lundi 30 mai 2011

Jeff Buckley - Lilac Wine


une chanson également interprétée par Nina Simone
à retrouver ici
I lost myself on a cool damp night
Gave myself in that misty light
Was hypnotized by a strange delight
Under a lilac tree
I made wine from the lilac tree
Put my heart in its recipe
It makes me see what I want to see...
And be what I want to be
When I think more than I want to think
Do things I never should do
I drink much more than I ought to drink
Because It brings me back you...

Lilac wine is sweet and heady, like my love
Lilac wine, I feel unsteady, like my love
Listen to me... I cannot see clearly
Isn't that he coming to me nearly here?

Lilac wine is sweet and heady where's my love?
Lilac wine, I feel unsteady, where's my love?

Listen to me, why is everything so hazy?
Isn't that he, or am I just going crazy, dear?

Lilac Wine, I feel unready for my love...

Jeff Buckley - Hallelujah (Live)


les deux chansons, Lilac Wine et Hallelujah sont extraites de l'album Grace sorti en 1994.
Jeff Buckley né en 1966 en Californie, fils du musicien Tim Buckley, est mort accidentellement par noyade en 1997.
On peut écouter l'album
Grace sur le site Deezer, en cliquant ici . ou So real ici ou Sin-é ici
Un article Wikipédia
Un site , si,si ...
Et puis un article des Inrocks, Jeff Buckley, la prosoposée: Eh, Eh
Et puis surtout un bon casque sur les oreilles .....

The Kid - charlie chaplin

samedi 28 mai 2011

sm'art starts soon

Je suis heureuse d'être invitée à participer au salon d'art contemporain et d'art abstrait aixois qui se tiendra du 3 au 6 juin au Domaine de la Baume-les-Aix . Vernissage le vendredi 3 juin dans la soirée
Apéritifs, le samedi 4 et le dimanche 5 juin.... à bientôt ....

Je voudrais signaler un lien vers un article d'Alain Paire, galeriste aixois que je remercie de cette invitation: en cliquant sur le lien ci-dessous, on accède à l'article présentant le lieu de la Baume-les-Aix , ainsi que les artistes invités ... and myself ! On pourra y relire un article écrit en 2009 par Jean-Marc Pontier : L'ode à Laure à propos d'une série de peintures sur le thème des nageuses, puisqu'elles figureront dans l'exposition...
http://www.galerie-alain-paire.com/ (cliquez sur le lien)

mercredi 18 mai 2011

SM'ART carte blanche à Alain Paire


dossier rédigé par Odile Solomon


CARTE BLANCHE A ALAIN PAIRE

- galeriste, commissaire d'exposition, critique d'art.

du 3 au 6 juin le sixième salon d'art contemporain et d'art abstrait se tiendra à la Baume les Aix, 1770 chemin de la Blaque, à Aix-en-Provence .
les 3 et 4 juin, ouverture de 10h à 22h et les 5 et 6 juin, de 10h à 20h .
pour avoir plus de renseignements sur l'événement, cliquez ici


Jacques Dupin et Alain Paire dans sa galerie


PETITE HISTOIRE DE LA GALERIE ALAIN PAIRE


1994: Alain Paire ouvre son premier lieu de librairie-galerie, à Aix-en-Provence, rue des Marseillais.
2007: Il ouvre un nouveau lieu, 30 rue de Puits Neuf, se sépare de la librairie, maintient son statut de critique d'art et d'écrivain et se consacre, dans son nouvel espace , aux expositions d'artistes contemporains.
2011, création de l'Association "Alain Paire collections particulières", dans la perspective de promouvoir des artistes à l'étranger et de développer des partenariats de mécénat.

Programmation au cours des 16 années de développement:

Artistes plasticiens reconnus d'envergure internationale: Pierre Alechinsky, Jean Amado, Vincent Bioulès, Georges Bru, Max Ernst, Alain Fleisher, Claude Garache, Anne-Marie Jaccottet, André Masson, Jean-Pierre Pincemin, Louis Pons, Pierre Tal Coat, Gérard Traquandi, Bram Van Velde.

Artistes Plasticiens de la proche région : Jean-Pierre Blanche, Jean-Jacques Ceccarelli, Marie Ducaté, Georges Guye, Kamel Khelif, Florence Laude, Gabriel Laurin, Pierre Ledda, Léo Marchutz, François Mezzapelle, Myriam Paoli, Annick Pegouret, Jean-Jacques Surian...

Les photographes furent souvent conviés: Denis Brihat, Jean Ely, Gilles Hutchinson, Bernard Lesaing, Jean Pecoul, Bernard Plossu, Thibaud Yevnine et Willy Ronis.

voir le site de la galerie Alain Paire, www.galerie-alain-paire.com

Pour la sixième exposition du SM'ART, carte blanche à Alain Paire, Aix en Art, 2011. Alain Paire fait le pari de la création artistique aixoise aujourd'hui. Le SM'ART offre une plateforme de lancement pour la valorisation et la promotion de quelques uns des artistes qui représentent aux yeux d'Alain Paire les talents du pays d'Aix à soutenir et faire émerger tant en France, qu'à l'étranger.

Les artistes Aix en Art 2011
: Jean-Pierre Blanche, Alexandre Bogdan, Don Jacques Ciccolini, Jean-François Coadou, Georges Guye, Florence Laude, Myriam Paoli, Annick Pegouret, Serge Plagnol.
Artistes invités: Vincent Bioulès, Alain Fleischer, Ernest Pignon-Ernest.


le château de Vauvenargues, 2009
Jean-Pierre Blanche, né à Paris en 1927, son atelier se situe depuis plus de vingt ans dans une bastide du XVIII ème près d'Eguilles . Encre noire, craie, fusain et pastel sont les principaux matériaux de ses travaux sur papier.

"David Bowie", acrylique sur toile 147 x 107 cm
Alexandre Bogdan, né à Paris en octobre 1962. Etudie à l'école des Beaux-Arts d'Aix-en-Provence et à l'université de Provence en philosophie.

"le lac gelé", huile sur toile, 129 x 84 cm
Don Jacques Ciccolini , né à Paris en 1952, vit à Pertuis dans le Vaucluse. Il est ardent défenseur de "l'atelier du paysage": "le paysage porte avec lui toute l'histoire de l'humanité, il suscite une infinité de questions et de curiosités, par exemple sur les plans de la botanique et de la géologie".


équation
Jean-François Coadou
, né en septembre 1948 dans la région de Castres. Son matériau de base est l'acier. A partir de grandes plaques, il tronçonne et assemble des volumes, des courbes, des pyramides, des tétraèdres et des cylindres .
"Laure Manaudou", acrylique sur toile.
Florence Laude Née en 1963, vit à Aix en Provence, enseigne le français au lycée Marie-Madeleine Fourcade de Gardanne. Elle dessine et peint sur différents supports, fait des installations et travaille à l'illustration de livres pour enfants.


"midi et demie sur le vieux port", bas relief plâtre peint.
Georges Guye, né à Aubagne en 1939. Son atelier est basé à Marseille dans la proximité de la Vieille Charité. Il campe en grandeur réelle et en bas relief des silhouettes parfaitement contemporaines.

"corps en expansion", acier inoxydable
Myriam Paoli
, vit à Pertuis. A partir de 1995 elle a choisi de dessiner et de construire des sculptures avec des fils de fer entrelacés.

"Elles voisinent" acrylique sur toile, format 120 x 102 cm
Annick Pegouret
, née à Sète en 1951, a suivi des études de Lettres Modernes et d'Histoire de l'Art. Depuis 1980, elle effectue des recherches personnelles en Arts Plastiques.


"Notre dame des fleurs , Jean Genet" huile sur toile format 170 x 160 cm
Serge Plagnol, né à Toulon en 1951. Son atelier principal est situé dans cette ville depuis 1980. "L'ironie m'énerve dans l'art contemporain, il faut être dans une situation d'innocence en dehors de la théorie. "

"Sainte Victoire face nord" fusain et techniques mixtes
Vincent Bioulès, né en 1938 à Montpellier, il fut l'un des membres fondateurs du groupe Support Surface. Il s'en détache en 1972 pour revenir progressivement à la figuration.


une photographie de la série désordres de Picasso
Alain Fleischer, né en 1944, Alain Fleischer poursuit une oeuvre plurielle. Il est cinéaste, photographe, essayiste et écrivain.


Antonin Artaud, estampe numérisée
Ernest Pignon-Ernest, estampes numérisées, exemplaires numérotés

Le dossier CARTE BLANCHE A ALAIN PAIRE a été composé par Odile Solomon. Je le reproduis assez fidèlement . Odile Solomon s'occupe de recherche et consulting en France et à l'international, création d'entreprises, pilote de projets. On peut suivre son travail sur son blog:
www.odilesolomond.typepad.fr

Pour de plus amples renseignements, contacter Alain Paire :
04 42 96 23 67
galerie-alain.paire@wanadoo.fr
www.galerie-alain-paire.com


mardi 17 mai 2011

photos des oeuvres de Georges Guye


Procédé peu orthodoxe, je l'avoue, de séparer la forme du fond... en l'occurrence ici, les photos du texte écrit après la visite de l'atelier du sculpteur Georges Guye. Chris Chappey m'a fait l'amitié de me permettre de reproduire ses photos et de proposer en léger différé, une illustration à l'article que l'on peut lire au dessous.
On voit ici l'installation en cours des Corps à corps , figures masculines inspirées à Georges Guye par Jason et Ange, les deux frères des Cavaliers de l'orage de Jean Giono.
Une grande mer qui est - peut-être surtout - un grand tableau ... (grillage et bandes plâtrées, peintes)
Une, parmi la série des fameuses figues monumentales ...
Pendu au clou de l'atelier, le grand haricot de résine, couleur crème, translucide comme de la vieille couenne luisante, joue avec les effets de clair-obscur de l'atelier. Joe Guye semblerait-il plus un boucher qu'un sculpteur selon le point de vue du photographe ?
Midi et demi sur le vieux port est une sculpture murale de taille moyenne, environ cinquante centimètres sur cinquante. Elle semble s'incliner légèrement vers nous, offrant en même temps que la queue de poisson, une vue plongeante sur sa gorge. Cette Gorgone semble manier le couteau avec une dextérité effroyable!
Trois plans sur les paysages avec artiste randonneur : ici, celui que j'ai appelé parfois paysage de plaine, parcouru par de larges bandes ordonnées comme un champ de blé, sans perspective, mais avec une ligne d'horizon.
On reconnaît le vrai bâton de randonneur, fiché à un mètre environ au devant de la sculpture , rompant avec le plan du payage pour réintroduire de façon plus manifeste, le volume, l'échelle et la dimension temporelle .
LienCe troisième tableau est un tout petit format, sorte d'esquisse des grandes oeuvres paysages.

N.B: Vous pouvez compléter la lecture du commentaire de ces photos en lisant l'article au dessous

samedi 7 mai 2011

georges guye




Visite de l'atelier de Georges Guye dans le quartier du Panier à Marseille.
Une grande façade vieillie à coins de pierres blanches et fenêtres cintrées bordées de briques rouges. Elle a vécu - porte une histoire du quartier dans sa proximité avec la Vieille Charité et de ce qui fut le FRAC. Un battant de la grande porte cochère entrebâillé donne accès à la cour intérieure -la rénovation en est presque achevée - au fond de laquelle l'artiste a installé son atelier dans les années 1990... Première visite.
Je connais parmi les oeuvres de Joe Guye celles qui ont été exposées dans la galerie d'Alain Paire - rue de Marseillais- plus récemment, rue du Puits Neuf en 2007 et 2009 et au 200rd10 chez Raymond et Cathy Galle à Vauvenargues en 2009.
J'ai oublié mon appareil photo. C'est idiot . Après tout, ce sera un bon prétexte pour revenir ...

Je m'appuierai donc pour cette fois, sur les documents disponibles sur la toile.
Le texte de Jean-Louis Marcos, à l'occasion de l'exposition du mois de janvier 2009 chez Raymond Galle:


Mettre la jambe


Georges Guye est un sculpteur singulier et cette exposition, qui montre le large éventail de son travail, offre aussi l’opportunité de voir qu’il est un artiste qui
met la jambe. Que voit-on ici ? Des Créatures, un grand volume appelé ” Rolling Stone “, un ” Ruissellement vertical” , deux grandes ” Mers “ et une série de seize ” Corps à corps “. Une telle multiplicité de pratiques et de formes peut dérouter le regardeur. C’est peut-être que l’art n’est pas forcément sur une route. Certains artistes se permettent la liberté de suivre plusieurs voies à la fois. Des pistes, des chemins de traverse ou de halage, des sentiers, des drailles, des allées cavalières, des déviations, des layons, des contre-allées et des rampes sinueuses. Georges Guye est ce qu’en tauromachie on appelle un artiste largo, c’est-à-dire long (...)
(la suite en cliquant sur le lien ci-dessous)

http://7000articulations.fr/ecrit-dexpo-georges-guye

Un texte d'Alain Paire, Georges Guye croise Rachida Dati et les Suédoises au balcon
(à consulter en cliquant sur le titre ou ICI)

Et puis un album de photos de ses oeuvres bien généreux ( une cinquantaine de vues ) à regarder ICI

J'ai souvent entendu dire à propos de Georges Guye qu'il explore de nombreuses voies. Effectivement, il me semble que son oeuvre est curieuse à proportion du regard plein de curiosité qu'il pose sur ce qui l'entoure et sa capacité à travailler beaucoup, à disposer d'une belle énergie vitale .
Certaines sculptures peuvent être assimilées à des scènes prises sur le vif, comme un instantané sculptural qui aurait son équivalent en photographie. Je pense aux Comoriennes, la petite fille qui regarde en arrière mais que la main de sa mère entraîne en avant, aux femmes appuyées sur des poteaux, aux personnages masculins debout sur les galets à côté d'un autre les pieds dans l'eau, aux Suédoises au balcon, à Rachida Dati ... je pense encore à cette poissonnière du vieux port penchée sur son étal, une queue de thon coincée sous le bras, découpant à l'aide un long couteau une généreuse tranche rouge sang - la précision du titre de cette scène, "midi et demie sur le vieux port", écrite de la main de l'artiste à même le mur, sous la sculpture , souligne bien l'importance de l'événement en fonction de sa localisation spatio-temporelle, une pose, prise sur le vif. La découpe de cette tranche de thon, c'est comme une tranche de vie, une tranche de ces petits gestes, de ces personnages de second ordre qui font une histoire: celle de Marseille. Et j'entends alors ces vers de Supervielle qui paraissent encore très actuels.

Marseille sortie de la mer, avec ses poissons de roche, ses coquillages et l'iode,
Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d'eau marine,

Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel,
Et les cafés enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore,

Leurs verres, leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs alcool,

Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.
Ici le soleil pense tout haut, c'est une grande lumière qui se mêle à la conversation,

Et réjouit la gorge des femmes comme celle de torrents dans la montagne,
Il prend les nouveaux venus à partie, les bouscule un peu dans la rue,

Et les pousse sans un mot du côté des jolies filles.

Et la lune est un singe échappée au baluchon d'un matin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la nuit.
Marseille, écoute-moi un peu, je t'en prie sois attentive,
Je voudrais te prendre dans un coin, te parler avec douceur,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions un peu

Ô toi toujours en partance

Et qui ne peux t'en aller
A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer.
Débarcadères, 1927


D'autres sculptures comme les figues, les haricots, les beignets d'anchois en jouant sur la reproduction de l'objet à une échelle décuplée, modifie le rapport que nous pouvons avoir avec lui et perturbe également sa perception. Ainsi, des figues qui, à l'unité ou assemblées comme par paquets, font un canapé sur lequel il est vraiment possible de s'asseoir ! Ainsi, une gousse de haricot entrouverte, en résine, pendue à son clou semble plus proche de la carcasse d'animal pendue au croc du boucher que du végétal. La transparence de la causse, sa couleur même font penser à ces vessies dont on faisait des outres ( à défaut de les prendre pour des lanternes, et je parierai que l'idée a dû effleurer Joe Guye, lui qui a tant d'imagination pour poétiser les objets fonctionnels !) , à ces chairs recouvertes de graisse d'un blanc tirant sur le crème, à ce clair obscur dont émerge la Carcasse de Rembrandt, du moins, c'est la vision qui m'est apparue dans les jeux de lumières de l'atelier.

Ce sont des mers
- immenses rectangles ou grands carrés - suspendues aux poutrelles du plafond, réalisées en résine, et peintes. L'étendue d'eau, présentée à la verticale ne défie pas seulement les lois de la pesanteur, elle modifie la perception de l'élément en le redressant. La situation des objets dans l'espace, est, on le comprend, une question qui intéresse le sculpteur, de même que la mise en volume, au même titre - et pourtant pas de la même manière - que la représentation, l'interprétation du réel. Il y a dans cette sorte de figuration, une abstraction concomitante, une prise de distance par rapport à l'objet. Georges Guye ne semble pas jouer avec la perspective ou avec la profondeur, mais dresser ces mers comme autant de surfaces en relief, ondulant de façon presque réaliste - on identifie des vagues dans les ondulations à l'horizontale - que nous prenons de front. Peut-être la mer est-elle verticale ici parce que c'est une mer à voir, dressée sur la cimaise pour un spectateur qui se campe devant elle comme il resterait debout devant un paysage, mais un paysage sans horizon, sans ligne de fuite. Alors, dans ce redressement et cette mise à plat frontale, elle peut perdre aussi l'apparence qui nous la ferait identifier comme telle et paraître autre que la mer... en tout cas, une mer qui aurait perdu de sa profondeur et ne serait plus le "gouffre" évoqué par Baudelaire :


La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!


Dans la visite de l'atelier, trois grandes oeuvres, très récentes, retiennent longuement mon attention . Il faut même dire que c'est par là que nous avons commencé ! Trois grandes pièces en plâtre blanc que Georges Guye est en train de terminer: des paysages de terre, de roche, de plaine. Trois hauts-reliefs de belle dimension (plus de 2m sur au moins 1m70, placés à 30 ou 40 cm du sol) , montés sur des châssis munis de roulettes qu'il peut déplacer à loisir dans l'atelier. Un des paysages figure un matière minérale - des rochers sans doute- du calcaire. Des bosses en relief assez régulières forment une masse orientée verticalement .
Une ligne d'horizon est perceptible, sur laquelle se détache une ligne de crête rompue par une brèche qui n'est pas sans évoquer la brèche aux Moines au sommet de Sainte-Victoire.
La montagne n'est pas identifiable dans sa dimension de "vague", parce que le champ découpé est resserré.
Joe Guye a eu l'idée de placer à quelque distance du grand rectangle ( pas plus d'un mètre ) , un bâton de randonneur (un vrai) fiché à même le sol de l'atelier tenu par deux mains de plâtre en lévitation - ses mains! - qui lui font donner le titre "d'autoportrait"
à l'oeuvre.
La présence du bâton, des mains et par là même de l'artiste en randonneur devant son sujet, impose au spectateur de trouver sa propre distance par rapport à la composition.
Il en est de même avec les deux autres grands reliefs, l'un figurant un labour au devant duquel vient se placer le bas de la jambe et la chaussure de l'artiste, comme s'il s'apprêtait à fouler la terre. J'ai vu dans le troisième, un champ de blé dont les épis formeraient de larges bandes striées de la verticale vers l'oblique. Devant cette troisième composition, le bâton de pèlerin et l'avant bras de Georges Guye sont placés de manière à suggérer un corps se déplaçant de gauche à droite dans le mouvement où l'appui vient se prendre en plantant le bâton un peu au devant de soi. La présence de l'être, aussi symbolique soit-elle, infléchit la perception plus abstraite que l'on pourrait avoir de ces grands formats.

La matière blanche du plâtre, mate, rend les ombres et la lumière d'une belle façon, changeantes et subtiles. Les contrastes sont parfois plus tranchés suggérant davantage de relief et parfois plus homogènes, selon l'éclairage. Ce sont de belles pièces à fixer au mur. La perception des reliefs est complexe, à la fois travaillés dans le modelé des formes identifiables en tant que roche, terre, ou paille, mais aussi dans les mouvements d'ensemble qui ordonnent les espaces et enfin, les doubles concavités et les rondeurs dans lesquelles s'inscrivent tous les autres détails. Il faut voir ces pièces, à la fois figuratives et audacieuses dans leur composition très travaillée. Cette idée originale de placer devant elles ces "morceaux" du corps de l'artiste comme autant de synecdoques (la partie valant pour le tout) rappelant la rhétorique du Blason souvent utilisé pour célébrer la femme aimée et ici l'artiste dans son rapport au monde réel et à son oeuvre. Comme s'il se plaçait à la fois dans l'oeuvre et à distance d'elle...

Ceux qui auront vu l'exposition à Vauvenargues, en 2009 de l'ensemble de la série des figures inspirées par le roman de Giono, les Cavaliers de l'orage, qui était installée dans la salle du haut des Lambert, chez Cathy et Raymond Galle, retrouveront dans ces grands paysages blancs, l'impression que donne la présence lumineuse du plâtre . Un dernier mot sera ici pour évoquer justement les figures de ces hommes qui s'affrontent, dont j'ai placé une photo au début de l'article. Georges Guye a travaillé en divers formats, en variant les découpages dans les plans sur les corps, la lutte de deux hommes, des frères paraissant presque jumeaux dont il me semblait même parfois qu'ils ressemblaient beaucoup à des autoportraits de l'artiste. Je suis très sensible à cette représentation du combat que Jean-Louis Marcos peut comparer à de la tauromachie. Effectivement, les mouvements peuvent paraître codifiés quand les postures sont ainsi saisies et figées. On pourrait parler ici d'une rhétorique du combat et de sa grâce monstrueuse. La force d'attraction qui semble attirer les deux hommes à se livrer un corps à corps violent , révèle l'ambiguïté de l'attraction-répulsion de l'amour-haine de ces deux êtres très semblables. Affronter l'autre comme on se livre parfois une lutte à soi-même. Le plâtre immaculé vient ici souligner la ressemblance des deux hommes, attester de la fusion des corps qui se mêlent et la blancheur, en contrepoint des coups portés, pacifie ou questionne le pourquoi du combat.

Je n'ai parlé ici que d'une toute petite part des oeuvres de Georges Guye, par ailleurs sollicité pour des réalisations de mobilier décoratif . Il pratique aussi le jeu de mot sculpté, les associations d'objets comme d'autres les associations d'idées avec beaucoup d'humour et d'intelligence ! L'inventivité et les trouvailles pour la réalisation de ces pièces d'un format souvent plus petit, me font jubiler!
J'aimerais, à d'autres occasions, revenir dans l'atelier de Georges Guye ... et reprendre ce que je laisse ici en suspend .


On pourra bientôt voir quelques pièces de Georges Guye au SM'ART d'Aix, le premier weekend de juin - salon d'art auquel j'aurai également la chance de participer. Je donnerai bientôt plus d'informations à ce sujet.

mercredi 4 mai 2011

le blog de christine lopez

http://christinelopez.loplop.over-blog.com/

Voici l'adresse du blog d'une artiste avec laquelle j'avais exposé dans la galerie Artonef , à Aix, en 2006. Je l'ai revue ce soir, par hasard. A l'époque elle travaillait sur le corps, de l'intérieur ... et puis aujourd'hui elle crée des oeuvres avec des oiseaux. Cela me fait penser à des collages surréalistes, à la Prévert ou à la Max Ernst ou encore Miro ... elle actualise le procédé par le biais du numérique et de l'infographie. Un travail à découvrir...