amer,
Chagrin, pleurant, mauvais, plein d'artifice,
Non gai, riant, naturel, sans malice,
Comme est l'amour quand me fait enflammer.

Si le vice est d'avoir douce allégresse,
La vertu donc est pleine de tristesse,
"Chaque chose a sa contrariété.

Si vertu pleure et que le vice rie,
Le philosophe est gonflé de folie:
"Car rire duit à notre humanité.


mardi 13 décembre 2011

revoir les choses, dominique A

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Cette vidéo est composée à partir des travaux du photographe Robert Parke Harrison. Paroles et musique, Dominique A.

jeudi 8 décembre 2011

en quête d'images


Bienvenue au blog (tout neuf) de l'ami sculpteur Pierre Vallauri que l'on peut visiter en passant par ici :

http://enquetedimages.blogspot.com/

et à retrouver dans la colonne de droite de ce blog...

En photo, une oeuvre d'Etienne Martin, le petit homme de la lune

mardi 6 décembre 2011

expo anne claude ferdinand , la vie inscrit le temps



samedi 10 décembre
à partir de 18h
au cloître des Oblats
54, cours Mirabeau.

Exposition du 9 au 31 décembre, tous les jours de 15h à 19h et le dimanche de 10h30 à 13h. Fermé le lundi.

Le soir du vernissage, performances créatrices et musicales de Danielle Laurent et Gilles Schneider.

samedi 3 décembre 2011

the sad ballad, "hurt", by johnny cash

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Est-il besoin de présenter Johnny Cash, l'homme en noir ?
Né en 1932 dans l'Arkansas, mort en 2003 à Nashville dans le Tennessee, chanteur country et rock dont la vie a été retracée dans le film Walk the Line (titre de l'une de ses chansons) de James Mangold, sorti en 2005.

J'apprécie beaucoup l'esthétique de ce film, volontairement baroque, qui met en scène tout ce qui convient pour composer le tableau comme une Vanité du XVIIe.

Post-scriptum: suite au commentaire laissé par un supposé Trent Reznor je vous propose un lien vers un autre film montrant la même chanson Hurt, chantée en live par le groupe Nine Inch Nails, dont le chanteur Trent Reznor est l'auteur du titre repris par Johnny Cash : http://www.youtube.com/watch?v=WSH9CVlXWIg&feature=related
Libre à chacun de choisir sa version ...